Dédicaces à l’Espace Culturel du Leclerc de Sélestat, 17 décembre 2023 : On termine l’année en beauté !

17 décembre 2023, 8h29. Le train quitte la gare de la ville voisine avec à son bord un romancier filant vers les terres septentrionales du Bas-Rhin. Dans mes yeux, les étoiles de ma dédicace de la veille, à la librairie Carpe Diem de Munster. Devant moi, les villages que le train traverse à toute vitesse… puis soudain plus rien, ou plutôt un brouillard de plus en plus épais, à donner le mal du pays à un londonien : au-delà de Mulhouse, mes yeux ne me seront donc plus d’aucune utilité.

Une demi-heure plus tard, le train arrive sur Sélestat. Je saute du wagon et à peine sur le quai, c’est le choc, ou plutôt, c’est le nooooooorrrrrrdddd ! Baignant dans un brouillard thrilleresque, le fantôme de la gare de Sélestat, balayé par un vent glacial made in Sibérie. Température réelle : -1°c . Température ressentie : beaucoup, beaucoup moins !

C’est sous ces conditions que j’entame quatre kilomètres à pieds, fendant une purée de pois givrante, maudissant le destin qui m’a fait naître plus proche du Leclerc de Sélestat que de son équivalent de Nouméa… alors Père Noël, pour mes dédicaces de Noël 2024, un petit voyage vers nos DOM-TOM tropicaux, ce serait trop te demander ? J’adorerais aller à la rencontre de mes lecteurs réunionnais et calédoniens !

En tout cas, ce temps infernal m’oblige même à monter mon bonnet, ce qui me donne des faux airs de seigneur noir des Sith… enfin bon, comme m’a dit Dark Vador au Festival du livre de Colmar, on vend plus de livres en étant du côté obscur de la force… on verra ça !

Fendant le brouillard, je découvre enfin le Leclerc. Quand j’y pénètre, malgré la clim a fond, j’ai l’impression d’avoir atteint les tropiques à côté du temps extérieur !

Je me dirige aussitôt vers l’Espace Culturel ou Christine, la responsable des heures du matin, s’étonne de me voir si matinal : en effet, en général, les auteurs ne viennent qu’à partir de 14h, même si mon arrivée matinale – pourtant prévue de longue date – la ravit.

Elle m’informe aussi que cet après-midi, je serai rejoint par une autre auteure, qui viendra dédicacer un livre consacré à son grand-père, incorporé de force dans l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale, une histoire tragiquement commune dans la région, à l’époque annexée par le Reich.

Bon, entre-nous, pour la présence de cette autre auteure, je le savais. Mon amie Karine W. Meyer m’en avait informé… et comme dit, ça ne me pose aucun problème : ça me permettra au contraire de faire une rencontre sympa. 🙂

Je mets aussitôt mon stand en place – ou plutôt je réorganise ce dernier à ma convenance – puis c’est l’heure de la traditionnelle photo de début de dédicace, réalisée par la responsable du magasin, photo où je décide de poser marque-page en main, histoire de marquer le coup et de signer du sceau de mon arme fétiche ce début de dédicace que je ne sens bizarrement pas, et pour cause : au début, l’espace culturel est désert. Pas un client… puis soudain, un jeune homme s’approche. Un jeune homme qui adore la science-fiction… par chance, j’avais pensé à amener 3 exemplaires de mon bon vieux « C’est arrivé en avril », qui sera le premier livre à partir ce matin-là, s’envolant entre les mains d’Amaury. Merci ! Grâce à lui, je ne suis pas venu pour rien !

Mais très vite, d’autres ventes s’enchaînent. Mon intuition s’est heureusement trompée. Une cliente reconnaît la couverture du « Livre qui parle de toi », que je lui avais vendu en janvier de cette année, lors de mon précédent passage par ce Leclerc. Comme elle a adoré le livre, c’est avec plaisir qu’elle vient prendre possession de mon nouveau bébé. C’est ainsi que Rainbow s’envole pour la première fois à Sélestat… et que l’effet notoriété commence (un peu) par jouer…

Pour booster ce dernier, je découvre que pour ces week-ends avant Noël, le Leclerc de Sélestat a fait appel à un animateur qui, micro à la main, se déplace de rayon en rayon… et vient bien sûr m’interviewer. Je réponds donc à ses questions, je tease mon roman, et alors qu’il « rend l’antenne », ce dernier me félicite : il n’a que rarement vu auteur aussi passionné que moi !

Après ça, sans doute sous l’effet de mon intervention auprès de cet animateur, lecteurs et surtout lectrices défilent. Armé de mes marque-pages magiques, j’aborde tous ceux qui osent mettre leur nez dans l’Espace culturel. Auprès d’eux, je teste mon nouveau speech élaboré afin de donner un coup de fouet à mon conte philosophique, genre ma foi pas si facile à vendre… sauf si on trouve le bon truc !

C’est ainsi que, sur les coups de midi, mes deux exemplaires de « C’est arrivé en avril » restants sont déjà tous partis entre les mains de Boris et de Victor, tandis que pour les autres romans, c’est encore mieux : Rainbow et son « Inaccessible étoile » séduisent tour à tour Gaby, Karen, Suzie, Jacqueline, Sara, Noémie, Séverine et Laure, tandis qu’Aurélie et son mystérieux « livre qui parle de toi » trouvent preneurs en les personnes de Myriam, David, Marine, Marie-Rose, Thierry, Sandy, Laure et… Aurélie, qui s’est laissée séduire par le roman en découvrant le nom de l’héroïne !

Quand sur les coups de midi Christine, la responsable du magasin repasse devant mon stand, ses yeux sortent presque de ses orbites : « Mais où sont passés les livres ?! » qu’elle s’étonne. Ma réponse prend aussitôt la forme de la liste de mes clients du matin, que je lui tends un petit sourire aux lèvres. « Vous… vous avez déjà vendu tout ça ?! » « Oui ! »… et là, elle m’affirme sans détour qu’à part pour de vraies célébrités dont le nom suffit à drainer les masses, elle n’a jamais vu ça ! Elle m’annonce tout de go que je devrais prendre contact avec une bonne demi-douzaine d’autres Leclerc dont ceux de Logelbach, Issenheim, Cernay, Obernai… que je peux appeler « de sa part », et aussi qu’elle va laisser un message en ce sens à mon éditeur M+ Éditions afin de lui dire qu’il est urgent qu’ils publient mon prochain roman, car selon elle, j’irai loin… espérons qu’elle ait raison et qu’elle soit entendue !

Toujours est-il que le compte est là : cette fois, déjà sur les coups de midi, j’ai déjà vendu autant de livres que lors de toute la journée lors de ma première dédicace en ces lieux, à croire que je m’améliore quand même !

Quand sur les coups de 13h30 Christine cède sa place à Cédric (Les carnets de Sedh), l’autre responsable du magasin, lui aussi ne peut que constater l’efficacité de la chasse au lecteur à coup de marque-pages ! Il m’annonce aussi qu’outre les livres présents sur la table, ils n’ont plus de stock, et que donc si la pile qui a déjà bien baissé depuis le matin devait être réduite à néant, ma dédicace se terminerait là, faute de munitions livresques. Dès lors, c’est objectif rupture de stock !

L’après-midi qui s’ouvre commence sur la même tendance. Marque-pages, speech, étoiles dans les yeux, achats ! Ma première cliente sera une jeune Lydie… dont la cheffe s’appelle Aurélie ! Elle craquera donc sans peine pour mon « Livre qui parle de toi », dont elle prendra un second exemplaire, pour sa cheffe justement. Alors Aurélie, soyez cool avec votre employée, elle vous aime bien !

Après Lydie et son double achat, les ventes se poursuivent. Louna, Jean, Virginie, Mary-lou, Frédéric, Annick et Céline s’envoleront aux côtés de Rainbow dans « L’inaccessible étoile », tandis que Barbara, Sophie, Alexia, Mélisa, Laurine et Monique vont craquer pour « Le livre qui parle de toi », qui désormais sera lui aussi en rupture de stock !

Puis enfin, sur le coup de 14h30, arrive cette seconde auteure dont Christine m’a parlé le matin, celle qui a écrit un livre sur son grand-père Raymond, incorporé de force par les nazis. Marie Oury – car c’est d’elle qu’il s’agit – découvre alors qu’elle aurait pu venir depuis le matin, et qu’elle a probablement laissé passer les meilleures heures de la journée, qu’elle aurait bien aimé mettre elle aussi à profit, car elle vient de beaucoup plus loin encore que moi. Il faut dire que si Marie est Alsacienne de naissance, elle habite désormais… Orlando, en Floride ! Ah oui, ça calme !

Marie m’informe être venue spécialement pour le festival du livre de Colmar, et qu’elle a décidé de rester un bon mois en Europe pour dédicacer son livre avant de rentrer dans son pays d’adoption, où l’hiver ressemble à nos printemps. Heureusement pour elle, la presse locale lui a consacré un bel article, qui l’aidera à vendre, à commencer par moi qui vais lui acheter un exemplaire que j’offrirai à un proche, passionné d’histoire locale.

D’un commun accord, comme nos livres sont très différents, nous décidons de nous envoyer mutuellement des lecteurs, si nous estimons que ces derniers correspondent davantage au public de l’autre, d’autant plus que personnellement, il ne me reste alors plus que trois exemplaires de « L’inaccessible étoile » à vendre. Une formalité… en apparence du moins.

Car à partir de 15h, le public va changer. Les clients friands de découvertes littéraires font place à ce que dans le jargon des auteurs nous appelons les « promeneurs ». Des gens qui, même intéressés par votre livre, vous disent qu’ils sont passés par là juste pour voir l’animation, mais qu’ils n’ont aucune intention d’acheter… où alors juste l’un des smartphones exposés derrière nos livres, parce que bon, lire, en 2023, quelle idée !

Le retour de l’animateur et une nouvelle interview ne changeront rien à l’affaire. Les trois ultimes exemplaires de mon « Inaccessible étoile » restent accrochés à ma table comme une moule à son rocher. Une dame me prend même un exemplaire qu’elle fera dédicacer « si elle ne trouve rien de mieux ». Une demi-heure plus tard, elle reviendra poser le livre, ayant trouvé mieux : un smartphone ! Sur les coups de 15h45, enfin Colette vient adopter l’un des trois derniers oiseaux qui traînent sur ma table, tandis que les vendeurs mettent de la musique afin d’attirer le chaland, sur fond de tubes des années 80.

Les deux livres restants vont m’accompagner jusqu’à 16h20, heure ou Ocak sera à son tour réceptif aux aventures de Rainbow. Ne reste à alors plus qu’un seul livre à écouler puis ce sera la quille… mais là, rien à faire. J’épuise une bonne cinquantaine de marque-pages, qui resteront sans effet. Que se passe-t-il ? Ai-je perdu le Modjo ? Et voilà que le célèbre tube « Lady » de ce groupe culte retentit, aussitôt suivi par la mythique ligne de synthé du Final countdown du groupe Europe.

Le final countdown, parlons-en justement. Quand on n’a plus qu’un seul livre à vendre, ça prend un tout autre sens. C’est alors que, sur les coups de 17h, la jeune Noémie passe et remarque que mon ultime bébé attend sa nouvelle propriétaire. Eh oui Noémie, c’est le dernier ! It’s the final countdown comme le répète en boucle le chanteur à la fin de sa chanson, comme je lui fais remarquer.

Et là, je peux remercier les années 80 et leurs morceaux de musique qui pouvaient encore durer 5 minutes à l’époque, car ce final countdown va être le déclic : si je ne le prends pas là, quand pourrai-je acquérir une version dédicacée de « L’inaccessible étoile » ? que se dit Noémie, qui, aidée par la voix du chanteur scandinave qui résonne à tue-tête dans le magasin, décide de franchir le pas et de me délester de mon dernier exemplaire des aventures de Rainbow, que je dédicace sur fond des ultimes final countdowns poussés avec l’énergie du désespoir par la voix du chanteur d’Europe !

Ouf ! Alors que la ligne de synthé de ce titre de légende reprend, j’annonce avec fierté à Cédric que la mission est accomplie ! Objectif rupture de stock atteint, quelque chose que je n’ai plus connu depuis le Leclerc de Beynost, il y a un an, à croire que les Leclerc situés loin de chez moi me portent chance ! Et au passage, que mes ventes ne dépendent pas du copinage !

À l’heure des comptes, je n’en reviens pas : cette ultime journée du dédicace tour aura été le jour unique le plus fructueux depuis le début de mon expérience d’auteur ! Avec 37 ventes, elle dépasse d’une très courte tête les 36 ventes réalisées à la librairie Encrage, lors de la sortie du « Livre qui parle de toi » ! Au total j’aurai vendu mes trois pauvres « C’est arrivé en avril », 16 exemplaires du « Livre qui parle de toi » et enfin 18 volatiles en quête de « L’inaccessible étoile » ! Wow !

Puis vient enfin l’heure pour moi de prendre congé de la fine équipe ainsi que de ma voisine, en pleine dédicace d’un exemplaire de son Raymond. S’en suit une nouvelle traversée de Sélestat by night, encore plus glaciale que le matin, avant de prendre place dans un train où, contrairement à la veille, j’aurai même droit à une place assise…

C’est donc en beauté que s’achève ce « dédicace tour 2023 »… qui annonce une reprise en janvier qui va faire des étincelles, à l’occasion du « dédicace tour 2024 », auquel je vous invite tous à venir me rencontrer !