Dédicace au Cora de Dorlisheim – 2 mars 2024 : Botter le cul aux idées reçues !

2 mars 2024. À force, vous connaissez la rengaine : Un samedi, une dédicace… qui cette fois aura lieu au Cora de Dorlisheim, petite ville en banlieue ouest de Strasbourg, juste à côté de Molsheim, patrie des voitures Bugatti.

Pourtant ce n’est pas à bord de ce véhicule que j’arriverai. C’est une modeste Modus familiale que j’ai réussi à squatter qui me mène en ces lieux et me dépose sur le parking du Cora sur les coups de 9h30, avec mes 20 kilos de livres et de matériel sur le dos, et mon Dieu que c’est lourd ! Si pour le retour en train de ce soir je ne veux pas me taper le voyage en mode forçat, j’ai qu’à me délester d’une partie de mes bouquins… en leur trouvant leurs futurs lecteurs, par exemple…

Bref, j’arrive chargé comme une mule, me présente au magasin et découvre que l’espace livres est à l’intérieur. Heureusement que Maryline, mon contact du jour, vient à ma rencontre, et me sert de sauf-conduit auprès du vigile à l’entrée. Grâce à elle, je rentre sans encombre à l’intérieur du magasin malgré mon sac chargé à raz-bord, et que j’atteins enfin le lieu de ma dédicace, que les équipes du Cora ont déjà fort bien préparé.

La suite du programme, vous la connaissez à présent : photo officielle réalisée par Maryline, mise en ligne de l’image sur les réseaux sociaux, et hop, la dédicace est lancée ! Et moi vous me connaissez à force : quand je me lance, je me lance ! Armé de mes marque-pages, j’aborde un client, un second, un troisième, et enfin ça mord ! Cinq minutes après installation, déjà première dédicace ! Et vlan, un premier « Livre qui parle de toi » entre les mains d’Élisa !

Très vite, d’autres ventes suivent. Quentin, Élodie, Laurianne, Sylvie, Gwendoline et Carole viennent faire la connaissance de Karine et Vincent, sur les routes de mon mystérieux « C’est arrivé en avril », Maria, Françoise, Nicolas et Katia repartent aux côtés d’Aurélie dans leur exemplaire du « Livre qui parle de toi », tandis que Jeanne et Irène vont ouvrir leurs ailes aux côtés de Rainbow et de son « Inaccessible étoile »… non mais ho, pourquoi si peu de monde pour mon oiseau ? Il pue d’la gueule ? Mais bon, attendez, il se peut que mon piaf vous réserve encore des surprises…

Durant cette matinée, j’ai une longue conversation avec l’une de mes futures lectrices, avec qui nous échangeons sur pas mal de choses, dont cette ode à la liberté, à la joie, à la tolérance et au bonheur que furent les années Covid, qui sont aussi mal passées chez moi que chez elle…

Bilan des courses à 12h30, juste avant le déjeuner : 2 « Inaccessible étoiles » de vendues, 5 « Livre qui parle de toi », et 6 « C’est arrivé en avril », soit treize romans d’écoulés, et un tropisme local très orienté SF et thrillers.

Alors que je m’apprête déjà à me diriger vers la cafétéria où, en tant qu’auteur en dédicace j’ai droit à un bon pour un repas, une dame répondant au nom de Catherine s’approche de moi. Elle me prend très vite « Le livre qui parle de toi », et me demande ce que deviennent les éventuels invendus. C’est là que je lui explique que le magasin les gardera un temps, avant que les invendus ne soient retournés au distributeur, pour être mis au pilon. « Au pilon ? » qu’elle s’étonne. Alors je lui explique cette pratique barbare qui consiste à réduire en pâte à papier nos romans invendus, qui jamais ne trouveront d’yeux pour se poser sur leurs pages. Terrifiée à l’idée du sort que le destin réserve à ces pauvres amis de papier, elle décide de faire un strike, ajoutant un exemplaire de « C’est arrivé en avril » qu’elle offrira son mari Alain, ainsi que d’une « Inaccessible étoile » qu’elle offrira à une amie, dont le nom restera à jamais mystérieux.

Mais comme cette explication a pris un petit moment, cela a généré un petit attroupement devant mon stand et parmi les gens qui ont écouté mes explications, Claudine tombera à son tour sous le charme de mon oiseau inventeur, et fait l’acquisition de son exemplaire des aventures de Rainbow, que je lui dédicace avec plaisir. Et voilà comment, en reportant de quelques minutes ma pause déjeuner, j’ai doublé mes ventes de « L’inaccessible étoile » !

Après ces dernières dédicaces, cette fois pour de bon, je file à la cafet’ manger un bout… sauf que l’endroit est bondé, et que si je ne réagis pas, je vais perdre deux heures de dédicace ! Ni une ni deux, je renonce au bon ragoût qui m’attendait au cas où j’acceptais de faire la queue pour me rabattre sur deux sandwichs, que je ramène aussitôt à ma table de dédicace. J’aurai donc pris cinq minutes de pause, et hop, déjà ça repart, avec un objectif clair : Rainbow est en mission remontada !

Aussitôt de retour, les dédicaces reprennent. Au Cora de Dorlisheim, tu oublies le creux de midi : il n’existe pas ! Très vite, Mégane et Pinar sont séduites par les aventures d’Aurélie et de son « Livre qui parle de toi », que je leur dédicace avec bonheur, même si pour la remontada, Rainbow attendra. Véronique, Déborah, Fabien et Aurore suivront, eux aussi séduit.e.s par les aventures d’Auré’ et de son mystérieux livre, tandis que Larisa et Didier, un couple fort sympathique, me délestent du dernier « C’est arrivé en avril » restant. Grâce à leur achat, je viens de vider la lourde caisse qui encombrait mon sac le matin ! Je pourrai donc voyager léger ce soir, yes !

Mais attendez… OK, m’être débarrassé de tous mes « Livre qui parle de toi » et de mes « C’est arrivé en avril », c’est bien… mais était-ce vraiment l’objectif premier ? N’avais-je pas un Rainbow à faire s’envoler ? La remontada tout ça tout ça, c’était mission impossible ? Ben… non !

Car parallèlement, Rainbow est passé en mode turbo ! Tu voulais de la remontada, en voilà ! Durant cette seule après-midi, Rainbow et son « Inaccessible étoile » séduisent tour à tour Pascal, Séverine, Anne, Pierre, Bernadette, Valérie, Daniel, Sarah, Corinne, Régine et Roger, qui, alors que je leur présente mon roman, s’étonnent que ce dernier ne soit pas encore célèbre, tant à leurs yeux son sujet est original, vivifiant, et même d’utilité publique en ces temps de populisme ambiant. Je leur explique alors qu’il existe deux catégories d’auteurs : ceux qui ont droit à une promotion médiatique massive, et les autres… la différence ? Il n’y en a pas. Les deux écrivent de bons livres, sauf que les premiers, on leur donne un levier pour se faire connaître, et ainsi vendre. Nuance capitale. « Donnez-moi un levier et je soulèverai la Terre » disait Archimède. Nous autres auteurs boudés par les grands médias avons la même mission, mais à la force de nos seuls bras. Nous sommes donc dans l’Archim*rde… Bah oui, forcément, sans promo, on y arrive moins bien, malgré la qualité de nos contenus…

Une de mes futures lectrices se rend alors compte que le narratif dominant sur la « valeur travail » qui « paie toujours quand on se donne », c’est du flan. Merci Madame, vous venez d’ouvrir les yeux ! Eh oui, il est des activités où même en se donnant à fond, on peut réussir… un peu. Mais sans le levier médiatique massif, arriver à vivre de ses écrits, aussi bons soient-ils, c’est mission impossible. « Mais je vous vois faire, vous êtes sympathique, vendeur, efficace… pourquoi n’auriez-vous pas le droit de gagner votre vie avec vos écrits, qui en plus semblent très intéressants ? » qu’elle s’étonne, presque révoltée, jurant « d’écrire à Frédéric Lopez pour qu’il me prenne dans son émission ! » Moi, je dis chiche ! J’aime bien passer des dimanches à la campagne ! Et sinon, votez aussi pour un candidat acceptant de soutenir des gens comme moi la prochaine fois… tous ceux qui gagnent insuffisamment leur vie ne passent pas tous leurs journées à glander devant Netflix, à bon entendeur…

Dans un registre un peu moins polémique, citons aussi la merveilleuse rencontre avec une jeune future auteure – bienvenue à galèreland, chère future consœur ! – qui, outre d’avoir l’un des plus éclatants sourires que je n’ai vus depuis bien longtemps, m’a demandé de nombreux conseils, que je lui ai prodigués avec bonheur. Voilà aussi des rencontres qui reboostent, surtout qu’elle aussi m’a pris un exemplaire de mon étoile !

Puis arrive l’heure de dresser le bilan de la journée. Sur les coups de 17h10, Maryline revient me voir et découvre ma table de dédicaces presque vide : des dix-huit « Inaccessible étoiles » présents ce matin n’en restent que trois, quant aux autres romans, ils ont tout simplement trouvés de nouveaux propriétaires ! Là, les grands yeux stupéfaits de Maryline valent tous les discours du monde. Ensemble, nous établissons alors les comptes : Huit exemplaires de « C’est arrivé en avril », Douze « Livre qui parle de toi » et Quinze « Inaccessible étoile » de vendus… quinze ? Non ! Car alors que nous sommes en plein dans les chiffres, une dame m’aborde, regarde le livre, je lui pitche en direct live sous les yeux de Maryline, et paf ! La future lectrice craque ! Ainsi sur le fil, Mervé prend possession de « L’inaccessible étoile » que je lui dédicace avec bonheur. Quant à Maryline, elle devra changer le chiffre devant les ventes de mon étoile. Ce ne seront pas quinze mais seize volumes des aventures de Rainbow qui auront trouvé leurs lecteurs en ce jour au Cora de Dorlisheim ! Yes !

C’est sur ce que je prends congé de Maryline et que je quitte le Cora, le coeur et le sac légers, dégustant le second sandwich acheté à midi sur le chemin de la gare de Molsheim, sous un ciel annonciateur d’orage, comme les photos illustrant la fin de ce compte-rendu en attestent. De Molsheim, cap sur Starsbourg, puis hop, une bonne heure vingt de train plus tard, back to the casa !

C’est donc sur les coups de 20h que j’arrive chez moi, ravi de cette journée mémorable…

Merci donc à Quentin, Élodie, Laurianne, Sylvie, Gwendoline, Carole, Alain et le couple Larisa / Didier pour vos achats de « C’est arrivé en avril », Élisa, Maria, Françoise, Nicolas, Katia, Catherine, Mégane, Pinar, Véronique, Déborah, Fabien et Aurore pour vos acquisitions du « Livre qui parle de toi », et bien sûr Jeanne, Irène, la lectrice mystère, Claudine, Pascal, Séverine, Anne, Pierre, Bernadette, Valérie, Daniel, Sarah, Corinne, Régine, Roger et Mervé pour votre envol aux côtés de Rainbow dans « L’inaccessible étoile ».

Un grand merci donc à Maryline, Jennifer, et toute l’équipe du Cora de Dorlisheim pour leur merveilleux accueil, qui m’ont permis de vivre cette magnifique journée.

À la semaine prochaine pour de nouvelles aventures ! 🙂