FAQ – Philippe Meisburger : mon écriture, mes influences et ma conception du roman.


Des questions au sujet de mes romans et/ou de mon travail d’auteur ? Je vous réponds en détail ci-dessous, sous la forme d’une interview. Grâce à cela, mes romans et ma démarche n’auront plus de secrets pour vous.

L’auteur.


Présente-toi en quelques mots…

Philippe Meisburger (portrait officiel)

Je m’appelle Philippe Meisburger et je suis romancier. J’ai publié mon premier roman C’est arrivé en avril en 2019, et ai publié 4 autres romans depuis : Le livre qui parle de toi (2022), L’inaccessible étoile (2023), La Fille de demain (2025) puis La Directive Jupiter (2026). J’officie dans des genres très différents : SF, Young adult, Roman d’évolution et de développement personnel, Conte philosophique, et surtout Thriller d’anticipation, que j’affectionne particulièrement. Je me considère comme un auteur au style immersif et cinématographique, à l’instar de ce que les lecteurs disent de mon œuvre. À ce titre, mes romans sont particulièrement adaptés aux « enfants de la télé » qui se sont éloignés du média écrit, sans néanmoins leur être exclusivement réservés.


Quel type de romans écris-tu ?

Philippe Meisburger en dédicace à l'Espace Culturel Leclerc de Lure, 13 juin 2026

J’écris des romans dans des genres très différents, du thriller d’anticipation au conte philosophique, mais avec un point commun : une narration visuelle, immersive et très rythmée, fortement influencée par le cinéma. Ma formation audiovisuelle et mon expérience du montage m’ont conduit à adapter certains codes du scénario au roman. Cette approche semble particulièrement convenir aux lecteurs qui aiment les page-turners, mais aussi à certaines personnes qui lisent peu et préfèrent habituellement les films et les séries aux livres. Si vous voulez savoir pourquoi j’écris ainsi, quel roman pourrait vous correspondre ou pourquoi Spielberg a quelque chose à voir dans cette histoire, vous devriez trouver la réponse ci-dessous.


Es-tu un auteur alsacien ? Tes romans se déroulent-ils en Alsace ?

Un restaurant à l'architecture à colombage typique au coeur d'Obernai (Bas-Rhin, 11 avril 2026)

Oui, je suis Alsacien et je vis dans la région de Saint-Louis, dans le sud du Haut-Rhin. Mais si l’auteur est profondément alsacien, ses romans ne le sont pas particulièrement. À l’exception d’une partie de La Fille de demain, mes histoires ne se déroulent pas en Alsace. C’est un choix lié à ma manière très cinématographique d’imaginer mes récits : j’aime situer l’action dans les décors que j’associe naturellement au genre d’histoire que je raconte. Selon le roman, mes personnages et mes intrigues peuvent donc m’emmener très loin de chez moi. Mes références expliquent probablement aussi ce choix. J’ai grandi avec le cinéma populaire américain et notamment les grands films hollywoodiens des années 1980 et 1990. Cette culture a nécessairement influencé mon imaginaire : lorsque j’écris un thriller d’anticipation, une aventure post-apocalyptique ou une histoire catastrophe, les images qui me viennent spontanément sont souvent celles de ce cinéma qui m’a nourri. Je suis donc bien un auteur alsacien, et fier de l’être, mais je n’écris pas de littérature régionaliste. Mes romans sont pensés comme des histoires accessibles indépendamment du lieu où vit le lecteur, avec cette ambition un peu folle qui m’accompagne depuis mes débuts : essayer de fabriquer mes propres films à grand spectacle, mais avec des mots à la place d’une caméra et des effets spéciaux.


Quel est ton but lorsque tu écris tes romans ?

Philippe Meisburger en dédicace au Cultura de Geispolsheim, 2 mai 2026

Quel que soit le genre, mon objectif reste le même : raconter une histoire capable d’embarquer rapidement le lecteur et de lui donner envie de tourner les pages. J’aime les intrigues qui avancent, les rebondissements, les révélations, les cliffhangers et les scènes que l’on peut visualiser comme si elles se déroulaient devant soi, sur un écran de cinéma. Je conçois avant tout le roman comme un divertissement. Cela ne m’empêche pas d’y aborder des sujets sérieux, des idées ou des questions de société. Mais je veux que ce fond soit porté par une histoire que le lecteur ait envie de continuer à dévorer jusqu’à l’ultime phrase.


Quel est ton public ?


Tes romans peuvent-ils convenir à quelqu’un qui n’aime pas lire (ou plus lire) ?

Le marque-page officiel de "La directive Jupiter" à l'espace culturel du Leclerc de Sélestat, 18 avril 2026

Oui. Mes romans peuvent notamment convenir à certaines personnes qui lisent peu, qui ont abandonné la lecture ou qui trouvent habituellement les livres trop lents. C’est même l’un des retours qui revient régulièrement lors de mes rencontres avec des lecteurs. Initialement, je n’avais pas écrit mes romans dans l’intention de les destiner spécifiquement aux personnes qui ne lisent pas (ou plus). Initialement, j’ai simplement essayé d’écrire les histoires que j’aurais moi-même envie de lire, avec beaucoup de rythme et une narration très visuelle. Mais progressivement, de séance de dédicace en séance de dédicace, j’ai rencontré des lecteurs qui m’ont expliqué qu’ils lisaient très peu, voire plus du tout, mais qu’ils avaient pourtant réussi à entrer très facilement dans mes romans et à les terminer. Souvent c’étaient des gens qui se sont vus offrir un de mes romans par un proche, rencontrés lors d’une séance de dédicace précédente. Je ne prétendrai évidemment jamais qu’un livre peut plaire à tout le monde, ni que mes romans vont systématiquement redonner le goût de lire, ni que je serais le seul dont les écrits sont accessibles à ce public précis, mais ces témoignages répétés m’ont fait prendre conscience que mon écriture cinématographique et immersive pouvait constituer une passerelle intéressante pour certaines personnes qui se sentent davantage attirées par les films, les séries ou les écrans que par les livres.


Tes romans peuvent-ils plaire à quelqu’un qui préfère les films et les séries aux livres ?

Le rayon livre au Leclerc d'Issenheim - 26 septembre 2026 - tôt le matin (pour éviter les soucis de droit à l'image)

Oui. Mes romans peuvent particulièrement convenir aux personnes qui aiment les histoires mais préfèrent habituellement les films et les séries aux livres, car mon écriture est volontairement très visuelle, rythmée et influencée par les codes du cinéma. Je suis moi-même issu d’une culture très cinématographique. J’ai étudié l’audiovisuel, pratiqué le montage et construit mon écriture en intégrant certains mécanismes du scénario et du langage cinématographique. Mes romans restent des romans, mais je cherche à procurer une expérience très visuelle, rythmée et immédiate. Une personne qui aime les histoires, mais trouve parfois la lecture trop lente peut donc y retrouver certains mécanismes qu’elle apprécie dans les films et les séries : scènes fortement visualisables, progression rapide, suspense, montage narratif, rebondissements et fins de chapitres appelant la suite.


J’aime les films comme Terminator, Mission Impossible ou Armageddon, mais je lis peu. Existe-t-il des romans dans le même esprit ?

CulturaGeispolsheim05

Oui, et c’est même l’une des raisons pour lesquelles j’écris certains de mes romans ! Lors de mes séances de dédicaces, je rencontre régulièrement des personnes qui aiment depuis toujours les grands films d’aventure, d’action, d’anticipation ou de science-fiction populaire, mais qui ignorent que l’on peut retrouver ce type d’expérience dans un roman. Certaines sont même réellement surprises lorsque je leur présente mes livres : « On fait ce genre d’histoires en livres aussi ? » est une remarque que j’ai entendue plus d’une fois. C’est particulièrement vrai pour La Fille de demain et La Directive Jupiter. Ces romans s’adressent notamment aux « enfants de la télé et du cinéma » qui ont grandi avec les blockbusters et aiment les histoires construites autour d’un concept fort, d’une menace, d’un mystère, d’un complot, de rebondissements et de personnages ordinaires entraînés dans une aventure extraordinaire. La Fille de demain mélange notamment anticipation, voyage dans le temps, espionnage, action et une dose d’humour à la Bruce Willis dans les répliques, dans un esprit pouvant évoquer Terminator, Retour vers le futur ou Le Cinquième Élément. La Directive Jupiter se rapproche davantage du grand cinéma catastrophe et d’action des années 1990-2000 : Armageddon, Deep Impact, I robot, The Island, avec également une importante composante sentimentale. Il n’est donc pas nécessaire de vous considérer comme un amateur de « littérature de science-fiction ». Si ce sont les histoires de ce type que vous aimez regarder, il y a de bonnes chances que vous puissiez aussi prendre plaisir à les lire.


Quel roman offrir à quelqu’un qui adore les blockbusters de science-fiction mais ne pense pas aimer les livres ?

"La fille de demain" et "La directive Jupiter" au salon "La réunion du livre", au Passage de la Réunion, 22 mai 2026

Je commencerais par regarder quels films cette personne aime plutôt que ce qu’elle a l’habitude de lire. Si elle apprécie Terminator, Retour vers le futur, Le Cinquième Élément, les histoires de voyage dans le temps, d’espionnage et les intrigues rapides, je conseillerais plutôt La Fille de demain. C’est aussi le plus court de mes romans d’aventure et de science-fiction et il se suffit à lui-même : il constitue donc une porte d’entrée particulièrement adaptée à quelqu’un qui lit peu. Si la personne a grandi avec le cinéma catastrophe et les grands blockbusters des années 1980, 1990 et 2000, comme Armageddon, Deep Impact, Independence Day, The Island ou encore certains films de Roland Emmerich et Michael Bay, je l’orienterais plutôt vers La Directive Jupiter. C’est d’ailleurs souvent avec ce roman que j’entends en dédicace cette réaction qui m’amuse toujours : « On fait ce genre d’histoires en livres aussi ? ». Dans les deux cas, l’objectif est justement de retrouver sur papier certains des plaisirs narratifs de ce cinéma : une histoire accessible, visuelle et rythmée, du suspense, des rebondissements et cette envie de connaître immédiatement la suite.


Faut-il être un grand lecteur pour lire tes romans ?

Ma demi-table de dédicace à la Librairie Ruc à Colmar, 30 mai 2026

Non. Il n’est pas nécessaire d’être un grand lecteur pour lire mes romans : je recherche volontairement une narration fluide, visuelle et rythmée, et certains de mes retours les plus marquants viennent justement de personnes qui lisaient peu ou plus du tout. Je n’écris pas des romans « simplifiés » pour non-lecteurs. Je cherche plutôt à rendre la lecture fluide par le rythme et l’immersion. Il existe une différence importante entre simplifier une histoire et faciliter l’envie de la poursuivre. Mes romans peuvent être longs, développer des intrigues complexes et aborder des thèmes sérieux. Mon objectif est simplement que cette complexité soit portée par une narration suffisamment claire et prenante pour que le lecteur n’ait pas l’impression d’avancer laborieusement. Voilà pourquoi même un « petit lecteur » peut parfaitement y trouver son compte, sans qu’un grand lecteur – pour peu qu’il ne soit pas allergique à mon style, ce qui est purement affaire de goût – ne s’en sente nécessairement exclu.


Peut-on offrir tes romans à un adolescent qui ne lit plus ?

Philippe Meisburger en dédicace au Leclerc de Saint-Louis, 4 avril 2026

Oui, certains de mes romans peuvent convenir à des adolescents qui lisent peu ou qui ont abandonné la lecture, à condition bien sûr de choisir le titre en fonction de leur âge, de leur maturité et de leurs goûts. Parmi mes romans, C’est arrivé en avril est celui qui fonctionne le mieux auprès du public adolescent d’après les retours que je reçois. Certains de mes retours les plus marquants viennent justement de parents dont les enfants lisaient peu ou plus du tout et qui les ont vus accrocher à certains de mes romans. Cela ne signifie pas que tous mes livres conviennent à tous les adolescents : le genre, l’âge, la maturité du lecteur et les thèmes abordés doivent évidemment être pris en compte. Mais mon écriture visuelle, le rythme rapide et la proximité avec certains codes des films et des séries peuvent faciliter l’entrée dans le récit de jeunes lecteurs qui associent spontanément le livre à quelque chose de plus lent que leurs divertissements habituels. Le plus important reste de partir des goûts du jeune lecteur plutôt que de chercher à lui imposer « un livre qu’il devrait lire ».


Quel roman offrir à quelqu’un qui ne lit plus ou qui trouve les livres ennuyeux ?

Philippe Meisburger en chasse à la lectrice. Photographie : Éoline R. (Hyper U de Sierentz, 9 mai 2026)

Pour offrir un roman à quelqu’un qui lit peu ou trouve habituellement les livres ennuyeux, je conseillerais de partir de ses goûts en matière de films et de séries plutôt que de ses habitudes de lecture. Parmi mes romans, La fille de demain, La directive Jupiter et C’est arrivé en avril constituent trois portes d’entrée possibles selon le type d’histoires qu’il aime. Pour quelqu’un qui aime les thrillers, l’anticipation, la technologie, les complots, l’action et les histoires à fort suspense, mes thrillers d’anticipation constituent probablement la porte d’entrée la plus naturelle. Bref, si vous aimez James Bond, Mission impossible, ou en général les blockbusters où le monde est en péril, des romans comme La fille de demain ou la série La directive Jupiter seront parfaits pour vous. Pour quelqu’un attiré par la science-fiction, le post-apocalyptique, le mystère et les grandes aventures, C’est arrivé en avril peut constituer une autre possibilité. Mes autres romans explorent des registres différents, du développement personnel (Le livre qui parle de toi) au conte philosophique (L’inaccessible étoile). Le livre qui parle de toi m’est souvent comparé au film Le fabuleux destin d’Amélie Poulain tandis que le parallèle entre L’inaccessible étoile et les dessins animés en 3D du genre Pixar (Toy Story, Shrek, Le monde de Nemo ou Ratatouille) m’est souvent cité par les lecteurs de ce roman. Bref, plutôt que de partir de la question « Mes proches aiment-ils lire ? », je conseillerais donc de se demander : « Quelles histoires aiment-ils regarder ? ». Un amateur de films et de séries possède déjà des goûts narratifs. Il s’agit peut-être simplement de trouver le livre qui parle leur langage. À noter qu’une page spéciale disponible ici a été créée pour permettre à chacun de trouver chaussure à son pied 🙂


À quels lecteurs tes romans risquent-ils de plaire le moins ?

En lisant des pageturners, on ne voit pas les heures passer !

Si votre plaisir vient avant tout d’une prose très travaillée pour elle-même, de longues descriptions, d’un rythme contemplatif ou de longues introspections, mon écriture ne correspondra probablement pas à ce que vous recherchez. Si votre priorité est l’intrigue, l’immersion, le rythme et l’envie de tourner les pages, nous avons davantage de chances de nous entendre.


Présente-nous tes romans…


Quel roman me conseilles-tu selon mes goûts ?

Mes romans "C'est arrivé en avril", "L'inaccessible étoile", "Le livre qui parle de toi", "La fille de demain" et "La directive Jupiter" à l'Hyper U de Colmar - 21 février 2026

Mes romans explorent des genres assez différents. Le meilleur choix dépend donc moins de votre habitude de lecture que du type d’histoires que vous aimez. Si vous hésitez, demandez-vous simplement ce que vous auriez envie de regarder ce soir au cinéma ou sur une plateforme de streaming :
Si vous aimez les thrillers d’anticipation, la technologie, l’action, et les histoires de voyage dans le temps, je vous conseillerais La Fille de demain. C’est probablement le choix le plus adapté si vous recherchez avant tout un divertissement très rythmé, avec beaucoup de rebondissements et une forte dimension cinématographique.
Si vous aimez les films catastrophe, les menaces planétaires, les complots, le suspense et une dose de romance, tournez-vous plutôt vers La Directive Jupiter. Un astéroïde menace la Terre, mais cette catastrophe cache une intrigue beaucoup plus vaste. C’est celui que je conseillerais notamment aux amateurs d’histoires dans l’esprit d’Armageddon, Deep Impact ou The Island, avec une composante sentimentale qui peut également rappeler Titanic.
Si vous aimez le post-apocalyptique, la science-fiction, le mystère et les grandes aventures avec de jeunes adultes en guise de protagonistes, commencez plutôt par C’est arrivé en avril. Le roman suit deux jeunes gens qui se retrouvent seuls dans un monde brutalement vidé de ses habitants et partent à travers les États-Unis à la recherche d’une explication. C’est aussi, parmi mes romans, celui que je conseille le plus volontiers aux adolescents et jeunes adultes.
Si vous recherchez une histoire contemporaine mêlant fiction et développement personnel, Le Livre qui parle de toi est probablement le plus adapté. Son héroïne, Aurélie, une Parisienne de quarante ans débordée et stressée, découvre mystérieusement chez elle un livre qui semble avoir été écrit spécialement pour elle. À travers son histoire, le roman aborde le rapport au bonheur, aux choix de vie et à ce que nous faisons réellement du temps qui nous est donné.
Si vous aimez les contes philosophiques, les fables animalières et les histoires simples en apparence qui permettent de réfléchir à notre société, choisissez plutôt L’Inaccessible Étoile. Derrière les aventures de Rainbow, un oiseau qui refuse la vie qu’on veut lui imposer, le roman parle notamment de liberté, de conformisme, de travail, de progrès et des bouleversements provoqués par l’intelligence artificielle.
Enfin, si vous lisez peu ou si vous préférez habituellement les films et les séries aux romans, ne choisissez pas forcément le livre réputé le plus « facile ». Partez plutôt de l’univers qui vous attire le plus. C’est justement l’un des principes qui guident mon écriture : essayer de proposer, quel que soit le genre, une narration visuelle, accessible et suffisamment rythmée pour donner envie de découvrir la scène suivante.
Autrement dit : dites-moi ce que vous aimez regarder, et je pourrai probablement vous dire lequel de mes romans vous devriez commencer à lire.


À quels types de lecteurs tes différents romans plaisent-ils le plus ?

Audrey "Eolivres" et moi durant ma séance de dédicaces à l'Espace Culturel du Leclerc de Sélestat, 18 avril 2026 (Photo : Éoline R.)

Mes lecteurs sont beaucoup trop divers pour que je puisse définir un « lecteur type » absolu pour chacun de mes romans. Une grand-mère de 85 ans est par exemple l’une des lectrices qui a le plus apprécié C’est arrivé en avril ! Mes rencontres en salons et séances de dédicaces m’ont néanmoins permis d’observer quelques tendances.
C’est arrivé en avril touche beaucoup les adolescents et jeunes adultes, filles comme garçons, avec notamment un public assez geek, amateur de science-fiction, de mystère, de post-apocalyptique et de récits proches des codes des séries. Mais il dépasse largement ce public : preuve en est ma lectrice de 85 ans ! Une autre lectrice, ma dentiste, m’a même reproché en plaisantant de l’avoir « rendue asociale pendant trois jours », tant elle avait envie de poursuivre sa lecture.
La Fille de demain touche un public assez large, mais fonctionne particulièrement bien auprès des moins de trente ans et de ceux que j’appelle les « enfants de la télé » : des lecteurs habitués aux récits audiovisuels rapides et très visuels. Comme il s’agit en outre d’un roman relativement court et indépendant, c’est celui de mes romans de science-fiction et d’aventure que je conseille le plus facilement à quelqu’un qui lit peu ou souhaite reprendre la lecture.
La Directive Jupiter trouve particulièrement son public chez les adultes d’une trentaine d’années et plus qui ont grandi avec le cinéma populaire des années 1980 et 1990. Hommes et femmes y sont représentés de manière assez équilibrée parmi les lecteurs que je rencontre. Ce sont souvent des amateurs de thrillers, de films catastrophe, d’action et de science-fiction grand public qui ne savaient pas nécessairement qu’ils pouvaient retrouver ce type d’histoire sous forme de roman.
Le Livre qui parle de toi possède un lectorat très différent, très majoritairement féminin dans mes rencontres, souvent autour de 35 à 50 ans. Beaucoup de ces lectrices travaillent dans le tertiaire et se reconnaissent dans Aurélie, sa protagoniste : une femme d’une quarantaine d’années prise entre travail, fatigue, contraintes quotidiennes et interrogation sur le sens qu’elle donne à sa vie. L’identification au personnage joue ici un rôle particulièrement important.
Enfin, L’Inaccessible Étoile attire un lectorat plus difficile à enfermer dans une tranche d’âge. J’y rencontre aussi bien des étudiants que des lecteurs beaucoup plus âgés, souvent attirés par la philosophie, les idées, les arts ou les questions de société. C’est probablement celui de mes romans qui s’adresse le plus naturellement aux lecteurs qui aiment qu’une histoire simple en apparence leur donne matière à réfléchir une fois le livre refermé.
Ce ne sont évidemment que des tendances observées au contact de mes lecteurs, pas des frontières. Le meilleur exemple reste cette lectrice de 85 ans de C’est arrivé en avril : un livre n’est heureusement jamais obligé de demander la carte d’identité de son lecteur avant de lui plaire !


À quels films peut-on comparer tes romans ?

Philippe Meisburger sous le ciel bleu, devant l'Espace Culturel Leclerc d'Erstein, 25 avril 2026

Décrivant mes romans comme « cinématographiques », il va de soi qu’on peut faire des parallèles avec le cinéma.
C’est arrivé en avril est par exemple l’enfant évident de Rencontres du troisième type rencontrant Independance day, avec une touche de Je suis une légende. C’est sans doute de mes romans celui où le merveilleux spielbergien est plus évident, un merveilleux porté par le personnage de Karine, la jeune femme ayant perdu la vue. Hunger games revient aussi régulièrement dans les comparaisons.
La fille de demain est souvent comparée à Terminator, croisé avec Le cinquième élément (surtout en raison de la personnalité de son héroïne), avec une touche de La chèvre (oui oui, le film de Francis Weber avec Pierre Richard !), et surtout beaucoup de l’à nouveau très spielbergien Retour vers le futur.
La directive Jupiter va directement puiser dans le cinéma d’action catastrophe, s’inspirant d’Armageddon, Deep Impact, ou du cinéma de Roland Emmerich en général (2012, Le jour d’après…), le tout porté par un montage nerveux inspiré des films de Michael Bay, en particulier son survitaminé The island. Titanic de James Cameron est parfois évoqué aussi, pour son mélange audacieux entre film catastrophe doublé de romance, les deux aspects se renforçant mutuellement. Amber et Vincent, les héros de La directive Jupiter, sont un peu mes Jack et Rose à moi. Leur paquebot s’appelle la Terre, en mode astéroïde droit devant !
Questions séries télé, Black Mirror revient en référence souvent citée pour décrire mes romans, référence à laquelle j’ajouterai les séries The event, Lost et Under the Dome (en particulier pour C’est arrivé en avril).
Le livre qui parle de toi est assez à part. C’est peut-être le moins cinématographique de mes romans, même si une référence cinématographique aussi OVNIesque que le livre s’impose là encore régulièrement : Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, et l’oeuvre du réalisateur Jean-Pierre Jeunet en général.
L’inaccessible étoile est quant à elle régulièrement comparée aux dessins animés en 3D, dont les studios Pixar sont emblématiques (même si toutes les références citées ne sortent pas nécessairement de ce studio). Parmi les films auxquels L’inaccessible étoile est le plus souvent comparée, citons Ratatouille, Rio (forcément, vu que le héros est un oiseau) ou Le monde de Nemo. Ces films, souvent porteurs d’une morale tout en étant pleinement divertissant sont porteurs de l’ADN de ce roman.


À quels auteurs ou romans pourrait-on comparer tes livres ?

Les rayons de livres au Cultura de Geispolsheim au matin, avant l'arrivée du public, 2 mai 2026

Même si mes références comme celles que mes lecteurs me citent sont souvent cinématographiques, mes romans ont heureusement aussi des pairs littéraires. Ainsi, C’est arrivé en avril est souvent comparé aux œuvres de Maxime Chattam ou Stephen King, en particulier Dôme ou Les langoliers. Le livre qui parle de toi, est bien sûr comparé aux autres « romans coach » qui ont fleuri dans les années 2000 et 2010, tes L’homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle, Kilomètre zéro de Maud Ankaoua ou alors le bestseller Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une de Raphaëlle Giordano, mais revu et corrigé à la sauce piquante, épicé d’un je ne sais quoi de Bernard Werber. Bernard Werber est également souvent cité au sujet de L’inaccessible étoile, aux côtés de Jonathan Livingston le goéland de Richard Bach, au Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupery, mais aussi aux œuvres de George Orwell comme 1984. ou La ferme des animaux. Blackout de Mark Elsberg ainsi que la série Autre monde de Maxime Chattam ont été cités comme romans dans la veine de La directive Jupiter, tout comme la série des 9 de Marc Levy. La fille de demain est souvent comparée aux romans de Guillaume Musso, en particulier Sauve-moi et Seras-tu là ?


Comment choisir un roman pour quelqu’un qui préfère les écrans à la lecture ?

Les romans et la tablette diffusant les booktrailers à l'Espace Culturel Leclerc de Lure, 13 juin 2026

Je commencerais par oublier le livre et lui demander ce qu’il aime regarder. Science-fiction ? Thrillers ? Films catastrophe ? Histoires d’amour ? Mystères ? Séries d’anticipation ? Aventures ? Histoires qui font réfléchir ? Quelqu’un qui affirme ne pas aimer lire peut parfaitement adorer les histoires. Ce n’est parfois pas le récit qu’il rejette, mais l’expérience de lecture qu’il associe à quelque chose de lent, scolaire ou exigeant. Dans ce cas, un roman rythmé, très visuel et construit autour d’une intrigue correspondant à ses goûts audiovisuels peut constituer une meilleure porte d’entrée qu’un livre choisi simplement parce qu’il est considéré comme facile à lire. Pour aller plus loin : découvrez
ici mon guide « Quel roman choisir selon vos goûts ? »


Ton rapport à tes romans…


Écris-tu les romans que tu aimerais toi-même lire ?

Philippe Meisburger devant la librairie Littéra - Rougier & Plé (21 mars 2026)

Bien sûr ! Écrire le genre de romans qu’on aimerait lire soi-même est le premier conseil que je donne à ceux qui débutent dans l’écriture et qui me demandent des conseils. Parce qu’écrire un roman représente un investissement considérable en temps, en énergie et en implication personnelle, il me serait difficile de consacrer des mois ou des années à une histoire que je n’aurais pas moi-même envie de découvrir en tant que lecteur. Lorsque je me suis lancé dans l’écriture, mon ambition initiale était assez simple : écrire le livre que j’aurais aimé trouver chez mon libraire. Cela influence énormément ma manière de travailler. Face à chaque scène, je me pose une question très simple : si j’étais le lecteur et non l’auteur, aurais-je envie de continuer ? Si la réponse est non, la scène sera retravaillée ou supprimée. Si elle a survécu jusqu’au texte que je vous propose, c’est que je l’ai jugée à mon goût. Je pars aussi d’un principe assez rassurant pour un auteur : quels que soient nos goûts, nous sommes rarement seuls à les avoir. Si j’arrive réellement à écrire le roman que j’aurais aimé lire, il existe probablement d’autres lecteurs qui recherchent la même expérience. Toute la difficulté consiste ensuite à faire que ces derniers me découvrent…


Pourquoi accordes-tu autant d’importance au rythme de tes romans ?

Ma demi-table de dédicace à la Librairie Ruc à Colmar, 30 mai 2026

J’accorde beaucoup d’importance au rythme parce que je veux que mes romans maintiennent constamment l’envie de connaître la suite : l’intrigue doit avancer, chaque scène doit avoir une fonction et les longueurs ou digressions inutiles sont volontairement limitées. Cette exigence vient probablement du fait que je suis moi-même un lecteur particulièrement impatient. Je peux facilement abandonner un roman si j’ai l’impression que l’histoire piétine, que les digressions se multiplient ou que l’intrigue cesse trop longtemps de progresser. Pour rester dans un livre, j’ai besoin de ressentir l’envie de connaître la suite, et que cette envie soit constante. Cette exigence de lecteur influence directement mon travail d’auteur. J’essaie d’éliminer ce qui ralentirait inutilement le récit et de conserver une progression narrative permanente. Je ne prétends évidemment pas que tous les romans doivent être écrits ainsi. La littérature offre justement une immense diversité d’expériences. Si en tant que lecteur ou en tant qu’auteur vous préférez une prose lente, contemplative, musicale, qui se perd en digressions, c’est votre droit le plus strict. Mais ce n’est pas ce que vous trouverez dans mes romans. Mon approche radicalement « page-turner » est simplement celle que je recherche personnellement et, par conséquent, celle que j’essaie de proposer à mes lecteurs.


L’aspect cinématographique de tes romans.


Pourquoi tes romans sont-ils aussi cinématographiques ?

Le marque-page de "La directive Jupiter" à l'Espace Culturel Leclerc de Lure, 13 juin 2026

Mes romans sont très cinématographiques parce que ma manière d’écrire est directement influencée par ma formation audiovisuelle, mon expérience du montage et les techniques d’écriture scénaristique que j’ai apprises en école de cinéma. J’ai lu dès mon enfance, notamment Jules Verne et H. G. Wells, mais je suis aussi un enfant de la télévision et du cinéma. L’écran a toujours constitué pour moi un moyen naturel de découvrir des histoires. J’ai ensuite étudié dans une école de cinéma parisienne (l’ESEC), où j’ai notamment été formé au montage, avant de pratiquer professionnellement ce dernier. Notons au passage que souvent, le monteur d’un film est souvent considéré comme son second réalisateur, surtout dans les genres riches en scènes d’action, car c’est lui qui donne au film son rythme. Tout cela a nécessairement influencé ma manière d’écrire. Lorsque je construis une histoire, je suis très sensible à son rythme, à l’enchaînement des scènes et à la manière dont le lecteur va mentalement les visualiser. Pour cela j’utilise une botte secrète : en école de cinéma, j’ai appris les conventions de l’écriture scénaristique, conçues notamment pour permettre aux différents professionnels d’imaginer le film à partir du scénario. Découvrir cela fut une révélation clé pour moi, une mine d’or pour un auteur souhaitant reproduire l’expérience cinématographique sur papier. Alors bien sûr, un roman possède des possibilités qui lui sont propres, mais j’ai adapté au plus possible ces codes au roman afin d’obtenir le même résultat : celui de donner à « lire un film », et force est de constater que les retours lecteurs vont assez unanimement en ce sens. Cela offre cette expérience de lecture particulièrement visuelle et immédiate que j’affectionne tant. Cette influence cinématographique est particulièrement visible dans La Directive Jupiter, qui reprend certains codes du cinéma catastrophe, dans La fille de demain largement influencée par le cinéma de Luc Besson ou dans C’est arrivé en avril, dont la construction emprunte beaucoup au cinéma de science-fiction et d’aventure.


Qu’est-ce qu’une écriture cinématographique dans un roman ?

Le Cultura de Geispolsheim au matin, avant l'arrivée du public, 2 mai 2026

Une écriture cinématographique est, pour moi, une manière de raconter qui permet au lecteur de visualiser facilement les scènes comme si elles se déroulaient devant lui. Elle repose notamment sur le rythme, le choix des détails, les dialogues, les ellipses, l’enchaînement des scènes, les changements de point de vue et la manière de transmettre l’information. Elle ne consiste donc pas simplement à écrire beaucoup de scènes d’action C’est d’abord une manière de transmettre l’information et de construire le récit pour que le lecteur puisse facilement se représenter ce qui se passe. Il ne doit pas seulement comprendre intellectuellement une scène : j’aime qu’il puisse la voir mentalement, comme s’il la découvrait sur l’écran d’un cinéma. Cela passe par le rythme, le choix des détails, les dialogues, l’enchaînement des scènes, les changements de point de vue, les ellipses, les révélations ou encore la façon dont une séquence commence et se termine. Le cinéma m’a également appris qu’un récit peut être extrêmement clair sans tout expliquer longuement. Une image, une action ou une réaction peuvent parfois transmettre davantage qu’un paragraphe d’explication. J’essaie de retrouver cette efficacité dans mes romans.


Utilises-tu des techniques de scénariste pour écrire tes romans ?

Mes marque-pages de "La directive Jupiter" sur la nappe rouge de ma table de dédicace à l'espace culturel du Leclerc d'Obernai

Oui, certaines techniques issues de l’écriture scénaristique ont fortement influencé ma manière d’écrire. Comme déjà expliqué ci-dessus, j’ai découvert en école de cinéma que le scénario n’était pas simplement une histoire écrite avant d’être filmée. C’est un véritable outil professionnel, soumis à des conventions développées pour permettre à ses lecteurs (réalisateur, acteurs, producteurs, techniciens…) d’imaginer le film tel qu’il sera une fois achevé. Cette idée m’a fascinée : des générations de scénaristes ont développé des techniques ayant fait leurs preuves, permettant de faire naître des images dans l’esprit d’un lecteur à partir de simples mots. En tant qu’enfant de la télé et du cinéma s’adressant à d’autres enfants de la télé et du cinéma que sont mes contemporains, il m’a semblé naturel d’en adapter certains principes au roman. Mes romans ne sont cependant pas une application stricte de ces méthodes (le texte serait trop brut), mais j’ai adapté cette méthode à l’écriture romanesque, et force est de constater que l’effet recherché semble obtenu, à en croire les retours de mes lecteurs. J’utilise bien sûr les possibilités propres au roman, mais en conservant cette recherche d’immédiateté, de visualisation et d’efficacité narrative héritée du scénario. Le meilleur des deux mondes en somme 🙂


Pourquoi écris-tu principalement tes romans au présent ?

les romans "La directive Jupiter", "La fille de demain" ainsi que "C'est arrivé en avril" lors de la dédicace de l'auteur à l'Espace Culturel à Hirsingue, 7 mars 2026

Le présent de narration participe à l’immédiateté que je recherche. Par ailleurs, c’est la première des conventions héritées de la rédaction scénaristique évoquée ci-dessus : il était donc évident que j’intègre cet élément à mon écriture. Une narration au présent peut donner au lecteur l’impression que l’action se déroule au moment même où il la découvre. Il vit avec les personnages, comme sur l’écran d’un cinéma. Elle correspond donc particulièrement bien à mon approche visuelle et cinématographique du récit. C’est également une temporalité familière dans l’écriture scénaristique : un scénario décrit ce que le spectateur est censé voir et entendre comme si cela se produisait devant lui. Au présent donc. Le présent n’est évidemment pas la seule manière de créer de l’immersion, et de nombreux romans extrêmement immersifs sont écrits au passé. Mais pour mon écriture et les histoires que je raconte, il contribue à réduire la distance entre le lecteur et l’action. Pour la petite histoire, lors de mes débuts, j’écrivais au passé. Je savais déjà que l’écriture scénaristique était au présent, mais j’avais aussi en tête la phrase-culte de mes professeurs de français : « Les temps du récit sont les temps du passé ». Mais mes premiers lecteurs, encore dans le cercle familial, ont trouvé le style obtenu trop lourd, pompeux, suranné, et surtout inadapté à ce que j’écris. J’ai alors commencé à les ré-écrire au présent et dans la seconde, la magie a opéré. Depuis, je n’écris plus qu’au présent.


Comment ta formation au cinéma influence-t-elle ton écriture ?

Ma demi-table de dédicace à la Librairie Ruc à Colmar, 30 mai 2026

Elle m’a notamment donné des réflexes liés au rythme, au montage et à la construction visuelle d’une scène. Le montage apprend qu’une histoire ne dépend pas seulement de ce que l’on montre, mais aussi de l’ordre dans lequel on le montre, du moment où l’on coupe une scène, de l’information que l’on retient et de celle que l’on révèle. Deux séquences contenant exactement les mêmes images peuvent produire des sensations très différentes selon leur montage. Je retrouve cette logique dans l’écriture. Un chapitre peut s’arrêter quelques secondes avant une révélation. Une scène peut être interrompue pour retrouver un autre personnage. Deux actions peuvent être racontées en parallèle. Une information peut prendre un sens différent lorsque le lecteur en découvre une autre quelques pages plus tard. Pour moi, écrire un roman se rapproche bien plus qu’on ne le pense de l’art du montage audiovisuel.


Quels réalisateurs ont le plus influencé ta manière d’écrire ?

Une partie de mes romans lors de ma dédicace au Cultura de Geispolsheim, 2 mai 2026

Steven Spielberg constitue probablement mon influence cinématographique majeure. J’apprécie notamment sa capacité à produire du grand spectacle tout en conservant des personnages, des émotions et un sens de l’émerveillement au centre du récit. D’autres réalisateurs ont également nourri mon imaginaire : Robert Zemeckis, James Cameron, J. J. Abrams, Michael Bay (notamment pour son sens du montage extrêmement nerveux) et, côté français, Luc Besson ou Jean-Pierre Jeunet. Je ne cherche évidemment pas à reproduire leurs films sous forme de romans. Je cherche à réaliser les miens par écrit, via mes romans. Ce sont donc plutôt certains de leurs réflexes narratifs ou visuels qui ont contribué à former ma propre manière d’imaginer une histoire.


Et question littérature ?


Pourquoi Jurassic Park de Michael Crichton a-t-il été déterminant pour toi ?

Sans "Jurassic park" (le roman), je ne serais sans doute jamais devenu romancier...

Je me souviens d’une nuit d’été de 1992 pendant laquelle je lisais Jurassic Park de Michael Crichton. On savait déjà que Steven Spielberg préparait son adaptation cinématographique. Et pendant ma lecture, quelque chose m’a frappé : je voyais le film. Les scènes formaient des images dans ma tête, comme si je découvrais le film en avant-première. Je pouvais presque imaginer les plans, le rythme, les séquences du futur blockbuster. J’ai alors pris conscience de quelque chose qui allait beaucoup influencer mon rapport à l’écriture : avec des mots et un simple traitement de texte, un auteur pouvait construire dans l’imagination du lecteur quelque chose ayant l’ampleur d’un film hollywoodien. Pour quelqu’un attiré par le cinéma, mais ne disposant manifestement pas des budgets de Steven Spielberg, c’était une découverte assez réjouissante. Je suis d’ailleurs étonné de me rendre compte qu’aussi peu de romanciers ont à cœur cette idée de « blockbuster de papier », que si peu de romanciers francophones, publiés à compte d’éditeur ou autoédités, ont chevillé au corps cette idée de produire un récit reprenant les univers et les codes des films à grand spectacle. Mission impossible, James Bond, Indiana Jones et bien d’autres grands succès au box-office ont un attrait quasi universel. Je m’étonne de voir si peu d’auteurs tenter de proposer une expérience similaire par écrit. D’ailleurs si vous en connaissez, n’hésitez pas à me les présenter. Je serai ravi de découvrir leurs univers.


Quels écrivains ont influencé ton style ?

Fdl2024

Michael Crichton occupe nécessairement une place particulière, notamment en raison de l’expérience que m’a procurée Jurassic Park. J’ai également apprécié des auteurs comme Sidney Sheldon, dont j’ai découvert plus tard qu’ils avaient eux-mêmes entretenu des liens professionnels importants avec le cinéma. Une fois que j’avais découvert cela, j’avais enfin compris pourquoi certaines écritures me correspondaient davantage que d’autres. Sinon bien sûr, des auteurs très visuels et imaginatifs comme Bernard Werber ont joué un grand rôle dans mon envie d’écrire, comme également les grands auteurs populaires mélangeant avec talent efficacité, aventure, tension et romance tels Guillaume Musso ou Marc Levy. Dan Brown, un autre maître du thriller peut aussi être cité parmi mes influences. Parmi les auteurs contemporains, l’écrivain dont je me sens probablement le plus proche en termes d’expérience de lecture recherchée est Blake Crouch : rythme, concepts forts, narration extrêmement visuelle et volonté de faire avancer constamment l’histoire. C’est sans doute quelque part mon « jumeau d’outre-Atlantique », même si nous ne nous connaissons pas, et que je ne l’ai découvert que très récemment. À noter que je ne cherche pas à écrire comme ces auteurs. Je constate plutôt que nous partageons certaines conceptions du récit qui expliquent pourquoi leurs livres correspondent particulièrement bien à mes goûts de lecteur.


Qu’est-ce qu’un page-turner selon toi  ?

Les "feuilles résumé" censées attirer les lecteurs. Effet nul...

Un page-turner est, pour moi, un roman tellement prenant que le lecteur ne tourne pas la page par discipline, mais parce qu’il ressent réellement le besoin de savoir ce qui va arriver ensuite. Autrement dit : le fameux « encore un chapitre et j’arrête »… que l’on a beaucoup de mal à tenir. Cela ne signifie pas nécessairement explosions, poursuites et catastrophes à chaque chapitre. L’addiction narrative peut naître d’un danger, mais aussi d’un mystère, d’une révélation, d’une question, d’une émotion ou d’une information volontairement laissée en suspens. L’essentiel est de maintenir une tension narrative.


Pourquoi utilises-tu autant les cliffhangers ?

Philippe Meisburger et tous ses romans à sa table de dédicace à l'Espace Culturel Leclerc d'Erstein, devant la très belle affiche annonçant l'événement, le 25 avril 2026.

Parce qu’un chapitre ne doit pas seulement conclure ce qui vient de se produire : il peut aussi donner envie de découvrir immédiatement ce qui va suivre. Le cliffhanger est pour moi un outil fondamental de rythme, un indispensable pour faire un bon « page-turner ». Il ne s’agit pas nécessairement de laisser un personnage suspendu au bord d’une falaise (situation dramatique type qui a même donné son nom à ce procédé narratif). Une révélation inattendue, une question nouvelle, un élément incompréhensible, une menace ou un changement de perspective peuvent parfaitement remplir cette fonction. Lorsque je termine un chapitre, j’aime que le lecteur ait une raison concrète d’en commencer immédiatement un autre, un peu comme souvent un élément clé est révélé à la fin d’un épisode d’une série télévisée.


Comment rends-tu un roman addictif sans sacrifier son histoire ou ses thèmes ?

Philippe Meisburger en chasse à la lectrice. Photographie : Éoline R. (Hyper U de Sierentz, 9 mai 2026)

Je ne vois pas de contradiction entre divertissement et profondeur. Une histoire peut aborder des questions de société, de technologie, de liberté, d’amour, de pouvoir ou de rapport à l’avenir tout en restant extrêmement divertissante. Je préfère même généralement faire passer une idée à travers ce que vivent les personnages plutôt que d’interrompre le récit pour l’exposer. Le suspense et l’émotion deviennent alors des véhicules du fond. Mon objectif reste donc de proposer plusieurs niveaux de lecture : on peut ouvrir le livre simplement pour vivre une aventure et tourner les pages. Mais si l’on souhaite réfléchir aux questions soulevées derrière l’intrigue, elles sont là également. Alors certes, certains de mes romans sont plus centrés sur le divertissement pur (La fille de demain par exemple) alors que d’autres (L’inaccessible étoile ou Le livre qui parle de toi par exemple) ont un fond plus marqué. D’autres tels C’est arrivé en avril ou La directive Jupiter sont entre les deux. Mais dans tous les cas, l’histoire que je veux la plus addictive possible reste au cœur du roman.


Pourquoi refuses-tu les longueurs et les digressions dans tes romans ?

Ma table de dédicace au Leclerc d'Issenheim - 26 septembre 2026

Parce que ce sont précisément les éléments qui risquent de me faire abandonner un livre lorsque je suis lecteur. Parce que ce sont aussi les caractéristiques trop répandues dans trop d’œuvres littéraires qui font qu’un nombre croissant de gens mettent tous les romans dans le même sac : celui des choses barbantes. Mes romans se veulent le contraire d’œuvres barbantes, ardues, difficiles. J’écris délibérément une prose simple afin que l’immersion soit la plus totale possible. Je suis ce que l’on pourrait appeler un « mauvais public ». Si une histoire cesse de m’intéresser, je ne poursuis pas ma lecture uniquement parce que j’ai commencé le livre. Cette impatience est finalement assez utile lorsque j’écris. Elle m’oblige à m’interroger constamment sur l’utilité d’une scène, d’une description ou d’une information. Est-elle nécessaire ? Apporte-t-elle quelque chose à l’intrigue, au personnage, à l’univers ou à l’émotion ? Et surtout : est-ce que j’aurais envie de la lire ? Je cherche ainsi à produire des romans qui avancent sans cesse, qui happent le lecteur avant qu’il n’ait le temps de zapper.


La concurrence des écrans.


Les romans doivent-ils s’adapter à un monde dominé par les écrans ?

Philippe Meisburger en dédicace à l'Espace Culturel Leclerc de Lure, 13 juin 2026

Je le pense. De toute façon, ils sont là, et notre temps d’attention n’est pas illimité. Pendant longtemps, le livre disposait d’une place privilégiée dans certains moments de notre quotidien, notamment le soir. C’était le seul divertissement culturel (au sens large) que l’on pouvait amener avec soi au lit par exemple. Aujourd’hui, le même lecteur dispose en permanence d’un smartphone donnant accès à des séries, des vidéos, des jeux, des réseaux sociaux et une quantité pratiquement infinie de contenus. Le roman se retrouve donc en concurrence avec des formes de divertissement extrêmement efficaces pour capter notre attention. Or cette concurrence nous oblige à rehausser notre « niveau de jeu ». En tant qu’auteur, je préfère considérer cette situation comme un défi plutôt que comme une fatalité. Je ne peux ni veux demander au lecteur de faire un effort pour préférer mon livre à son écran. Je veux essayer d’écrire un livre suffisamment prenant pour qu’il oublie son écran pendant quelques heures. C’est un défi que je relève.


Un livre peut-il être aussi addictif qu’une série, un jeu vidéo ou un réseau social ?

Banner reseaux sociaux dec2024

C’est en tout cas l’objectif que je poursuis. Le livre possède même un avantage extraordinaire : aucun autre média ne dispose d’un accès aussi direct à l’imagination de celui qui le consomme. Un roman peut créer un monde entier avec quelques phrases et demander ensuite au cerveau du lecteur d’en fabriquer les images, les sons, les visages et les sensations. Je cherche donc à utiliser les outils du suspense et de la narration (rythme, mystères, révélations, émotions, rebondissements, cliffhangers) pour provoquer cette envie de continuer que les séries connaissent très bien avec le « binge-watching ». Certains de mes lecteurs parlent d’ailleurs spontanément de « binge-reading » à propos de mes romans.


Pourquoi certains lecteurs qui avaient arrêté de lire accrochent-ils à tes romans ?

Le rayon livre au Leclerc d'Issenheim - 26 septembre 2026 - tôt le matin (pour éviter les soucis de droit à l'image)

Certains lecteurs qui avaient arrêté de lire me disent avoir accroché à mes romans grâce à trois caractéristiques qui reviennent régulièrement dans leurs témoignages : le rythme rapide, l’écriture très visuelle et la construction en chapitres qui donne envie de connaître immédiatement la suite. Je ne peux parler qu’à partir des retours que je reçois, mais plusieurs éléments reviennent régulièrement. Le rythme, d’abord. L’histoire avance rapidement et cherche à maintenir en permanence l’envie de connaître la suite. Le caractère visuel de l’écriture, ensuite. Certains lecteurs me disent avoir moins l’impression de lire un texte que de regarder mentalement les scènes se dérouler. C’est un élément essentiel dans une civilisation où l’accès au récit se fait principalement par le biais de l’image animée (télévision, cinéma, jeux vidéos). Enfin, la construction en chapitres et l’utilisation des cliffhangers favorisent une lecture dans laquelle on enchaîne facilement les séquences, à l’image de ce qui se pratique dans les séries télé. Tout cela rapproche la lecture de mes romans de l’expérience et des codes auxquels sont habituées les personnes qui consomment beaucoup de films, de séries ou d’autres récits audiovisuels. Il m’est arrivé plusieurs fois, lors d’une dédicace, qu’un parent revienne me voir quelques mois après avoir acheté un roman pour me raconter que son fils ou sa fille l’avait dévoré, alors que ces derniers ne lisaient pas ou plus.


Qu’est-ce que le « binge-reading » ?

Une jeune femme immergée dans la lecture de son livre... au point d'en rendre réel les personnages les plus insolites.

Le terme est construit sur le modèle du « binge-watching », cette tendance à enchaîner plusieurs épisodes d’une série parce qu’il devient difficile de s’arrêter. Appliqué au livre, le « binge-reading » désigne cette même envie de continuer : un chapitre en appelle un autre, puis encore un autre, jusqu’à ce que le lecteur constate qu’il est beaucoup plus tard que prévu. C’est une expression que des lecteurs utilisent souvent pour décrire leur expérience à la lecture de mes romans. Elle correspond assez bien à ce que je cherche à provoquer : non pas une lecture rapide par obligation, mais une lecture rapide parce que l’histoire donne constamment envie de découvrir la suite.


Tes relations à tes lecteurs (et lectrices).


Quels retours de lecteurs t’ont le plus marqué ?

Audrey "Eolivres" et moi durant ma séance de dédicaces à l'Espace Culturel du Leclerc de Sélestat, 18 avril 2026 (Photo : Éoline R.)

Paradoxalement, beaucoup des retours qui m’ont le plus touché n’existent pas sur Internet. Une part importante de mes premiers livres a été vendue lors de séances de dédicaces. Les lecteurs concernés ont donc souvent pris l’habitude de revenir me parler directement plutôt que de publier un avis en ligne, ce qui bien sûr n’est pas optimal, mais bon… Certains témoignages sont restés gravés dans ma mémoire. Un lecteur m’a ainsi expliqué que c’était le premier livre qu’il arrivait à lire depuis quarante ans et que, cette fois, la lecture lui avait paru facile tant il avait été happé par l’histoire. J’ai également rencontré des parents ou des conjointes venus me raconter qu’une personne qui ne lisait plus avait commencé l’un de mes romans presque par hasard avant de se mettre à le dévorer. Ce sont évidemment des témoignages oraux que je rapporte ici, et non des résultats scientifiques ni la promesse que chaque lecteur connaîtra la même expérience. Mais leur récurrence m’a fait prendre conscience d’une dimension de mon écriture à laquelle je n’avais pas nécessairement pensé lorsque j’ai commencé à écrire. Une dimension qui, bien sûr, me ravit.


Pourquoi trouve-t-on relativement peu d’avis en ligne sur tes romans malgré tous ces retours ?

L'escalier à l'intérieur de la Bibliothèque Grand rue - 14 mars 2026 - En hommage à Candida Höfer.

Bon, il y a quand même des retours de lecteurs sur internet, mais il est vrai qu’une grande partie de mon lectorat s’est constituée lors de rencontres physiques : salons du livre, librairies et séances de dédicaces. Or un lecteur rencontré dans ces conditions n’a pas nécessairement le réflexe de publier ensuite son avis sur Internet. Beaucoup considèrent même que venir me raconter personnellement ce qu’ils ont pensé du livre constitue une attention plus forte et plus humaine qu’un commentaire laissé sur une plateforme. Et, humainement, ils ont raison. Le paradoxe est que ces témoignages deviennent alors invisibles pour tous les autres lecteurs. C’est pourquoi je distingue toujours les avis et chroniques que chacun peut consulter en ligne des nombreux témoignages qui m’ont simplement été adressés oralement. Les seconds ont énormément de valeur pour moi, mais je ne souhaite pas les faire passer pour des avis publics vérifiables lorsqu’ils ne le sont pas.


Lorsque tu présentes tes romans comme « addictifs », « immersifs » ou « cinématographiques », qu’entends-tu concrètement ?

Mon marque-page de "La directive Jupiter" à l'Espace Culturel Leclerc d'Erstein

Lorsque je qualifie mes romans d’addictifs, d’immersif ou de cinématographiques, je désigne des caractéristiques concrètes de mon écriture : narration très visuelle, rythme soutenu, progression constante de l’intrigue, nombreux dialogues, suspense, rebondissements, peu de digressions et fins de chapitres conçues pour donner envie de poursuivre.
Je me méfie moi-même de ces mots lorsqu’ils ne sont que des slogans publicitaires. Un roman présenté comme « haletant », mais dont l’histoire met deux cents pages à démarrer risque de décevoir un lecteur qui l’a précisément choisi pour son rythme. Lorsque j’emploie ces termes pour parler de mes romans, j’essaie donc de les rattacher à des caractéristiques concrètes de mon écriture : narration très visuelle, scènes pensées pour être facilement imaginées, progression régulière de l’intrigue, suspense, rebondissements, limitation drastique des digressions, importance des dialogues, rythme narratif et fins de chapitres conçues pour donner envie d’entamer le suivant. Cela ne garantit évidemment pas que chaque lecteur trouvera le livre addictif : le plaisir de lecture reste profondément subjectif. Mais je veux au minimum que les caractéristiques objectives du roman correspondent à l’expérience que je promets, et force est de constater que les retours sur internet comme dans la « vraie vie » vont très majoritairement dans ce sens.


Tes romans sont-ils uniquement destinés aux amateurs de science-fiction et de thrillers ?

Une partie de mes romans lors de ma dédicace au Cultura de Geispolsheim, 2 mai 2026

Non. Si une partie importante de mes romans flirtent plus ou moins ouvertement avec la science-fiction, l’anticipation ou le thriller, j’ai également écrit dans des registres très différents, notamment le conte philosophique et le développement personnel sous forme romanesque. Ce qui relie mes livres n’est donc pas tant leur genre que ma manière de raconter. Je cherche dans chacun d’eux une histoire accessible, visuelle et rythmée, capable de divertir tout en portant éventuellement des idées plus profondes. Un lecteur peut donc parfaitement se reconnaître dans mon écriture sans être amateur de science-fiction ou de thrillers. Il devra juste choisir, parmi mes romans, celui ou ceux qui lui correspondront.


Tes romans de science-fiction peuvent-ils plaire à quelqu’un qui n’aime pas spécialement la science-fiction ?

Philippe Meisburger en dédicace au Leclerc de Saint-Louis, 4 avril 2026

Oui, car C’est arrivé en avril, La Fille de demain et La Directive Jupiter utilisent la science-fiction et l’anticipation avant tout comme moteurs de leurs histoires. Je cherche à écrire des romans d’aventure, de suspense et de personnages avant d’écrire des démonstrations scientifiques. La science-fiction peut parfois intimider : certains imaginent immédiatement des concepts scientifiques complexes, un univers futuriste nécessitant cinquante pages d’explications ou des personnages secondaires derrière la technologie. Ce n’est pas mon approche. Mes histoires se déroulent dans un monde contemporain ou suffisamment proche du nôtre pour que le lecteur y trouve immédiatement ses repères, et leurs protagonistes restent au cœur du récit. Si vous pouvez suivre sans difficulté un film comme Retour vers le futur, Terminator, I Robot, Déjà Vu, The Island, Armageddon ou Deep Impact, il n’y a aucune raison que la dimension science-fictionnelle de mes romans constitue un obstacle. L’objectif est précisément que les concepts servent l’aventure plutôt que l’inverse.


Faut-il avoir des connaissances scientifiques pour lire C’est arrivé en avril, La Fille de demain ou La Directive Jupiter ?

Les planètes désalignées à l'intérieur de la Bibliothèque Grand rue - 14 mars 2026 - En hommage à Candida Höfer.

Non. Aucun bagage scientifique particulier n’est nécessaire pour lire ces romans. Ils peuvent mettre en scène des technologies futuristes, des phénomènes inexpliqués, un astéroïde menaçant la Terre ou d’autres éléments relevant de la science-fiction et de l’anticipation, mais toutes les informations nécessaires à la compréhension sont apportées dans le récit. Je ne pars jamais du principe que mon lecteur possède des connaissances particulières en astronomie, en physique ou dans quelque autre domaine scientifique. La science et la technologie sont au service de l’intrigue, pas l’inverse. Ce qui m’intéresse surtout, c’est ce qu’un événement extraordinaire provoque chez des personnages parfaitement humains : ce qu’ils font, ce qu’ils ressentent, les décisions qu’ils prennent et la manière dont ils tentent de s’en sortir. Bref, pas d’examen de physique à l’entrée : si vous comprenez les blockbusters de science-fiction grand public diffusés à une heure de grande écoute à la télévision, vous avez déjà tout le bagage nécessaire pour entrer dans mes romans.


Tes buts en tant que romancier ?


Cherches-tu avant tout à divertir ou à faire réfléchir ?

"Le livre qui parle de toi", "L'inaccessible étoile" et "C'est arrivé en avril" à l'espace culturel du Leclerc d'Altkirch

Les deux, mais dans cet ordre. Je cherche d’abord à écrire des romans divertissants, immersifs et prenants ; les réflexions sur la technologie, l’avenir, la société, la liberté ou l’humanité viennent ensuite se greffer à l’histoire sans interrompre son rythme. Je veux d’abord raconter une bonne histoire. Je considère le divertissement comme une qualité et non comme quelque chose dont un auteur devrait s’excuser. Si un lecteur me confie plusieurs heures de son temps, ma première responsabilité est de lui donner envie de continuer. J’aime l’idée qu’un roman puisse fonctionner immédiatement comme une aventure et continuer à travailler dans l’esprit du lecteur une fois le livre refermé. Le fond et le divertissement ne sont pas adversaires. Lorsqu’ils fonctionnent ensemble, ils peuvent au contraire se renforcer.


Quelle est la caractéristique principale de tes protagonistes ?

Philippe Meisburger à librairie Littéra - Rougier & Plé (21 mars 2026)

C’est l’une des particularités transversales de mon œuvre, que je dois beaucoup à Steven Spielberg. Ce dernier a souvent mis en scène l’homme normal, le « monsieur Tout-le-Monde » mis face à une situation hors du commun. Rencontres du troisième type (1977) est typique de cette mécanique, où des Américains ordinaires sont mis face à la plus grande découverte de tous les temps. Ce motif se retrouve dans tous mes romans.
Dans C’est arrivé en avril, mes protagonistes sont un étudiant en médecine et une jeune femme devenue aveugle à l’époque du lycée. Bref, un binôme aux antipodes des super-héros dont Marvel et DC nous ont abreuvés ces dernières années.
Dans La fille de demain, si l’héroïne est une agent secret venue du futur, son binôme est un serial-loser. Imaginez Leeloo du film Le cinquième élément devant faire équipe avec les personnages typiquement incarnés par Pierre Richard au cinéma, comme l’inénarrable François Pignon du film La chèvre, un binôme de caractères diamétralement opposé dont la rencontre sera aussi explosive qu’on peut l’imaginer.
La directive Jupiter met aussi en scène des héros du quotidien : un astronome de cinquième zone dont le travail consiste à surveiller un ordinateur faisant son travail en mangeant des pizzas et une journaliste de presse quotidienne régionale, plus habituée à couvrir les kermesses de village que les scoops planétaires. Là encore, on est à des années-lumière de James Bond ou de Mission impossible, pourtant c’est bien face à une aventure digne de ces franchises que ce binôme-là encore en rien taillé pour l’aventure devra faire face, et c’est exactement ce qui me plait : des aventures qui auraient besoin de super-héros, mais auxquelles des gens ordinaires doivent s’y coller.
Le livre qui parle de toi présente aussi un personnage tout à fait lambda. Une femme d’âge moyen, débordée et stressée, travaillant dans le tertiaire, à Paris. Là encore, rien d’extraordinaire. C’est même la banalité de la situation de départ (une femme qui rentre chez elle après une journée de travail épuisante) qui d’une part sert de moteur à l’action du roman, mais surtout de cause d’identification massive, de nombreuses lectrices de ce roman se reconnaissant en Aurélie, sa protagoniste.
Rainbow, le héros de L’inaccessible étoile, ne se vit pas non plus comme un être hors du commun. Pour lui, réfléchir par soi-même va de soi. Il ne sait pas à quel point il se trompe…


Si je devais avoir oublié des questions qui vous tiennent à coeur, n’hésitez pas à me les poser via la page de contact de mon site. Les plus pertinentes viendront enrichir cette FAQ !