Dédicace au Leclerc d’Erstein, 17 février 2024 : Ceux qui m’aiment prendront le train… (ou pas !)

17 février 2024. Si l’air est doux, le ciel d’un gris uniforme déverse son crachin sur le sud du Haut-Rhin, où je m’apprête à prendre la route pour Erstein, capitale du sucre de betterave, et faubourg sud de l’agglomération strasbourgeoise…

Mais attendez… pourquoi dis-je que je prends la route ? Cette semaine en effet, pas de voyage en train, à cause de la grève des contrôleurs. J’ai donc du faire appel au plan B qui a échoué, me rabattre sur le plan C qui n’était pas disponible, le plan D guère plus… heureusement que le plan E a fonctionné, et c’est donc sur les coups de 8h40 que nous nous engageons sur l’autoroute, direction le Bas-Rhin où je suis attendu avec mes romans… car oui désormais, à part pour « L’inaccessible étoile » (M+ Éditions), je devrai assurer moi-même la logistique de mes autres écrits, même celle du « Livre qui parle de toi ». Pourquoi ? Disons que la chaîne du livre a certaines spécificités qu’il est bon de connaître…

Arrivés à la hauteur de Sélestat, soudain le ciel s’éclaire. Au crachin irlandais qui avait accompagné notre départ se substitue un généreux soleil, sous un ciel azuréen. Pour toute personne normale, ceci est un bon présage. Pas pour un romancier, car comme le dit l’adage : « la pluie est l’amie de la librairie », et visiblement aujourd’hui, cette amie ne sera pas au rendez-vous…

Point positif cependant : ce soleil me permet de réaliser un selfie plus engageant devant le magasin, une fois que nous arrivons sur place, découvrant la très charmante petite ville d’Erstein. Pour le reste, je suis surpris de découvrir un Espace culturel Leclerc non adossé à un hypermarché, comme le furent tous ses pairs ou j’avais dédicacé jusqu’alors. Je ne bénéficierai donc pas des achats impulsifs de clients venus effectuer leurs courses alimentaires, mais au moins ne serai-je pas le « fou qui croit qu’on va lire ses bouquins », comme je le lis trop souvent dans les yeux de mes interlocuteurs lors de certaines dédicaces. Par contre, en en poussant les portes, je découvre un lieu immense, dédié aux livres sous toutes ses formes, mais aussi aux films ainsi qu’à la désormais omniprésente téléphonie mobile.

Très vite, cette dernière entrera en jeu même me concernant. Après m’être présenté à la sympathique équipe qui gère les lieux, j’organise ma table de dédicace, m’installe sur le très confortable fauteuil mis à ma disposition et j’attrape au vol une cliente qui se dévoue pour réaliser le cliché officiel annonçant ma présence sur place. Clic-clac, c’est dans la boîte, et c’est aussitôt sur les réseaux sociaux ! Erstein, here we go, que la dédicace commence !

Seul problème : l’espace culturel est pour l’instant une gigantesque cathédrale de la culture, auquel il ne manque que… les clients. « Il y aura plus de monde l’après-midi » que me dit Christophe, le responsable du magasin, mais pour l’heure, il faudra faire avec un public épars. Mais qu’importe la quantité : si la qualité est au rendez-vous, ça peut le faire. D’ailleurs très vite, ça va le faire. Un exemplaire de « L’inaccessible étoile » part entre les mains d’Agnès, tandis que trois exemplaires du « livre qui parle de toi » (dont un poche) vont trouver leurs lecteurs en les personnes de Manon, d’Olivier, et d’une lectrice mystère… à noter : aucune vente pour mon « c’est arrivé en avril », alors qu’il a moins d’un mois, lors de ma dédicace à la FNAC de Mulhouse, tout le monde me demandait de la science-fiction. Pire : certains prennent peur du livre, dont le caractère post-apocalyptique résonne furieusement avec les bruits de bottes venus du froid, qui à nouveau font trembler l’Europe. Quand un monde où l’urgence devrait être écologique n’a plus d’autre choix que de mettre la production de munitions au sommet de ses priorités, autant dire que non seulement la fin du monde se dresse droit devant nous, mais qu’en plus on appuie sur le champignon, à tous les sens du terme…

La matinée s’achève donc sur ces quatre uniques ventes, soit… l’un de mes plus mauvais scores en une année ! Mais comme m’a dit le directeur du magasin, le public de cet espace culturel préfère les après-midi, donc rien n’est perdu !

Durant les heures de midi, après le calme du matin, arrive le glacis de la mi-journée. Pas un chat dans les rayons du temple de la culture. J’en profite pour avaler la traditionnelle ficelle de pain qui accompagne toutes mes séances de dédicace, ainsi que pour réaliser la majorité des clichés qui illustrent la version audio de ce texte.

Puis vers 14h, une personne arrive, puis une seconde, puis une troisième, puis une famille : tant mieux, la chasse peut reprendre. Armé de mes marque-pages, je chasse. Objectif : que tous les clients du magasin découvrent au moins mes romans. Beaucoup se contenteront d’ailleurs de les prendre en photo pour « se renseigner » mais parfois, la discussion va plus loin et là… l’objectif est souvent atteint, et autant dire que l’après-midi sera nettement plus fructueux que le matin.

De 14h à 16, je vendrai tour à tour « L’inaccessible étoile » à Michèle, David et Irène, tandis que le pitch accrocheur du livre qui parle de toi finira par faire mouche auprès de Florence, Élisa, Nadine, Lise et Marie-Anne, ces deux dernières préférant la version de poche du roman. Maxime enfin ouvrira le compteur de « C’est arrivé en avril ». Notons enfin une rencontre intéressante avec la responsable d’un cercle de lecture, qui se verrait bien de m’inviter pour venir parler de mon travail… contact est pris !

À 16h, j’en suis donc à 13 exemplaires vendus. Le directeur du magasin revient alors me voir et me dit que – sans doute à cause du beau temps – la clientèle est globalement moins au rendez-vous ce week-end que les précédents, mais que dans ces conditions, j’ai effectué une bien belle vente, et surtout qu’il est ravi de découvrir en moi un auteur « qui se bouge » pour vendre ses romans, ne se contenant pas de rester assis les yeux dans le vague, attendant une clientèle qu’il faut hélas aller chercher avec les dents. Je lui rétorque que pour moi, la journée n’est pas encore terminée : je me suis engagé à rester jusqu’à 17h30, et je compte bien mettre cette dernière heure et demie à profit pour continuer à faire découvrir Karine, Aurélie et Rainbow au public d’Erstein et des environs… une réponse qui bien sûr le ravit !

La première rencontre que j’effectuerai dans l’heure et demie qui suit est celle de Ludovic Merling, auteur lui aussi, spécialiste en… uchronies basées sur la Formule 1. Son premier roman « Duel au sommet » ainsi que sa suite intitulée « La revanche » imagine un Ayrton Senna qui n’aurait pas eu son accident fatal en 1994, qui aurait fini par affronter Michael Schumacher sur les circuits… tout un programme ! Il travaille présentement sur un troisième projet – toujours autour de la Formule 1 – qui s’annonce encore plus prometteur… avis aux éditeurs !

Passé cet intermède « tchatche », et si on se remettait à vendre ? L’homme aux marque-pages se lance donc à nouveau à l’assaut des ultimes clients d’un magasin qui lentement se vide. J’arrive néanmoins à placer une dernière « Inaccessible étoile » à Stéphanie, Hely et Emmanuelle me prendront chacune un « Livre qui parle de toi » quant à Catherine, elle suivra Karine et Vincent sur les routes apocalyptiques de « C’est arrivé en avril ».

C’est sur son achat que je termine donc ma chasse aux lecteurs ersteinoise. Alors que je remballe mes invendus – et glisse un marque-page dans tous les exemplaires de mon « Inaccessible étoile » que je laisse aux charmantes libraires, l’heure du bilan arrive, que je dresse en compagnie de ces dernières. Résultat des courses : Deux « C’est arrivé en avril », cinq « Inaccessible étoile » et dix « Livre qui parle de toi » (dont trois exemplaires de poche), confirmant une fois de plus qu’à date, ce dernier est et reste mon « bestseller ». Merci donc à Manon, Agnès, Olivier, Florence, Michèle, Élisa, Nadine, David, Irène, Lise, Marie-Anne, Maxime, Hely, Stéphanie, Catherine, Emmanuelle et la lectrice mystère pour vos achats !

Puis vient l’heure de reprendre la route. Traverser les villages du Ried dans la douce lumière du soir avant d’attaquer cent bornes d’autoroute avec la lumière crue et agressive des phares à LED des voitures roulant de l’autre côté du terre-plein central dans la face… ah la la, c’est quand même mieux quand les trains roulent !