Que retenir de ce jour :
Le 7 février 2026, j’ai lancé La directive Jupiter lors d’une séance de dédicace à la librairie Encrage, à Saint-Louis. Après un matin très décevant – seulement 4 ventes contre 21 l’an dernier sur le même créneau – l’après-midi a offert une remontada inattendue. Public différent, habitudes de lecture en mutation, forte appétence pour la non-fiction, barrière de la langue pour les lecteurs germanophones : cette journée a été riche d’enseignements. Malgré une heure de dédicace en moins, La directive Jupiter s’impose comme le titre le plus vendu, confirmant un bon départ pour la suite de la tournée.
Et aux niveau chiffres :
- La directive Jupiter → 6 exemplaires vendus [Ce livre sur Amazon]
- Le livre qui parle de toi → 4 exemplaires vendus [Ce livre sur Amazon]
- L’inaccessible étoile → 3 exemplaires vendus [Ce livre sur Amazon]
- La fille de demain → 2 exemplaires vendus [Ce livre sur Amazon]
Total : 15 ventes
Le début du « Jupitour ».
7 février 2026. Par une lumineuse matinée d’hiver, un auteur sort enfin de son hibernation. Son objectif du jour : lancer « La directive Jupiter », mon nouveau thriller d’anticipation, sorti le jour même. Bien sûr, mes anciens bébés seront aussi de la partie… alors, qui va gagner le match ?
Comme d’habitude, ma première destination est pour la librairie Encrage, la librairie de ma ville. Jouer à domicile m’aidera-t-il ? Toujours est-il que cette année, pour des raisons d’organisation internes à la librairie, ma dédicace se terminera à 16h30 et non à 17h30, ce qui risque de me priver de mes ultimes ventes (l’an dernier, j’avais vendu 3 romans dans cette dernière heure).
Arrivé sur les lieux de la dédicace, je pénètre dans la librairie… deux secondes après le premier client. Très vite, je vais récupérer mes livres mis en stock la veille, Sylvie – la responsable du rayon littérature – dresse entre-temps la table, à la traditionnelle nappe jaune. Photo de lancement pour les réseaux en boîte, contenu posté : c’est go pour la journée ! L’an dernier, cette librairie m’avait porté chance, se plaçant dans le top 3 de mes meilleures ventes de ma « Tournée de demain » avec 35 ventes… en sera-t-il de même cette année ?

Bérézina matinale.
Réponse du matin ? Non.
Si de 9h à midi j’avais vendu 21 livres lors de ma séance 2025, je n’en vendrai que 4 lors de ma venue en 2026. Soit une division par cinq de mes ventes ! Comment l’expliquer ?
- Est-ce mon nouveau roman qui ne plaît pas ? Non. Un exemplaire de « La directive Jupiter » est d’ailleurs le premier à partir, entre les mains de Bernard.
- Est-ce mes anciens romans qui ont été vus, vus et revus dans la région ? Négatif. Les rares lecteurs et lectrices de romans qui acceptent que je leur parle disent ne pas être intéressés, car ils ne me « connaissent pas ». D’ailleurs eux aussi, leur tête ne me dit rien.
- Est-ce le beau temps ? Non. Il faisait plutôt beau les années précédentes.
- Est-ce l’article du journal qui n’était pas assez imposant ? Non. Il était très bien. Et très visible aussi. Mais les gens font-ils encore attention aux pages locales ? Bonne question…
- Est-ce le marché de la ville, qui se tient au même moment, sur la place voisine ? Non. D’habitude, il draine même du monde à la librairie.
Toujours est-il que l’an dernier, à la même heure, j’avais vendu – et donc pitché – 21 fois mes livres à la même heure. Là, à midi, si j’ai eu l’occasion d’engager la conversation avec dix personnes différentes, c’était déjà cher payé. Pourquoi cette différence ? Mystère…
Les valeurs sures.
Une observation dans le public du matin : très peu de lecteurs de romans, ou alors que de poche. Non en raison de leur prix, mais de la place qu’ils occupent dans les valises, et aussi – surtout à vrai dire – « parce que si c’est sorti en poche, ça veut dire que les gens ont aimé ». Et à une époque où le temps d’attention est limité, les gens veulent des valeurs sûres.
Quant aux lecteurs qui ne se sont pas rués sur le rayon des poches, une majorité préférait les sujets historiques – surtout liés à la Seconde Guerre mondiale – et surtout, surtout, surtout, de la non-fiction, de préférence des biographies, des documents ou des livres politiques. N’ayant pas écrit d’analyse psychosociale de l’œuvre de Donald le Magnifique, « La directive Jupiter » restera donc… bien sagement sur ma table.
Viser l’international
Autre observation : j’aurais cartonné avec « La fille de demain » et « La directive Jupiter », si je les avais eus… en allemand. De nombreux clients germanophones, passés par le rayon papeterie, flashent sur ces romans. On en parle (dans leur langue), ils accrochent vraiment, mais ne se sentent pas assez à l’aise avec la langue de Molière pour se lancer… du coup, pensez-vous que je dois sortir une version allemande du roman ?
Mais heureusement, dans le lot, certains se sont distingués. Outre Bernard – un ami de longue date – trois inconnus viendront quand même me découvrir. Une charmante Émilie repartira avec son exemplaire du « Livre qui parle de toi » – qui en général fait le bonheur des charmantes lectrices – puis Francine m’achètera un exemplaire de « L’inaccessible étoile » que la nouvelle couv’ rend bien plus « sexy », puis ce sera au tour de Lara de se lancer dans les aventures de ma Lara Croft maison, j’ai nommé Caillean, « La fille de demain ».

La remontada
Puis arrivent les heures creuses de midi. Enfin celles censées être creuses. Alors que les gens d’ordinaire déjeunent, enfin des clients m’arrivent… pile quand le marché de la ville replie.
Arrivent tour à tour Sébastien et Philéas qui me délesteront de deux exemplaires de « La directive Jupiter », Sophie qui me prendra une « Inaccessible étoile », et Franck, qui partira en cavale avec « La fille de demain ». En une heure, dans une librairie pourtant bien plus calme que le matin, je vends quatre livres. Comme quoi, je fais tout à l’envers cette fois.
De 13h à 14h, là, l’heure sera vraiment creuse. Dans la librairie, pas un chat. Sauf ceux qui figurent dans mes romans. Puis lentement, le public revient… et « La directive Jupiter » part entre les mains de Chantal. Puis son mari voit la tagline de « L’inaccessible étoile ». « Ce serait parfait pour Marie-Claire » qu’il dit à son épouse, et hop, une « Inacccesible étoile » dédicacée à Marie-Claire de vendue !
Un auteur local… de blockbusters ?! Damned !
Peu de temps après, un Suisse entre, et essaie de me parler en français. Il essaie. Après cinq bonnes minutes, il trouve enfin le mot « astéroïde » pour décrire le corps céleste qui s’écrase en couverture de « La directive Jupiter ». C’est là qu’un autre client vient me voir : « C’est une histoire d’astéroïde, à la Armageddon ? » qu’il me dit. On en parle, il découvre le style immersif et cinématographique du roman, et hop, Jérôme repart avec une « Directive Jupiter », qu’il aurait zappée s’il n’avait pas entendu le Suisse parler tout fort d’Astéroïde dans la librairie.
Détail intéressant : il me dit qu’il n’aurait jamais cru un roman de ce genre pouvoir être écrit par « un auteur local ». J’en viens à me demander : combien de ventes perdues, car le public ne s’imagine pas ce genre de romans, qui font davantage penser à un blockbuster US qu’à l’oeuvre d’un auteur « du coin », lors de mes différentes dédicaces ? Grave question…
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Dernières rencontres.
Par la suite, le public se féminise. Il se rajeunit aussi. Or qui dit public féminin rajeuni dit « Livre qui parle de toi ».
Le premier part entre les mains d’une dame qui n’a même pas compris que j’en étais l’auteur – elle m’a pris pour un des libraires ! – et qui n’a donc même pas obtenu de dédicace dans son livre, comme je ne saurai jamais son nom. Elle a écouté mon pitch, l’a pris, puis s’est éclipsée. D’habitude, ça veut dire que le bouquin se retrouve ensuite planqué entre deux oeuvres de socio, trois rayons plus loin. Pas là. Cette dame n’a… juste pas compris que j’étais un auteur en dédicace, et a bien fini par passer en caisse avec son « Livre qui parle de toi ».
Suivront Anne-Marie et Line qui elles aussi craqueront pour « Le livre qui parle de toi ». Merci mesdames. Line hésite encore à prendre « La fille de demain » pour une amie amatrice de thrillers, mais se réfrène, de peur que ma définition du thriller – (un « roman à suspense ») – ne soit pas celle de son amie, plus habituée au triptyque tueur psychopathe – cave humide – maréchaussée qui enquête.
Enfin, peu avant la fin de ma dédicace, une ancienne lectrice de « C’est arrivé en avril » me reconnaît. Elle m’en parle en détail, me dit à quel point elle a adoré, et repart avec le premier tome de « La directive Jupiter » dont elle va se délecter. Elle me révèle aussi s’être lancée dans l’écriture, sur un projet qui m’a l’air bien sympa, dans l’esprit de Stranger Things… mais en Alsace.
Béatrice alias Bobby sera donc ma dernière cliente du jour, car comm dit, ma dédicace 2026 ne pourra durer que jusqu’à 16h30, contre 17h30 l’an passé.

Bilan
Bilan des courses de l’après-midi : 11 romans vendus, contre 14 l’an dernier. Des scores tout à fait comparables, surtout sachant que j’avais une heure de moins pour faire découvrir mes romans. Avec une heure de plus, ça aurait bien pu se terminer à 14 partout, et on partait en prolongations…
Bilan des courses donc ? Merci à Lara et Franck d’avoir craqué sur « La fille de demain« , Francine, Sophie et Marie-Claire de vous envoler avec Rainbow dans « L’inaccessible étoile » (qui n’avait vendu qu’un seul exemplaire l’an dernier avec sa couverture blanche), merci aussi à Émilie, Anne-Marie, Line et la lectrice mystère qui vont partir à la chasse au trésor dans « Le livre qui parle de toi« , et enfin un immense merci à Chantal, Bernard, Sébastien, Philéas, Jérôme et Béatrice (alias Bobby) pour vous être laissé tenter par les aventures d’Amber et Vincent dans « La directive Jupiter » !
Quelques observations…
De cette journée, j’en tire ces quelques observations intéressantes :
- « La directive Jupiter » finit n°1, et ce en dépit du fait que peu de gens aient su qu’il s’agissait de mon nouveau roman. Ça sent donc bon pour la suite.
- « La fille de demain », mon habituel top des ventes, se retrouve lanterne rouge. Raison : même public que « La directive Jupiter » : les deux romans se cannibalisent, mais la couverture de « La directive Jupiter » semblant plus forte, « La directive » l’emporte.
- La nouvelle couverture de « L’inaccessible étoile » fait des ravages, et celle également nouvelle du « Livre qui parle de toi » plaît beaucoup au lectorat ciblé.
- Le fait que « La directive Jupiter » soit le premier tome d’une trilogie n’a pas joué en ma défaveur. La seule fois ou on me l’a rejeté pour cette raison, j’ai tout de suite tendu « La fille de demain » à la place (vu que les deux lectorats se confondent, si tu peux aimer l’un, tu peux aimer l’autre). La cliente ne l’a pas achetée non plus, preuve que – très probablement – le rejet du roman en 3 volumes n’était qu’un prétexte.
- Même en enlevant les gens qui me connaissent, ces constats restent vrais. Bon à savoir.
Cela nous donne donc 2 « La fille de demain », 3 « L’Inaccessible étoile », 4 « Le livre qui parle de toi », et 6 « La directive Jupiter » pour un total de 15 romans vendus.
Merci donc à tou.te.s ces lecteurs et lectrices qui se sont emparés de mes romans, et surtout un immense merci à la Librairie Encrage pour m’avoir permis de venir dédicacer mes romans entre leurs murs !
À bientôt pour de nouvelles aventures livresques… qui n’attendront pas l’après-midi pour mettre le turbo !
Dédicace précédente : Salon du livre d’Illfurth, 6 octobre 2025
Dédicace suivante : Leclerc de Belfort, 14 février 2026
