Séance de dédicace à la librairie Ruc à Colmar : Que calor, compañeros !

En bref :

Un temps caniculaire résolument tropical s’abat sur Colmar (Haut-Rhin) en cette fin mai 2026, confinant les Colmariens chez eux durant les heures les plus chaudes de la journée, tenant ces derniers loin de la Librairie Ruc qui m’accueille. Avec des heures creuses qui s’éternisent, les ventes s’en ressentent, mais heureusement je me suis bien rattrapé le reste du temps, avec notamment quelques très belles rencontres, et une Fille de demain qui va faire un long, long voyage…

Nota : vous pouvez aussi découvrir les comptes-rendus suite à mes dédicaces en 2024 et 2025 en ces lieux.

Quid des chiffres ? :

Honnêtement, pour une journée où la météo joue tant en ma défaveur, les scores sont plus qu’honnêtes :

Total : 23 livres vendus.


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Colmar tropicale !

9h04. Les portes du train s’ouvrent. Alors qu’une demi-heure plus tôt je suis parti de chez moi dans la fraîcheur matinale, je découvre que le micro climat dont jouit Colmar n’est pas une légende. L’air qui m’enveloppe rappelle davantage Caracas ou Jakarta que la capitale du Haut-Rhin. Alors que je tire mon sac lourd de livres à travers la ville, me revient en mémoire qu’en Malaisie, une station balnéaire réplique le style alsacien. Son nom : Colmar Tropicale. Autant dire que pour le jour de ma dédicace, les Malais nous l’ont prêtée. Pour moi qui aime la chaleur tropicale, c’est un délice. Pour y vendre des romans, c’est l’annonce d’un chemin de croix.

Installation.

Après une vingtaine de minutes de marche à travers la ville, j’atteins le cœur historique de la ville, là où la librairie a pignon sur rue. J’arrive sur place quelques minutes avant l’ouverture du magasin, alors qu’un coupe-file bloque encore l’entrée des premiers clients qui piaffent d’impatience. Christelle, la responsable des lieux, me reconnaît et me laisse entrer pour m’installer, sous les yeux éberlués de ceux restés dehors. « C’est l’auteur en dédicace » qu’elle leur dit, expliquant mon passe-droit. Une dame va alors regarder l’affiche annonçant ma séance et présentant La directive Jupiter, mais mes armageddoneries n’ont pas l’air de l’inspirer.

Alors que je m’installe (sortie des cartons, mise en place des livres, préparation des marque-pages…), les premiers clients entrent. Comme personne ne se presse chez moi (damned!), Christelle en profite pour réaliser mon portrait du jour, que je poste sur les réseaux sociaux. Voilà, l’affaire est officiellement lancée, partons à présent à la recherche des lecteurs.

Philippe Meisburger en Dédicace à la Librairie Ruc, 30 mai 2026
Philippe Meisburger en Dédicace à la Librairie Ruc, 30 mai 2026

Démarrage en douceur.

Sauf qu’au début, les lecteurs, il n’y en aura point. Quelques personnes viennent chercher leur journal, mais repartent aussitôt. D’autres viennent chercher leurs commandes, mais sont pressés : impossible d’aborder les gens. Puis très vite je comprends que la météo va me jouer des tours. « Je viens vite chercher mon livre et après, je me calfeutre chez moi. Cette chaleur est intenable », qu’avoue une dame à Valérie, l’une des libraires. Eh bé, si tout Colmar suit le même plan, je suis mal !

Ce n’est qu’après une bonne demi-heure que j’ouvre enfin mes compteurs auprès d’une dame d’un certain âge, qui me prend L’inaccessible étoile, pour une amie dont je ne saurai jamais le nom. Très vite, Maurice suit, et me prend aussi le même roman. Des quatre Inaccessible étoile emportées le matin même, la moitié du stock m’est déjà vidé. Mais quid des autres ? Tour à tour une jeune Élodie, suivie peu après par Lucile succombent aux aventures « rafraîchissantes » d’Aurélie et de son Livre qui parle de toi, qui est le second a démarrer.

Par contre après une bonne heure et demie sur place, seulement quatre ventes et toujours aucune vente du côté de ma gamme aventure / action / blockbuster… mais que se passe-t-il ?

La fille goes to America.

Face à ce démarrage en douceur, je suis d’autant plus attentif à tout nouvel entrant. Objectif : que tous aient droit à mon pitch. Sauf que la phrase qu’on me sort le plus régulièrement est « Sorry, I don’t speak french » (désolé, mais je ne parle pas le français). Certains me demandent même s’il y a des livres en anglais ici et la réponse est oui : juste à côté de ma table de dédicace.

Puis soudain, vers la sixième demande de ce genre, j’ajoute (en anglais) : « J’aurais dû amener une version traduite de mes romans… » La conversation s’engage alors avec une Américaine, expatriée pour un an sous nos latitudes. Elle me demande si j’ai des traductions de mes romans. « Oui, mais aucune publiée encore » que je lui réponds, avant de lui présenter le visuel de la couverture de la version anglaise de La fille de demain. Dès qu’elle voit la mention « Time travel thriller », elle est intéressée. Je lui pitche alors, elle voit la silhouette des twin towers qui se découpe, là ses yeux brillent carrément, puis elle m’avoue, dans ses seuls mots en français apprendre notre langue et m’achète direct le roman. C’est ainsi que Joni sera ma première cliente du jour pour ma catégorie « action », prouvant que Chat GPT avait raison en diagnostiquant que mon univers était bien plus compatible avec un public américain que français (hors Livre qui parle de toi).

Après son année d’expatriation, ma Fille de demain rentrera donc avec elle aux States, où on lui demandera sans doute ce qu’est cette Girl from tomorrow qui à un petit goût d’Hollywood, bien que venant du pays des sapins et des colombages…

Ma demi-table de dédicace à la Librairie Ruc à Colmar, 30 mai 2026
Ma demi-table de dédicace à la Librairie Ruc à Colmar, 30 mai 2026

Une matinée qui se finit comme elle a commencé.

Sur les coups de onze heures, le public se fait un peu plus fourni, mais là encore, rien à faire. Beaucoup viennent juste récupérer une commande, et les rares que je parviens à capter trouvent La directive Jupiter ou La fille de demain trop anxiogène. « On préfère des tueurs psychopathes, avec eux au moins on est rassurés ! » que me dit même une future non-lectrice (sic!). Du coup, le seul roman que je vends dans la matinée est Le livre qui parle de toi que je place tour à tour à Dorothée, Sixtine et Martine avant enfin – enfin – sur les coups de midi, d’ouvrir les compteurs de La directive Jupiter. Ouf, l’honneur est sauf ! Rappelons que c’est pour promouvoir ce roman que j’effectue ma tournée, intitulée Le jupitour en l’honneur de mon dernier bébé. Toujours est-il que ces interférences avec l’actualité font qu’à midi, je n’en suis qu’à 9 ventes, là où quelques mois auparavant, j’en étais déjà à douze.

Midi, l’heure calme ?

Puis, sur les coups de midi, nous faisons un premier point avec Christelle, la responsable. Si elle semble globalement ravie de mes ventes en général, elle est forcément déçue des scores de La directive Jupiter. Je lui remonte les retours des lecteurs qui ce matin ne voulaient que des romans légers, « Pas comme ce qu’on voit aux infos ». Bref, quelle bonne idée que d’écrire des techno-thrillers au moment où la géopolitique redevient franchement virile et pas forcément correcte.

Je lui explique que néanmoins, j’ai déjà souvent constaté des dynamiques différentes le matin et l’après-midi, et que le bestseller du matin n’était pas forcément celui des heures chaudes. Ceci dit, j’omets de lui dire que cette évolution se fait en général au détriment de La directive Jupiter, et que si ça se vérifiait encore, je partirais sur un beau bide…

Elle me dit aussi que c’est l’heure où d’habitude les auteurs vont manger. Je m’exécute tout en lui expliquant ma théorie des « heures de midi », où la qualité de la clientèle prime sur la quantité, ce qui là encore se vérifiera : aussitôt ma baguette avalée, je viens tenir ma table de dédicace. Dans l’heure qui suit, je vends une Inaccessible étoile à Dominique, un Livre qui parle de toi à Sandrine, et je réalise un doublé de La directive Jupiter auprès de Fabienne et Jean-Christophe.

« Vous voyez que la tendance s’inverse à certaines heures » que je dis alors à Christelle… qui visiblement est ravie.

Mes romans présentés au public à la Librairie Ruc à Colmar, le 30 mai 2026
Mes romans présentés au public à la Librairie Ruc à Colmar, le 30 mai 2026

Les sunlights des tropiques.

Après ces heures de midi pas si creuses que ça (alors, kiséki avait raison ? 😉 ), arrive le début de l’après-midi. Lors de mes deux précédents passages, c’étaient les heures les plus riches de la journée. Dès 13h30, le magasin s’animait à nouveau, pour devenir franchement bondé sur les coups de quatorze heures.

Pas cette fois.

13h30. Pas un chat.
14h. Miaou ? Même pas.
Des clients entrent au compte-gouttes, filent chercher leurs commandes, puis filent aussitôt se mettre à l’ombre.

Face au magasin vide, je me permets un tour sur la place de la Cathédrale, le cœur touristique de la ville, juste à côté de la librairie. Une place d’habitude noire de touristes un samedi après-midi. Une place pourtant déserte. Seule exception : un couple de Thaïlandais, qui néanmoins regrettent de ne pas être dépaysés au niveau du climat. « Il fait chaud comme à Bangkok, il fait humide comme à Bangkok, il y a juste les colombages qu’on n’a pas à Bangkok » qu’ils me disent.

Seul hic : pour venir à la librairie, il faut traverser la place de la Cathédrale, et s’il n’y a personne, personne ne vient en librairie. Sous mes yeux, une libraire en nage se rafraîchit comme elle peut à l’aide d’un éventail. Une autre remet des livres en place. Les clients ? Quels clients !? Là où d’habitude c’est l’affluence, c’est cette fois le désert. Aïe.

Alors on parle avec les libraires. Celle avec l’éventail me regarde comme si j’étais un extraterrestre alors que je lui dis que personnellement, ce temps chaud et humide, j’adore. Si un jour je fais une dédicace à la Réunion ou en Nouvelle-Calédonie, je pourrai dire : « Ça me rappelle Colmar ! ».

Les heures creuses à cause de la chaleur à la Librairie Ruc à Colmar, 30 mai 2026 (35°C dehors)
Les heures creuses à cause de la chaleur à la Librairie Ruc à Colmar, 30 mai 2026 (35°C dehors)

Le retour des Colmariens.

La traversée du désert durera jusqu’à presque seize heures. Puis soudain, comme si les appartements surchauffés étaient devenus encore plus insupportables que l’air extérieur, les gens reviennent. D’abord une personne, puis deux, puis dix… en l’espace de quelques minutes, on passe du vide au trop-plein. L’heure pour moi de reprendre du service !

Une jeune femme se présente et me dit aimer les thrillers et la SF. Là, ça sent bon. Alors que je m’apprête déjà à lui pitcher La directive Jupiter, je me rappelle d’un élément remarqué auprès des bookstagrammeuses : autant sur un public féminin de plus de trente ans, La directive Jupiter est très appréciée, autant les plus jeunes lui préfèrent et de loin La fille de demain. Face au jeune âge de mon interlocutrice – 25 ans environ – je change à la dernière seconde et lui présente La fille, qui convainc Manon sur le coup. Quelques minutes plus tard, c’est Amélia qui partira avec son exemplaire du même roman sous les bras, pour exactement les mêmes raisons, faisant de La fille de demain mon unique roman sold-out de la journée (mais bon, mettant l’accent sur Jupiter avec lequel il partage une bonne partie du public, je n’en avais emmené que trois exemplaires en ce jour)

Jupiter en force !

Après elles, Antoine craquera sur le seul C’est arrivé en avril de la journée, là où Reine et Marine feront encore honneur au Livre qui parle de toi. À une heure de la fin de ma dédicace, Le livre qui parle de toi, avec ses huit ventes dans la journée est parti pour écraser la concurrence : derrière-lui, à trois ventes chacun, La fille de demain, La directive Jupiter et L’inaccessible étoile se partagent la seconde marche du podium. Pourtant l’un d’entre eux va finir par trouver son public, grâce à un pitch désormais bien rodé et – enfin – le public correspondant à ce roman.

Tour à tour Brigitte, Patrick, Matthieu, Martial et Sébastien partiront ravis avec leur Directive Jupiter sous le bras, permettant aux aventures d’Amber et Vincent de se hisser à ex æquo à la première marche du podium ! Merci les lecteurs de la dernière heure !

Les marque-pages de "La directive Jupiter" à côté du dernier exemplaire de "L'inaccessible étoile", à la librairie Ruc à Colmar, le 30 mai 2026
Les marque-pages de « La directive Jupiter » à côté du dernier exemplaire de « L’inaccessible étoile », à la librairie Ruc à Colmar, le 30 mai 2026

Dresser le bilan

Avec Sébastien, se termine le cru 2026 de ma dédicace chez Ruc. L’heure arrive pour moi de reprendre mes (quelques) invendus et de prendre le chemin de la gare.

Nous discutons néanmoins quelques minutes avec Christelle et l’équipe de la librairie. Christelle me dit trouver ma technique sensas, notamment l’idée d’avoir préparé un pitch bien rodé pour chacun de mes romans, un pitch qu’elle m’imagine ayant répété devant ma glace (raté, c’était devant mon ordi), pitch qui couplée à la technique des marque-pages a fait un ravage.

Pour avoir rendu cette performance possible, je tiens à remercier mes futurs lectrices et lecteurs. Un grand merci donc à Antoine qui suivra l’odyssée de Karine et Vincent dans C’est arrivé en avril, à Dominique, Maurice ainsi que la lectrice mystère qui ouvriront leurs ailes aux côtés de Rainbow dans L’inaccessible étoile et à Joni, Manon et Amélia qui partiront en cavale aux côtes de Caillean et Vincent dans La fille de demain,

Merci aussi à Dorothée, Élodie, Lucile, Marine, Martine, Reine, Sandrine et Sixtine qui se lanceront dans la quête d’Aurélie en compagnie du Livre qui parle de toi, et enfin un immense merci à Brigitte, Fabienne, Marie, Jean-Christophe, Martial, Matthieu, Patrick et Sébastien, qui sauveront le monde dans La directive Jupiter.

Le sex-ratio reste comme d’habitude largement féminin (sauf sur La directive Jupiter), avec 7 lecteurs contre 16 lectrices.

En chiffres, cela nous donne 1 C’est arrivé en avril, 3 L’inaccessible étoile, 3 La fille de demain, 8 Le livre qui parle de toi et 8 La directive Jupiter pour un total de 23 livres vendus.

Suite à cette séance de dédicace à la librairie Ruc de Colmar, mon total de ventes atteint désormais 380 livres vendus en dédicace depuis le lancement du Jupitour, qui prend une pause d’une semaine pour revenir pour une ultime date le samedi 13 juin, à l’espace culturel du Leclerc de Lure !

Et sinon, que dit l’étude de marché ?

Peu de demandes non satisfaites cette fois, preuve que je couvre très bien les amateurs de polars à présent. Peu de demandes en romance aussi. Le seul genre non disponible dans ma collection que l’on m’ait demandé était les romans historiques. Ça tombe bien, la semaine après moi, la talentueuse Karine W. Meyer, auteure de romans historiques (entre autres) sera à ma place à la Librairie Ruc : je leur ai donc conseillé de revenir la semaine prochaine !

À bientôt pour de nouvelles aventures !

Merci donc aux lectrices et lecteurs qui, par cette journée tropicale à Colmar, m’ont fait confiance pour passer un super moment en compagnie de mes romans, et bien sûr un immense merci à Christelle, Valérie, Sébastien et toute l’équipe de la Librairie Ruc pour l’avoir à nouveau permis de venir dédicacer mes romans dans leurs locaux

À l’année prochaine, avec bien sûr les suites de La directive Jupiter !

Précédente Dédicace : La réunion des livres

Ma demi-table de dédicace à la Librairie Ruc à Colmar, 30 mai 2026
Ma demi-table de dédicace à la Librairie Ruc à Colmar, 30 mai 2026

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