Séance de dédicace à la l’Espace Culturel Leclerc d’Issenheim : changement d’ère.

En quelques mots :

Pour les romanciers aussi sonne l’heure de la rentrée des classes. D’un saut dans un nouveau monde aussi. Bienvenue aux joies des dédicaces en temps d’été indien, alors que faire le plein de sa voiture est devenu un luxe. Mais est-ce la seule ombre qui plane sur l’univers du livre ? Du coup, mon objectif du jour à l’Espace Culturel Leclerc d’Issenheim sera de… limiter les dégâts. Opération réussie, dans la mesure du possible…

Que disent les chiffres ? :

En temps normal, ces chiffres seraient une catastrophe. Mais nous avons changé d’ère, et en ces nouveaux temps, je crois que ces scores doivent être jugés satisfaisants :

Total : 14 livres vendus (contre 28 l’an dernier dans le même magasin, à la même date à un jour près – voir compte rendu d’époque ici).

Philippe Meisburger posant avec son marque-page devant sa table de dédicace, au Leclerc d'Issenheim - 26 septembre 2026
Philippe Meisburger posant avec son marque-page devant sa table de dédicace, au Leclerc d’Issenheim – 26 septembre 2026

Faire sa rentrée.

Samedi 26 septembre 2026, sur les coups de 8h54, je fais ma rentrée en entrant sur le parking du Leclerc d’Issenheim, armé de mes romans, la boule au ventre. Pourquoi la boule au ventre alors que lors de mon précédent passage en ces lieux, tout s’était bien passé ? Tout simplement parce que j’ai eu il y a peu le témoignage de différentes amies autrices qui, elles aussi, ont repris le chemin des dédicaces, et qui m’ont tout de suite mis au parfum : en cette rentrée, nous avons changé d’ère. Les ventes ne sont plus ce qu’elles sont, et si tu fais tes scores de l’année précédente divisés par deux, estime-toi déjà heureux. Me voilà prévenu.

À mon arrivée, je prends contact avec la chaleureuse équipe des lieux : la pétillante Lydiane m’accueille en compagnie de la non moins dynamique Roxane. Je m’installe donc sur la fameuse table ronde du Leclerc d’Issenheim, réalise mon cliché de lancement officiel, le poste sur les réseaux, et hop, c’est parti. À noter que cette année, point de Batman à côté de ma table, et pour cause : cette année, pour vendre, le super-héros, ça devra être moi !


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Ormuz, détroit de la lose.

La première heure, je la passe à… attendre. Au loin, dans mon champ visuel, les clients des rayons alimentaires de l’hypermarché. Ces derniers sont donc bien là. Mais pourquoi donc ne viennent-ils pas à faire un tour par l’espace culturel ? La réponse tient dans le prix de l’essence. À ce prix, on roulera bientôt au Chanel n°5 : ce sera moins cher. Avec le litre de Sans plomb à 2,19€ et le gazole à 2,50€, la France périphérique dépendante de la voiture n’a plus un rond. Donc elle refuse de se laisser tenter. On se contente du strict nécessaire. Or rappelez-vous de cette chère période du coco : les librairies avaient été classées « non essentielles ». Cette fois, ce seront les consommateurs qui auront la même réaction : entre le plein de la voiture indispensable pour aller travailler et le bouquin d’un gugusse inconnu au bataillon, le choix est vite fait.

Oh, je suis pourtant témoin de quelques achats ce matin-là. Mais quasi que du click & collect. Le choix est fait chez soi, éclairé par les moteurs de recherche, puis on passe commande de chez soi. Le choix ne se fait plus sur les lieux du magasin. Les gens viennent récupérer leur commande, sans regarder les tentations alentour. Sans se laisser aborder par l’auteur en dédicace non plus. Résultat : sur les coups de 10h, je n’ai encore parlé à personne. Je n’ai même pas eu l’occasion de remettre l’un de mes célèbres marque-pages, preuve que l’époque n’est vraiment pas à se « faire plaisir ».

Bref, je dois sérieusement muscler mon « online »… qui dépend énormément des avis de lecteurs laissés sur les sites marchands. Donc vous qui me lisez, laissez des commentaires sur les livres que vous avez lu, surtout si vous les avez appréciés : cela aidera vraiment l’auteur à émerger. Si vous voulez aider un auteur à l’heure actuelle, que ce soit moi ou un.e de mes pair.e.s, c’est essentiel. Pas que les étoiles, un commentaire écrit. C’est dans ces retours-ci que les IA qui équipent les moteurs de recherche de nos jours vont chercher leurs informations. C’est ça, le bouche-à-oreille du 21e siècle. Comme je le dis souvent à ceux qui disent préférer « me le dire de vive voix car c’est plus sympa », je leur réponds systématiquement : « Je n’ai pas besoin de ça pour l’ego, j’en ai besoin pour l’algo. Et l’algo, lui a besoin que tu poste ton commentaire en ligne ».

Ma table de dédicace au Leclerc d'Issenheim - 26 septembre 2026
Ma table de dédicace au Leclerc d’Issenheim – 26 septembre 2026

Le super pouvoir… d’achat ?

Puis enfin sur les coups de 10h30, une jeune femme m’aborde. Elle ne lit que des classiques. Je n’en ai bien sûr pas écrit. Mais de fil en aiguille, nous venons à parler de L’inaccessible étoile pour lequel elle craque, et avec lequel j’ouvre mon compteur de ventes. Merci donc à Maylis pour cette confiance. Laetitia lui emboîtera le pas avec le premier Livre qui parle de toi du jour, suivie du couple formé par Pascale et Christophe, puis de Séverine qui se laisseront séduire par les aventures d’Amber et Vincent dans La directive Jupiter. La jeune Clara se laisse quant à elle séduire par La fille de demain avant que Cyrille ne craque pour un second exemplaire de L’inaccessible étoile. Ouf !

Sur les coups de midi trente, je suis donc à sept ventes. Contre onze l’an dernier, aux mêmes dates, au même lieu. Aïe. Le constat de mes amies se vérifie donc chez moi aussi… et se vérifiera encore davantage l’après-midi. En 2025, ces mêmes heures m’ont permis de passer de 11 à 28 ventes, décrochant 17 lecteurs supplémentaires. En 2026 et avec un roman en plus, je n’ai réussi qu’à doubler mon score du matin, passant de 7 à 14 ventes, soit 7 ventes de plus.

Alors certes, j’avais deux ennemis de taille cette année : le soleil qui brillait abondamment Vs le temps glacial de l’an dernier, et surtout le pouvoir d’achat en berne, qui est un cauchemar pour l’auteur inconnu dont le but est de susciter des achats d’impulsion. D’ailleurs plusieurs lecteurs m’avouent ne lire qu’en poche, pour des questions de place et de prix. Reste à savoir lequel des deux facteurs est le plus déterminant.

De toute façon, l’équivalent du poche pour les auteurs indépendants, c’est l’eBook. Mes romans sont disponibles dans ce format pour des prix oscillant entre 2,99€ et 3,99€, et question place, les versions eBook sont imbattables. Donc amis lecteurs au pouvoir d’achat et/ou à la place limitée, ruez-vous sur les versions eBook de mes romans ! À noter que sur place, je ne peux dire ça : je ne veux pas faire d’ombre au magasin qui m’accueille durant ma séance de dédicace.

Mes marque-pages et ma fiche de ventes, en cours de matinée au Leclerc d'Issenheim - 26 septembre 2026
Mes marque-pages et ma fiche de ventes, en cours de matinée au Leclerc d’Issenheim – 26 septembre 2026

Le chant du cygne ?

Mais au fond, je pense que la situation est plus grave encore. Étant de ces auteurs qui abordent leurs potentiels futurs lecteurs, j’avais l’habitude qu’on me réponde que dans le couple, monsieur ne lit pas, mais que madame si. Sauf que c’est de moins en moins vrai. En matière de lecture aussi, l’égalité entre les genres progresse. Hélas, ce sont plus souvent les femmes qui copient les hommes que l’inverse.

Cependant ce que j’ai vu de plus terrifiant fut le rapport des lecteurs aux moteurs de l’édition. Les nouveautés des grands auteurs populaires n’attirent plus le moindre regard. Idem pour les œuvres phares de la rentrée littéraire : pas un chat ne les regarde. Sauf au rayon mangas. Même les romans de Freida McFadden peinent à trouver preneurs, c’est dire, et ce en dépit du sourire et du dynamisme de l’équipe de libraires qui font vraiment leur possible pour mettre les livres en valeur, et conseiller les lecteurs (au passage, merci pour cette belle déco automnale qui m’a été proposée pour ma table de dédicace).

À quoi cela est-il dû ? Le roman grand public a-t-il de l’avenir ? J’en viens de plus en plus à en douter. Je m’inquiète de voir le roman devenir un produit de niche, d’élite. Autrefois, beaucoup lisaient le soir avant de s’endormir. Musso, Levy & cie ont accompagné les fin de journées de tant de lecteurs, qui dévoraient leurs pages à la lumière de leurs lampes de chevet. C’était le seul divertissement intellectuel qu’on pouvait emmener au lit. Aujourd’hui, le smartphone le remplace. Du coup, ce livre qui nous accompagnait le soir avant de nous endormir, qui souvent était la seule lecture romanesque du jour, a-t-il encore un avenir ? La question reste ouverte… qu’en pensez-vous ?

En tout cas, ce chiffre de 14 ventes – la moitié par rapport à l’année précédente au même lieu et à la même date – risque bien de devenir la nouvelle normalité, voire l’estimation haute…

Le rayon des nouveautés au Leclerc d'Issenheim - 26 septembre 2026
Le rayon des nouveautés au Leclerc d’Issenheim – 26 septembre 2026

Dresser le bilan

Toujours est-il que l’après-midi sera un festival de Livre qui parle de toi. Aurélie (quelle surprise!), Sarah, Marilyne, Héloïse et Nathalie m’en achèteront un, là où Elsa et Nathalie craqueront pour La fille de demain et Zoé pour C’est arrivé en avril.

Puis arrive l’heure de faire le point avec Roxane. Seule vraie bonne nouvelle du jour : tous les romans dédicacés sont passés en caisse. Au moins, mes clients du jour auront été des gens sérieux et responsables. Merci à eux.

Bilan des courses : Merci à Zoé d’avoir craqué sur C’est arrivé en avril, à Maylis et Cyrille qui vont s’envoler aux côtés de Rainbow dans L’inaccessible étoile. Merci aussi au couple Pascale et Christophe ainsi qu’à Séverine qui iront affronter La directive Jupiter, à Clara, Nathalie et Elsa qui vont fuir aux côtés de La fille de demain, et enfin un super merci à Laetitia, Aurélie, Sarah, Marilyne, Héloïse et Nathalie pour vos achats du Livre qui parle de toi

Le sex-ratio reste comme d’habitude très largement féminin, avec 2 lecteurs contre 13 lectrices, et ce en dépit de lectrices aux habitudes de lecture de plus en plus masculines.

En chiffres, cela nous donne 1C’est arrivé en avril, 2 L’inaccessible étoile, 2 La directive Jupiter, 3 La fille de demain et 6 Le livre qui parle de toi pour un total de 14 livres vendus.

À bientôt pour de nouvelles aventures !

Merci donc aux lectrices et lecteurs qui, malgré les vents contraires, m’ont fait confiance et ont fait confiance à mes romans. Merci à vous et bien sûr un super merci à Lydiane, Roxane, Amélie, et toute l’équipe de l’Espace Culturel Leclerc d’Issenheim pour m’avoir invité à présenter mes romans entre leurs murs, même si je me doute bien que cette année, mes scores vous auront un peu déçues.

Précédente dédicace : Leclerc de Lure

La déco automnale au Leclerc d'Issenheim - 26 septembre 2026
La déco automnale au Leclerc d’Issenheim – 26 septembre 2026