Dédicace au Cora de Haguenau – 9 mars 2024 : À consommer sans Moder…ation !

9 mars 2024. Mais quel jour sommes-nous ? Samedi pardi ! Et chez les Meisburger, samedi, ce n’est pas ravioli, mais ravi de quitter son lit aux heures si matinales que ma chambre se retrouve à être la seule de la rue à être éclairée, car aujourd’hui, j’ai dédicaces… à plus de 160 kilomètres de chez moi. Direction Haguenau et l’espace livres de son Cora, situé loin là-bas, dans le noooooorrrrrddd de l’Alsace, au-delà de Strasbourg, là où le Houblon résiste encore au Maïs omniprésent. Bref, je quitte mon lit douillet peu avant cinq heures du mat’, car cette semaine, pas de voiture pour aller à la rencontre de mes lecteurs. Cette semaine, je repasse en mode SNCF, avec option départ à 6h29 du matin. Avis aux amateurs qui rêvent de devenir romanciers…

J’arrive sans encombre à Strasbourg sur les coups de 8h40. Là, j’ai un quart d’heure pour trouver ma correspondance pour Haguenau. Sauf qu’au tableau d’affichage, aucun train n’est indiqué partant pour cette ville ! Damned, serais-je échoué ici ? Deviendrai-je un Robinson strasbourgeois ? Je le refuse ! Ni une, ni deux, je passe en mode « Pékin express » ! Première opération : demander les locaux. Sauf que dans une gare, des locaux, ben il n’y en a pas ! Demander les agents SNCF alors ? Il n’y en a guère plus ! Je finis par trouver une carte des TER à l’extérieur du bâtiment, et découvre que le train pour Wissembourg est en fait le train pour Haguenau ! Sauf que le train pour Wissembourg est aussi celui qui part dans trois minutes ! Ni une ni deux, je me lance dans la gare, cours, accélère, bondis en direction du quai 32 et finit par grimper dans le train juste avant son départ. Ouf, sauvé !

Sauvé ? Pour 25 minutes encore, car une fois arrivé sur les lieux de la très contemporaine gare d’Haguenau, l’épreuve sportive du jour m’attend. En effet, le Cora de Haguenau, comme son nom ne l’indique pas, n’est pas situé à Haguenau ! Il est situé en pleine pampa, quelque part entre Haguenau et le petit village de Kaltenhouse, dont j’ignorais jusqu’à l’existence… et à votre avis, qui du coup va se taper la route à pied, avec son lourd sac plein de livres sur le dos ? C’est bibi, qui repasse en mode Pékin-Express ! Après le stress, le trek ! Allez hop, un peu de Kaltenhouse music dans les oreilles, le GPS dans le portable et go pour une traversée de la très belle ville de Haguenau, avant bien deux bornes le long de la Moder, un affluant du Rhin qui traverse cette contrée verdoyante avant enfin, enfin, enfin, après 1h10 de marche, d’atteindre le Cora ! Le vigile à l’entrée sera mon Stéphane Rotenberg : il me donnera mon dossard rouge de l’immunité en appelant les libraires en charge de mon cas. Il est alors 9h30 : enfin les choses sérieuses commencent !

Sarah et Véronique, les deux libraires en question, me proposent alors de m’installer, et me confirment ce que j’ai découvert la veille par mail : mon « stock stratégique » de livres va être mis a contribution, car si elles ont bien reçu livraison de 15 exemplaires du « Livre qui parle de toi », elles n’ont que 6 « Inaccessible étoile », que je compléterai avec quatre de mes exemplaires du stock, ainsi que de 6 « C’est arrivé en avril », parce que bon, on me demande toujours de la SF en dédicace.

Alors que je m’installe, qu’on réalise ma photo officielle du jour qui file aussitôt sur les réseaux sociaux, elles m’informent aussi d’un autre constat : dans leur magasin, le gros des ventes se font le matin. Passé midi, le public change, et celui de l’après-midi est bien moins bibliophile que celui du matin. Pourquoi ? Aucune idée. Mais c’est comme ça. À moi donc d’être percussif dès le début, car après le déjeuner, même si je ne mange pas de haricots, la suite sera à rame… me voilà prévenu ! Elles me disent aussi que dans leurs locaux, les auteurs qui se bougent arrivent s’ils ont de la chance à vendre une vingtaine d’exemplaires, et les tueurs arrivent à monter jusqu’à vingt-cinq. Record à battre donc… mais rien n’est impossible pour l’homme aux marque-pages !

Très vite, ces derniers entrent en action ! Marque-pages monsieur, marque-pages madame ! Aussitôt, les premiers contacts se nouent, mais plus vite encore je me rends compte que chaque public est différent, et que si la semaine précédente, dans un autre Cora de la région, les lecteurs n’avaient d’yeux que pour la science-fiction et donc mon « C’est arrivé en avril », à Haguenau, celle-ci est juste « du Humbuck ». Qu’est-ce que le « Humbuck ? » C’est un mot alsacien qui a l’avantage de ne pas devoir être traduit, tant sa sonorité parle pour elle… Alors des oiseaux qui réfléchissent, remettent en cause l’ordre établi et visent l’inaccessible étoile, je vous laisse deviner l’Humbuckitude de la chose !

Bref, en cette matinée, je vendrai mon humbuckisant « C’est arrivé en avril » à Christiane et au couple Frédéric et Désirée, tandis que « L’inaccessible étoile » parviendra à gagner les cœurs d’une seconde Christiane, d’Aydin et de Titaua, qui comme leur nom l’indique ne sont pas vraiment du coin, vu que l’une est turque et l’autre une Tahitienne de passage, qui partage avec moi le même diagnostic sur le vent glacial qui balaie Haguenau ce matin… avec elle nous parlons Faré, Fiu et cocotiers… les Océaniens qui me suivent comprendront 😉

Mais donc, n’ai-je vendu que cinq livres ce matin ? Heureusement que non ! Ce matin, ma sauveuse s’appellera une fois de plus Aurélie, l’aventurière en quête d’une vie meilleure du « Livre qui parle de toi », qui parviendra a échapper aux fourches caudines du « Humbuck » en séduisant tour à tour Valérie, Sandrine, Carine, Yvonne, Carole, Anne, le binôme Aurélie et Solène, et enfin Christine. 2 « Avril », 3 « Étoiles » et 8 « Livre qui parle de toi » pour un total de 13 exemplaires vendus en une matinée, chiffre que les deux libraires considèrent déjà comme une franche réussite. Encore 7 et je serai dans les bons !

Puis arrive la pause de midi, quoique dans les Cora, il y a toujours du monde. Je tire ma traditionnelle baguette de mon sac et l’entame, tout en scrollant entre les quelques clichés présentant Haguenau et ses alentours, que j’ai réalisés avec mon portable durant mon trek du matin. Mon regard s’arrête sur un panneau que j’avais photographié en ville. Un grand carré blanc portant le mot « Garance ». Je trouvais ça fun, vu que ça me faisait penser à Diane Garance, une auteure comme moi publiée chez M+ Éditions. Mais au-dessus de ce « Garance », je découvre surtout un autre mot : Ritmo. R.I.T.M.O. Un mot que je retrouve aussi sur la photo de la gare de la ville.

Intrigué, je demande une passante. Après l’avoir rassurée que non, soyez sans crainte madame, je ne vais pas vous vendre un bouquin, je lui présente ces clichés et lui demande ce que c’est que ce fameux Ritmo… « Mais… c’est le réseau de bus de Haguenau ! » qu’elle me répond ! « C’est un peu comme la RATP, mais en version du coin quoi… » qu’elle ajoute, me croyant forcément Parisien.

Là, j’en tombe des nues : ainsi donc j’aurais pu m’éviter le trek du matin si on m’avait dit qu’Haguenau dispose d’un réseau de bus ! J’aurais même pu rester au pieu jusqu’à 6h ! Mais au moins, cela me permet de ne pas interrompre ma dédicace à 16h30, mais à 17h : ce sera déjà une demi-heure de grattée pour tenter l’impossible : vendre mes romans aux clients de l’après-midi, ceux auprès de qui le livre serait une terre de mission…

La suite, imaginez-là comme un film d’action : Un homme. Son arme fétiche : le marque-page et le bagout. Face à lui : les cibles à convaincre. Déjà une première arrive sur sa gauche. Acquisition d’objectif : OK. Calcul de trajectoire : OK. Marque-page en avant, j’attaque… et me prends un vent. La dame en leggins derrière ? Pareil. Le jeune retraité qui arrive par la droite ? Idem ! Mais grand Dieu, que se passe-t-il ? Tous ces gens auraient-ils lu mes comptes-rendus des semaines précédentes ? Se sont-ils passés le mot, en mode « attention, si le chevelu a l’entrée vous colle ses machins entre vos mains, vous êtes cuits ! » ? Ou bien tout simplement sont ils trop pressés car, entrant à peine dans le magasin, ils ont encore de nombreuses courses à faire ? On ne le saura jamais.

On ne saura guère davantage si les étoiles qui se sont mises à briller dans les yeux de ceux que mon marque-page aura quand même fini par capter auront été factices ou pas, car en cette après-midi, même lorsque l’intérêt est manifeste, l’échange se termine souvent par le désormais célèbre : « écoutez, je file faire mes courses et je reviens ». Devinez combien sont réellement revenus… un indice : le clip de « Thriller », où Michael Jackson est entouré de revenants, n’a pas été tourné à Haguenau…

À propos de thrillers, parlons-en, tiens… De thrillers ou de polars. À Haguenau, c’est le genre roi. Hégémonique même. Pascal Marmet et son commandant Chanel auraient fait un malheur en ces lieux ! Moi… haricots à rame qu’on a dit…

À force de ramer, je parviens finalement à convaincre Aurélia de s’intéresser aux aventures d’Aurélie et de son « Livre qui parle de toi ». Suivront Élisabeth, Patricia, Inès, Mélanie, Isabelle et Christelle ! Et voilà, avec cette dernière lectrice, j’écoule mon ultime « Livre qui parle de toi », vidant le stock commandé par les libraires, yes ! Comme quoi même face au difficile public de l’après-midi, Aurélie, c’est plus fort que toi !

Mais à part Aurélie, que deviennent mes autres héros ? Eh bien même eux, je parviens à les placer ! Rainbow sera le premier à ouvrir ses ailes en touchant le cœur de Morgane, avant de s’envoler aux côtés de Ginette, Rebecca, Lisa-Neva, Victoria et Nathalie. Merci mesdames, et bonne lecture ! Seuls Karine et Vincent, l’inoubliable binôme de « C’est arrivé en avril » sera plus à la peine, alors quand une personne – enfin – me dit aimer la SF, je lui colle avril sous le nez. C’est ainsi qu’Emmanuelle, Alida puis le couple formé par Caroline et Didier vont finir par en faire l’acquisition.

Bilan des courses : 16 livres vendus durant l’après-midi, dont le public aura finalement pas été si difficile à convaincre ! 16 livres auxquels s’ajoutent les 13 du matin, soit un total de 29 exemplaires vendus ! Sachant que 25 est déjà un score de fou selon les libraires, 29 devrait être le top du top ! Allez hop, par ici le high-score !

Le high-score ? Minute papillon ! Parce que pour que ces ventes comptent, encore faut-il qu’elles soient validées ! À l’heure des comptes avec les libraires, ces dernières m’informent d’un élément que je n’avais jamais rencontré encore : les abandons de livres. Ici, de dédicace en dédicace, le même cauchemar se reproduit : certains auteurs sont si efficaces qu’ils parviennent même à placer leurs livres entre les mains de lecteurs pas forcément venus acheter des bouquins ! Normalement, on appellerait ça de bons vendeurs, mais pas ici. En ces lieux, certains clients ont trouvé l’arme absolue, plus forte que tous les marque-pages du monde : une fois leur livre dédicacé en main, ils s’éloignent de ce fichu auteur, puis posent le bouquin à peu près n’importe où dans le magasin, et ne repartent jamais avec ! Résultat : les responsables de rayons aussi divers que l’alimentation pour chats ou la lingerie fine découvrent en leur antre ces bébés de papier abandonnés par leurs parents adoptifs, devenus invendables en raison de la dédicace présente en leurs pages ! Alors là, bravo ! L’auteur y perd, l’éditeur y perd, le magasin y perd, et même le non-lecteur y a perdu son temps auprès de ce romancier à la noix qui l’a baratiné. Et voilà comment, qu’on soit bon vendeur ou non, on finit toujours par avoir le cul derrière !

Bilan final donc ? « Au moins » 24 exemplaires de vendus. 13 « Livre qui parle de toi » sur 15 dédicacés, 8 « Inaccessible étoile » sur 9 portant ma griffe, et 3 « C’est arrivé en avril » sur les cinq placés… normal pour ce « Humbuck », non ?

Seul motif un peu rassurant : si pour les deux « Livre qui parle de toi » manquants, vu l’heure de leur vente, il est à peu près certain que ceux-ci seront retrouvés « quelque part » dans le magasin dans les jours suivants, pour « Avril » et « L’étoile », il reste un espoir : les derniers exemplaires étant partis peu avant ma fin de dédicace, il est possible que leurs acquéreurs aient encore été dans le magasin, et qu’ils finissent par passer en caisse avec, après l’établissement de ce compte provisoire. Voilà pourquoi je vous annonce « au moins » 24 livres vendus… sur 29 de dédicacés. Le chiffre final sera-t-il meilleur ? Je le saurai lundi matin…

Voilà donc comment, bien qu’ayant explosé le high-score, j’ai fini par peut-être ne pas l’exploser…

Je vous épargne les détails de mon retour, qui a nouveau à commencé en mode Pékin Express, du genre à trouver l’arrêt de bus sur un parking grand comme le Champ-de-Mars, mais bondé de voitures, dans un endroit fréquenté par des automobilistes qui ne savent pas où les transports en commun s’arrêtent. Allez Philippe, tu as dix minutes pour trouver, sinon tu devras dormir chez l’habitant ! Pékin Express que je vous ai dit !

Mais bon, comme vous lisez ce compte-rendu, c’est bien que j’ai fini par le trouver ce bus. Rythmé par mon cœur battant encore la chamade, le Ritmo m’a ramené en gare de Haguenau, d’où je suis retourné sur Strasbourg avant de prendre ma correspondance pour chez moi, où j’ai fini par arriver sur les coups de 20h. Ouf !

Que retenir donc ? À moins qu’ils n’aient abandonné mon livre entre les yaourts à la fraise et les piscines gonflables, merci donc à Christiane, Frédéric et Désirée, Emmanuelle, Caro et Didier puis enfin Alida pour vos achats de « C’est arrivé en avril », Aydin, Titaua, une seconde Christiane, Morgane, Ginette, Rebecca, Lisa-Neva, Victoria et Nathalie pour vos acquisitions de « L’inaccessible étoile », sans oublier bien sûr Valérie, Sandrine, Carine, Yvonne, Carole, Anne, Aurélie et Solène, Christine, Aurélia, Élisabeth, Patricia, Inès, Mélanie, Isabelle et Christelle qui partiront potentiellement à la chasse au trésor dans « Le livre qui parle de toi ».

Merci aussi à Sarah et Véronique, les deux libraires, sans qui cette journée à nouveau riche en émotions n’aurait pas été possible.

Allez hop, sur ce je vous laisse, rendez-vous la semaine prochaine, sous d’autres latitudes, mais avec toujours autant de livres, de marque-pages et de tchatche… à bientôt pour de nouvelles aventures !