Hello les amis,
4 mars 2023.
Après presque 2 mois d’abstinence en termes de dédicaces, je suis de retour ! Selon une note confidentielle du 3e bureau, une certaine Sophie P., responsable de magasin, aurait secrètement repéré quelques exemplaires du « Livre qui parle de toi » (M+ Éditions) qui seraient en quête de lecteurs, du côté de Wintzenheim-Logelbach, du côté de Colmar, dans le Haut-Rhin.
Ni une ni deux, je revêts ma cape de super-héros (soit une veste chaude avec ce p*tain de vent glacial qui souffle en ce moment) et je fonce dans le train, cap sur Colmar avant de rejoindre Wintzenheim, sa proche voisine, lieu où m’attendent mes lecteurs… enfin mes exemplaires du moins.
Après un voyage assez folklorique en compagnie de Boliviens et de Péruviens jouant du Charango dans le train (si si!), j’arrive enfin sur place. Là, je remarque que l’équipe m’a déjà préparé la table, avec une nappe customisée, aux couleurs de ma dédicace, chose que je n’avais jamais vue ! Encore un coup de la mystérieuse Sophie ? Peut-être bien que oui…
Ni une ni deux, je dresse mon Kakemono – le grand bidule publicitaire à côté de mon stand – je dégaine mes meilleures chroniques et je sors mon stylo. Wintzenheimoises, Wintzenheimois, je suis à vous ! Objectif : 15 livres vendus minimum.


Sauf qu’au début, ben c’est… c’est… c’est…
…c’est un examen de philo. Allez, je vous en livre le sujet : « Le livre a-t-il encore sa place à l’ère du Smartphone ? ». Bon… je ne sais pas si vous connaissez « Je scrolle », chanson de McFly et Carlito (les potes à Manu!), oeuvre musicale qui dépeint avec brio la société postmoderne du smartphone roi, où tout le monde vit dans une bulle coupée du monde, le nez dans les notifications de son portable, que l’on fait défiler (« scroller » en bon franglish) avec son pouce ? Si oui, vous savez comment j’ai vu passer ma potentielle clientèle durant les deux premières heures de ma dédicace.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette chanson qui est déjà un classique, séance de rattrapage :
N’allez cependant pas croire que je n’ai parlé à personne durant ces deux heures : j’ai quand même eu droit à une rencontre rapprochée avec une jeune femme qui s’est littéralement éclatée sur mon stand. Forcément, « scroller » en marchant, c’est pas pratique pour voir où on met les pieds…
Le résultat fut la matinée la moins fructueuse de mes dédicaces : seulement trois exemplaires vendus en trois heures, bien qu’ayant tenté par mille stratagèmes d’attirer l’attention sur mes romans.
Merci donc aux courageux Eddy qui m’a acheté un exemplaire pour son amie Mélanie, à Isabelle pour avoir tenu le temps que je lui rédige sa dédicace sous les hurlements de la sirène antivol du stand de smartphones voisin, ainsi qu’à Myriam. Ouf. Matinée (un peu) sauvée.
Puis arrive la pause déjeuner. J’en profite pour avaler ma désormais typique baguette chorizo et pour explorer le rayon des livres, en quête d’autres romans publiés par ma maison d’édition. Je tombe sur deux exemplaires de « La voix de mon père » de Brigitte Lechanteur, roman qui par ailleurs me tentait depuis un certain temps. Mon petit doigt me dit qu’avant de quitter le magasin ce soir, je vais moi-même encore passer en caisse 😉

Je rencontre aussi mon informatrice – la fameuse Sophie P. – qui n’est autre que la responsable du magasin. Agent secret aussi ? Allez savoir… toujours est-il que le contact passe super bien. Je lui passe le bonjour de la part de Karine, une autre auteure ayant dédicacé il y a peu en ces lieux. Elle me répond se souvenir avec bonheur de « cette jeune femme adorable et solaire » 🙂 Allez, rien que pour vous, je vous la présente… adorable et solaire, c’est bien ça, non ?

Puis commence l’après-midi. Une après-midi qui a initialement commencé comme le matin. Les rares personnes qui ne passaient pas devant mon stand à une vitesse à se faire flasher par la maréchaussée me sortent successivement « Je ‘lis pas ! », « je ‘lis plus ! », « ‘Trop chiant, les bouquins ! », « ‘Pas le temps… », « Emma dépêche-toi ! ‘te laisse pas distraire par le monsieur et ses livres ! », voire même un mari qui balance devant moi à son épouse, pourtant intéressée par mon roman : « Oh jéh Janine, ça va encore la tête ?! T’intéresser aux bouquins maintenant… et l’étape d’après, c’est quoi ? Les lire peut-être ?! ». Et après on s’étonne que certains oublient leur shampoing pour aller à la guerre mondiale de ’78…
Heureusement, la tendance va s’inverser. Très vite, Muriel et Sandy – ma plus jeune lectrice du jour – viennent m’acheter chacune un exemplaire de mon livre. Puis arrive Liliana avec son charmant accent latin qui aussitôt m’aborde, à la seule vue de mon livre. Elle repartira avec deux exemplaires de mon roman – un pour elle et l’autre pour son amie Roxana, sans même que j’ai eu à lui en faire l’article ! Elle me confiera être roumaine et c’est ainsi que, sous sa dictée, j’ai écrit ma première dédicace en roumain 🙂
Suivront ensuite Muriel, Michaela et Marylène qui tour à tour seront conquis par la présentation pétillante (et désormais bien rodée 😉 ) de mon roman, repartant à chaque fois avec un exemplaire sous la main ! Mais hé, ça ne ferait pas déjà dix exemplaires de vendus ça ? Allez hop, on fête ça avec une chanson en l’honneur de la dernière lectrice citée, un hymne festif qui date d’un temps où personne encore ne scrollait :
Après ce nouvel intermède musical, retour des scrolleurs. Mais tandis que les scrolleurs scrollaient, un homme m’observait dans l’ombre. Un homme qui s’approche. Un homme qui m’aborde. Il sera le premier noble à qui je dédicacerai mon roman. Mettez-le à Éric de L… me dit-il ! C’est ainsi que le baron/comte/marquis/duc de L. repartit avec un exemplaire de mon « Livre qui parle de toi ».
À sa suite, un autre homme m’achète mon roman. Gérard sera mon dernier client masculin du jour. Sa particularité ? Il est persuadé qu’Aurélie Moulin, l’héroïne de mon roman, n’est pas née de mon imagination, vu que pour avoir écrit un livre « aussi épais » à son sujet, une seule explication est possible : je ne peux qu’être son mari ! Alors, chère Aurélie Moulin, on part où en voyage de noces ?! 😉
Après lui suivront Éva, Élodie et Marie-Laure, elles aussi conquises par ma présentation de mon roman. Et même que selon elles, je pouvais très bien être l’auteur de ce roman sans être le mari d’Aurélie ! Incroyable mais vrai !
Une belle rencontre aussi avec Martine Klein, auteure d’origine lyonnaise venue faire sa vie dans la région de Colmar, ravie de découvrir un collègue alsacien ayant signé dans une maison d’édition lyonnaise. Elle repartira aussi avec son exemplaire de mon « Livre qui parle de toi » sous le bras, et vous, vous aurez le droit de visiter la page que son éditeur a dédié à son premier thriller intitulé « La mauvaise adresse«
Puis peu avant l’heure de remballer, je vends un dernier exemplaire à une dame vive et élancée qui offrira mon livre à sa maman Évelyne, qui en retour lui prêtera.
Voilà. L’heure de reprendre la route se rapproche. J’établis donc le bilan de la journée : Eddy, Isabelle, Myriam, Sandy, Liliana (2 exemplaires), Muriel, Marylène, Gérard, Michaela, Éva, Éric, Martine, Élodie, Marie-Laure et la fille d’Évelyne. 16 exemplaires donc au total. Pas mon record, mais le score des 15 ventes à atteindre pour une dédicace réussie est obtenu : l’honneur est sauf !
Je prends alors congé de la sympathique équipe – Sophie P. en tête – avant de repartir vers la gare, en mode expédition polaire… ça t’apprendra à écrire un roman qui se déroule au-delà du cercle arctique !
Allez, à la prochaine pour de nouvelles aventures. C’est tout… pour le moment !





