En résumé :
Une très belle moisson de dédicaces à l’Espace culturel du Leclerc de Sélestat (Bas-Rhin), avec quelques vraies surprises quant au classement des romans les mieux vendus, avec un ancêtre qui fait un come-back remarqué et une nette différence entre le public du matin et celui de l’après-midi.
Que disent nos amis les chiffres ? :
À celles et ceux d’entre vous qui ont une âme de comptable, voici le résultat chiffré des ventes du jour, à l’occasion de ma séance de dédicace à l’Espace Culturel Leclerc de Sélestat :
- Le livre qui parle de toi [feel good / changement de vie] → 12 exemplaires vendus [Ce livre sur Amazon]
- C’est arrivé en avril [Science-fiction] → 6 exemplaires vendus [Ce livre sur Amazon]
- La directive Jupiter [Thriller d’anticipation] → 5 exemplaires vendus [Ce livre sur Amazon]
- La fille de demain [Thriller d’anticipation] → 5 exemplaires vendus [Ce livre sur Amazon]
- L’inaccessible étoile [Conte philosophique] → 3 exemplaires vendus [Ce livre sur Amazon]
Total : 31 livres vendus.

Baba Ormuz et les quarante auteurs.
9h20. J’arrive avec un peu d’avance à l’Espace culturel du Leclerc de Sélestat, un caddie plein de romans prêts à trouver leur public. Je prends immédiatement contact avec les équipes sur place, au sein desquelles j’ai le plaisir de retrouver Christine et Cédric. Eux aussi sont ravis de me retrouver, mais cependant ils me confient ce que nombre de leurs homologues me disent depuis quelques semaines : depuis que la géopolitique est devenue rock’n’roll du côté des pays où ils ont à la fois du pétrole et des idées, les gens anticipent des lendemains qui déchantent et la première victime est le budget divertissements…
La gorge serrée, je m’installe. Mise en place des romans : OK. Marque-pages dégainés. Photo officielle réalisée et postée sur les réseaux sociaux. Me voici donc prêt à passer à l’action. Baba Ormuz, je relève le défi de vendre malgré votre petit jeu de bataille navale en mode duel au soleil !
Ratatouille de Jupiter.
Très vite, à peine quelques minutes après m’être installé, Jennifer est intriguée par la boule de feu fendant l’espace sur la couverture de La directive Jupiter. Je lui pitche le roman, elle en a des étoiles dans les yeux, et une dédicace après, elle file avec les aventures d’Amber et Vincent sous les bras. Tout s’annonce donc sous les meilleurs auspices pour La directive, d’autant qu’à peine quelque minutes plus tard, ce sera au tour du jeune Cilio de craques sur ces mêmes aventures. A priori, La directive Jupiter semble partie pour dominer Sélestat.
Sauf que les premières tendances sont rarement les bonnes.
Si La directive Jupiter s’est montrée hégémonique en ce début de séance de dédicace, son éclat va vite pâlir vu que… je n’en vendrai plus de la matinée. Anna et Gina-Maria craqueront sur la cavale survitaminée de La fille de demain tandis que deux jeunes Robin(s) se laisseront séduire par la couverture rouge et le pitch prometteur de C’est arrivé en avril. L’inaccessible étoile séduira quant à lui Valérie, Viviane et Laurent, qui devra son achat à une discussion que nous avons eu autour du film Ratatouille… merci Pixar !
La qualité compense la quantité.
Mais dès ce matin, une certaine Aurélie et son Livre qui parle de toi prennent la tête en séduisant tour à tour Maud, Isabelle, Sandra et Nadia, dont les yeux brillent alors que je leur déroule le pitch de ce roman qui reste mon atout maître auprès des jeunes femmes.
Bref une matinée où mes pitchs ont bien fonctionné, déclenchant fréquemment l’envie de lire mes romans, mais une matinée où le public s’est, en effet, montré plus rare que lors de mes précédents passages en ces lieux. Pourquoi ? Exactement ce que m’ont dit les responsables des lieux : la peur des lendemains qui déchantent.
Si la qualité du public du matin a compensé la baisse quantitative, la question demeure posée : en sera-t-il de même l’après-midi ? En effet depuis quelques séances de dédicace je remarque une différence nette entre les publics du matin – moins nombreux mais très ouvert aux achats impulsifs – et un public de l’après-midi plus familial, qui encore davantage a appris à compter, surtout alors que le temps des tempêtes s’annonce au pays du pouvoir d’achat… Ormuz, Ormuz, ne me plonge pas dans la lose !
Audrey et les heures de midi.
Puis, peu avant les heures de midi, arrive Audrey, bookstagrammeuse de son état (@eolivres). Elle m’avait découvert en janvier 2023 lors de mon premier passage au Leclerc de Sélestat, et depuis nous nous suivons sur les réseaux sociaux. Sans surprise, elle craque sur ma Directive Jupiter, et après avoir bien papoté, nous faisons quelques photos ensemble, cadrées avec talent par sa fille Eoline. Une rencontre toujours sympathique avec une jeune femme que j’aime retrouver lors de mes différentes dédicaces.
Alors qu’Audrey quitte ma table, arrivent les heures de midi. Comme je le constate de plus en plus, si ce sont souvent les heures les plus creuses au niveau quantitatif, ce sont souvent celles où j’y rencontre les gens les plus ouverts aux achats impulsifs, et Sélestat n’y fera pas exception. En une heure, je vends La fille de demain à Morane et Magali, Le livre qui parle de toi à Emeline, tandis que Yasmine sauvera le monde dans La Directive Jupiter. Merci mesdames !

Nos amis de la Presse.
Sur les coups de 13h30, alors que je termine ma baguette entre deux lectrices. Entre alors un homme. Ce dernier semble me connaître. Pas moi. C’est alors qu’il se présente : il est journaliste aux Dernières Nouvelles d’Alsace, le journal majoritaire dans la région de Sélestat. C’est à lui que je dois l’article qui a annoncé ma dédicace dans le journal local. Je l’en remercie bien sûr, puis nous discutons de nombreux sujets autour du livre, du journalisme, et surtout je lui parle de ma dédicace de samedi prochain à l’Espace Culturel Leclerc d’Erstein. Qui sait, aurais-je droit à une couverture presse sur l’événement ? L’avenir me le dira…
L’équipe de l’après-midi.
Alors que ce sympathique journaliste me quitte, une partie de l’équipe du Leclerc passe elle aussi le relai à ses homologues de l’après-midi. Exit Cédric qui a droit à son week-end bien mérité, bienvenue Christelle qui en cet après-midi le remplace.
Au cours de l’après-midi, alors qu’elle s’affaire avec sa collègue Christine à empiler des boîtes de jeu, nous en profitons pour discuter un peu. Je leur révèle un secret bien gardé de mes romans : dans les notes et remerciements figurant à la fin de ces derniers, elles sont citées. Elles n’en reviennent pas ! « C’est la première fois qu’un auteur nous remercie ! » qu’elles s’exclament, ravies que quelqu’un ait pensé à elles et à les mettre à l’honneur.
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Le public de l’après-midi.
Mais le changement d’équipe ne sera pas l’unique changement que cet après-midi m’apportera. En effet, avec l’après-midi arrive aussi le public de l’après-midi. Un public plus familial, plus terre à terre, et autant le dire, moins aligné avec mes romans, qu’ils jugent souvent pas assez « les pieds sur Terre ».
Oh, les pieds sur Terre, mes romans les ont. Ils vous parlent bien du monde réel, fût-ce à travers la fiction. C’est juste qu’ils ne parlent pas du quotidien tel que beaucoup le perçoivent. L’Espace n’est depuis longtemps plus le domaine de la science-fiction, et ce que les chaînes d’information en continu présentent ressemblent de plus en plus à un mélange entre James Bond et Terminator. Entre les drones ukrainiens pilotés par IA qui capturent des soldats russes et les pilotes américains sauvés par la CIA qui les repèrent grâce au son des battements de leur cœur, vous n’avez pas l’impression que l’info de nos jours ressemble aux scènes les plus folles des blockbusters d’Hollywood ?
D’autres raisons ?
Mais attends… James Bond, les blockbusters d’Hollywood, n’est-ce pas ce qui en général réunit le public familial ? Si ce n’était pas le cas, ce ne serait pas le genre de productions que TF1 diffuse à 21h chaque dimanche, ou bien ? Alors pourquoi ce désamour ? Faut-il y voir une différence fondamentale entre le public des livres et ceux des films ? Voilà de quoi nourrir mes réflexions dans les futurs posts de mon blog.
Il y a cependant aussi une autre raison qui explique ce désamour. Car parmi les gens ayant refusé mes romans, certains avaient pourtant accroché. Après quatre ans de dédicaces, on apprend à distinguer entre désintérêt réel et désintérêt feint, et plusieurs fois durant l’après-midi, je ferai face à un désintérêt feint… voire un intérêt assumé, mais qui ne se concrétisera pourtant pas. « Je vais réfléchir » que me disent alors ces personnes pourtant intéressées. Ne soyons pas dupes : nombre d’entre eux ont alors réfléchi à ce qu’il leur reste à la fin du mois, une fois les ravages de l’inflation passés par là…
Enchaîner les vents.
Du coup, même si le public est plus massif que jamais, mon taux de succès avec mes pitchs s’effondre. Au début, j’essaie encore de pitcher La directive Jupiter, mais à Sélestat, ce roman peinera à trouver son public : seule Magali craquera encore. Les autres ? Les autres sont effrayés par sa couverture présentant la Terre vue de l’espace, et surtout cet astéroïde menaçant qui fait écho aux menaces qui pèsent sur nos vies.
La fille de demain, bien que clairement plus SF mais faisant moins écho avec l’actualité, et mettant en scène une menace (a priori) moins globale, trouve par contre preneuse en les personnes d’une seconde Magali et de Sara. Il en sera de même pour C’est arrivé en avril, au positionnement résolument dans l’imaginaire, entre SF et fantastique, qui séduira les rares lecteurs de ce genre, cependant ravis de rencontrer un auteur de SF en chair et en os. Cela propulsera le plus ancien de mes bébés à la médaille d’argent du podium du jour, séduisant tour à tour Alexandra, Émérence, Jean-Noël et Léo. Un vrai tour de force.
Parmi ces ventes, citons deux belles histoires. D’abord celui d’une jeune femme n’ayant pas osé m’aborder. Ce sera finalement son père qui le fera à sa place, et qui finira par rassurer ma fille de venir me parler. Une autre vente, je la devrai à un pitch inabouti auprès d’une jeune femme disant ne pas aimer lire. Elle présentera notamment mon roman à sa sœur « qui adore le fantastique ». Sa sœur craque, mais ne remarque même pas que je suis présent ! Quand elle découvrira que je suis dans la place, elle sera bien sûr ravie d’avoir ma dédicace.

Le livre qui parle aux gens qui n’ont pas de préférences.
Un autre élément qui déstabilise nombre de mes lecteurs potentiels, est ma versatilité. En effet, en dix ans d’écriture j’ai donné autant dans le feel good de développement personnel que dans le conte philosophique, alors que le techno-thriller est mon ADN. Pas facile du coup de me mettre dans une case, ce qui est quand même notre sport national.
Du coup, plusieurs lecteurs potentiels m’ont détourné le dos ayant été rebutés par l’une de mes couvertures, pensant que du coup tous mes autres romans étaient dans la même veine. Erreur fatale me concernant. D’autres, incapables d’identifier une préférence pour un genre où un autre rendent mon travail difficile : n’ayant pas de style de prédilection, quel roman leur présenter ?
Devant la faiblesse de mes ventes de l’après-midi, je prends donc une décision : face à ceux qui n’afficheront aucune préférence particulière, ce sera Le livre qui parle de toi pour les femmes, et La directive Jupiter pour les hommes. Sexiste ? Oui. Mais davantage encore réaliste. Seul hic : eut-il encore fallu que 95 % des hommes ne m’avouent pas d’emblée « ne pas lire ».
Résultat des courses : je n’ai pu mettre ma stratégie à exécution qu’auprès du lectorat féminin. Aux indécises, je m’emparais alors d’un exemplaire du Livre qui parle de toi que je leur pitchais à ma sauce. Grâce à cette astuce, mes ventes repartent, séduisant tour à tour Kenza, Sandra, Aude, Stella, Christine, Elena et Florence ! Comme quoi, les préjugés peuvent avoir du bon…
Prendre date.
Arrive alors l’heure de la fin de ma dédicace. Comme convenu, je vais faire le point avec Christine, la responsable du pôle librairie de l’Espace culturel. Elle semble ravie de mon résultat, et surtout de mon attitude proactive, les deux étant à ses yeux (et aux miens) clairement liés. D’ailleurs, en fin de dédicace, elle me réserve une surprise : une bonne bouteille de Bordeaux Saint-Émilion, qui sera encore dégustée avec des amis le soir même (les bonnes choses n’attendent pas). Merci Madame !
Mais ce ne sera pas l’unique bonne surprise que cette fin de journée me réservera : outre le fait que tous les livres sont parfaitement passés en caisse, j’ai droit à une invitation à venir dédicacer à nouveau « en fin d’année ». La proposition est bien sûr plus que notée…

Bilan des courses ?
Un grand merci donc à Valérie, Viviane et Laurent qui suivront la quête de Rainbow dans L’inaccessible étoile, à Anna, Gina-Maria, Magali, Morane et Sara qui prendront la poudre d’escampette aux côtes de Caillean et Vincent dans La fille de demain.Merci aussi à Audrey, Jennifer, Magali Yasmine et Cilioqui sauveront le monde dans La directive Jupiter, à Alexandra, Émérence, Jean-Noël, Léo et Robin (x2) qui partiront sur les routes aux côtés de Karine et Vincent dans C’est arrivé en avril, et enfin à Aude, Christine, Elena, Émeline, Florence, Isabelle, Kenza, Maud, Nadia, Sandra (x2) et Stella, qui résoudront l’énigme du Livre qui parle de toi
À noter un sex-ratio assez hallucinant de 6 lecteurs contre 25 lectrices, ces dernières ayant été hégémoniques sur La fille de demain et Le livre qui parle de toi. Messieurs, qu’attendez-vous pour lire ?
En chiffres, cela nous donne 3 L’inaccessible étoile, 5 La fille de demain, 5 La directive Jupiter, 6 C’est arrivé en avril et 12 Le livre qui parle de toi, soit un total de 31 livres vendus, ce qui est à peine en dessous de mon score de l’an dernier (34 ventes)
Grâce à cette séance de dédicace au Leclerc de Sélestat, mon total de ventes atteint désormais 246 livres vendus en dédicace depuis le début de mon « Jupitour »… et petit scoop : dès samedi prochain, l’aventure continue à l’Espace culturel du Leclerc d’Erstein !
Et l’étude de marché dans tout ça ?
Comme je le fais de puis plusieurs semaines, quand mon offre ne rencontre pas la demande, je le note aussi. Résultat des courses : contrairement aux dernières dédicaces, le genre le plus demandé a rebasculé sur le roman policier (12 demandes), preuve que si La directive Jupiter ou La fille de demain peuvent séduire le lectorat de thrillers, ceux des polars plus classiques restent hermétiques à ces romans.
En seconde position, avec six demandes non assouvies, nous trouvons encore et toujours la romance. Trois de ces lectrices ont clairement précisé de la dark romance, et ont aussi convenu que ce genre littéraire écrit par un homme serait… étrange. Du coup, je n’y toucherai pas.
En queue de peloton des demandes non assouvies, nous avons deux lecteurs souhaitant des livres historiques, deux souhaitant des « histoires vraies » (les deux pouvant d’ailleurs se conjuguer), et une demande pour des autobiographies… comme quoi, il y aurait des gens qui seraient prêts à payer pour m’entendre raconter ma vie ?
À bientôt !
Merci donc à vous, lectrices (surtout) et lecteurs (un peu) qui vous êtes emparés de mes romans, et surtout un immense merci à Christelle, Christine, Cédric et toute l’équipe du Leclerc de Sélestat pour m’avoir ouvert vos portes et permis de venir dédicacer mes romans entre vos murs !
À bientôt pour de nouvelles aventures… peut-être dès cet automne !
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