13 avril 2024. Devinez qui revoilou dans les allées des supermarchés, à faire découvrir ses bébés de papiers à ceux qui pensaient juste aller faire leurs courses du week-end ? C’est bibi ! Allez hop, direction donc l’Hyper U de Colmar, pour une nouvelle mission que j’espère ne pas être impossible.
J’arrive sur les lieux sur le coup de 9h30, le coffre de la voiture chargé de livres, vu que cette fois, j’ai dû tout ramener. Exit donc la solution pourtant plus écologique du train, et bienvenue les cartons pleins de livres que je charge dans un caddie avant de me rendre à l’accueil du magasin, afin de prendre contact avec les équipes en charge de mon cas.
Ce matin, ce sera Denis qui m’accueillera. Il réalise mon désormais fameux « cliché d’ouverture » qui atterrit aussitôt sur les réseaux sociaux, lançant officiellement ma séance de dédicaces. Lecteurs, garde-à-vous, l’homme aux marque-pages est dans la place… et déjà, il repère des clients potentiels du coin de l’œil !
Quelques marque-pages plus tard, malgré un nombre conséquent de refus, le compteur s’ouvre. Qui de Rainbow et son « Inaccessible étoile » (M+ Éditions) ou d’Aurélie, l’héroïne du « Livre qui parle de toi » (M+ itou 😉 ) s’envolera ? Eh bien ce samedi, littérature et biologie ne feront pas bon ménage, car la première à ouvrir ses ailes sera cette sacrée Aurélie, dont je vends l’énigmatique « Livre qui parle de toi » à Anna-Marie, Emmanuelle, Brigitte, Lucie et Joconde (oui oui, ce prénom existe… et elle a les Yeux de Mona!), là où Rainbow et son « Inaccessible étoile » colorera les coeurs de Jacqueline et de Natacha, qui craqueront pour ses plumes chatoyantes.
Sur les coups de 11h, j’en suis donc à sept ventes. 5 « Livres qui parle de toi » et 2 « Inaccessible étoile » de vendus quand Adrien, le libraire-en-chef de l’Hyper U arrive, remplaçant son collègue Denis. Le premier élément qui attire son regard est mes piles de livres de taille inégale. Aux yeux d’un libraire, cela signifie soit que l’auteur est bordélique… ou qu’il a déjà entamé son compteur de ventes. Devinez sa mine ravie quand je lui démontre par le menu que la seconde option est la bonne. Il m’informe alors que peu d’auteurs en sont déjà à sept ventes à ces heures matinales.
Je lui explique qu’il y a moins de monde que lors de mes précédentes dédicaces en hyper, il me répond alors que, par expérience, le public change dans l’après-midi… à voir ce que cela implique ! Quoi qu’il en soit, je poursuis encore une heure et demie avec le public du matin, auprès duquel Aurélie et son « Livre qui parle de toi » continue à faire carton plein, conquérant les cœurs de Muriel, Céline, Audrey et de Patricia, là où Rainbow et son « Inaccessible étoile » touchent Gaétane, Véronique et Audrey, tandis que Karine et Vincent, les héros de mon « C’est arrivé en avril », effectuent la première vente du mois qui leur est dédié auprès de mon seul client masculin du matin, à savoir Olivier.
Voilà. Il est à présent midi et demi. L’heure creuse commence à se faire sentir. D’habitude, c’est aussi l’heure où j’ai accompli en gros la moitié des ventes de ma journée. Comptes faits, je m’aperçois que j’en suis à 9 « Livres qui parle de toi » de vendus, « 5 inaccessible étoile » et un petit « C’est arrivé en avril », soit un total de 15 exemplaires, avec une domination écrasante des aventures d’Aurélie. Si mon théorème est vrai, ma journée devrait donc se terminer à 30 ventes… mais l’art subtil de la dédicace est-il si facilement réductible en équations, d’autant que, comme me l’a dit le libraire, le public change l’après-midi ? Mais si changement de public il y a, dans quel sens ce dernier ira-t-il ? Pour le meilleur ou pour le pire ?
Quoi qu’il en soit, après ces premières aventures matinales, mon ventre se met à gargouiller. Il est temps pour moi de tirer ma traditionnelle baguette de mon sac et de m’octroyer une courte pause, au cours de laquelle je réalise nombre des photos qui illustrent cette prose, avant de me remettre en chasse, avec un objectif : conquérir les cœurs de ce mystérieux « public de l’après-midi ».





Un bon moment – jusqu’à presque 14h – ce dernier se compose surtout de Monsieur Invisible et de Madame translucide : pas un chat à l’horizon. Où alors juste un client passant en vitesse avec un caddie plein de croquettes pour son félin. « J’ai pas le temps, désolé ! » qu’il me dit, alors que je lui tends mes marque-pages.
Quand enfin le public commence à pointer à nouveau le bout de son nez, cette phrase reviendra encore et encore, comme un mantra obsédant, aux variantes subtiles : « J’ai pas le temps de lire ». « Je suis pressé.e », « J’ai pas le temps de vous écouter, désolé.e »… ah là là… plus que jamais, les courses sont la course. « J’ai pas le temps d’avoir le temps » comme qui dirait, car le temps c’est de l’argent, et donc l’argent c’est du temps. Or pour acheter des livres, il faut de l’argent. Donc manquer de temps. Ô serpent, cesse donc de te mordre la queue !
Il faut dire que question temps, je joue de malchance, car la météo est formelle : ce samedi est un intermède de chaleur estivale, entre deux coulées polaires qui vont faire passer la forêt printanière en mode toundra hivernale, et donc ceux qui veulent profiter d’un peu de soleil n’ont pas le choix : c’est maintenant ou jamais ! Eh oui, ça aussi, c’est arrivé en avril…
Après un début aussi timide que mes ventes de cet après-midi, c’est pourtant ce roman – « C’est arrivé en avril » donc – qui ouvrira le bal de l’après-midi, en séduisant tour à tour Charlotte et Inès. En effet, le public est différent cet après-midi… vraiment différent ! Karine et Vincent, les héros de ce roman d’aventures / science-fiction vont encore toucher d’autres lecteurs épris de grand spectacle cet après-midi. Céline, Delphine, Serge et Noé – un jeune américain de passage – suivront. Ses parents s’étonnent d’ailleurs de me savoir Alsacien et non l’un de leurs compatriotes, tant le pitch de mon roman leur parait « so Hollywood ready ! ». Messieurs-Dames des studios, vous avez entendu ? 😉
Bref, après des ventes anémiques le matin, « Avril » effectue une belle remontada. Il en va de même pour Rainbow et son « Inaccessible étoile », qui passe de 5 à 13 lecteurs au cours de l’après-midi, sa quête universelle touchant cette fois « Tonton Claude » qui l’offrira à sa nièce Clara, puis séduira Karine, Valérie et Sam, Hélène, Laurence, Charlotte, Carmen et enfin Françoise. Bon vol à toutes et à tous aux côtés de Rainbow !
Mais une fois de plus, la star sera Aurélie et son « Livre qui parle de toi ». Une Aurélie qui elle aussi traversera l’Atlantique, en allant à la conquête de Fabiana, une Argentine que les hasards de l’histoire ont menée à Colmar aux côtés de son mari, Argentin lui aussi. Avec eux nous parlons un peu de leur pays avec lequel j’ai quelques liens, par mon meilleur ami qui a épousé une ressortissante de ce pays relativement méconnu, sauf peut-être pour ses exploits footballistiques. Quoi qu’il en soit, dédicace après dédicace, mon Aurélie Moulin de papier est en train de devenir mon Aurélie Messi, comme leur achat le confirme une fois de plus.
Après Fabiana, Aurélie et son mystérieux « Livre qui parle de toi » partiront tour à tour à la conquête des envies lectrices de Sandra, Johanna, Patrick, le seul homme qui me l’aura acheté, avant que son lectorat féminin ne revienne régner sans partage en les personnes de Laurence, Corinne, Michèle, Fanny, Aïcha, « MOP » et Nathalie, qui tient à ce que je le lui dédicace « en hommage à sa puce », partie trop tôt…
Bref, cela nous fait 11 lecteurs et surtout -trices en plus… Avé Aurélie, et bravo pour ce triomphe quasi romain !
Puis doucement, le flux de client recommence à se tarir. J’en profite pour faire mes comptes et soudain prendre conscience que ce « public de l’après-midi » était vraiment différent, vu que contrairement à mes craintes initiales, il n’a pas fui l’hypermarché pour la nature verdoyante, et qu’il a même clairement dépassé mes espérances. Alors que je me voyais parti pour vendre 30 exemplaires de mes livres, avec 7 « C’est arrivé en avril », 13 « Inaccessible étoile » et 20 « Livre qui parle de toi », ce seront donc un total de 40 romans qui trouveront preneur en cette journée, dont 25 en cette seule après-midi ! Wow ! Bravo et merci ce fameux « public de l’après-midi » ! #TeamApreme en force !
Bilan des courses donc : je vous l’ai déjà presque établi. Merci à Olivier, Charlotte, Inès, Céline, Delphine, Serge et Noé de vous être laissé tenter par les aventures apocalyptiques de Karine et Vincent dans « C’est arrivé en avril », merci également à Jacqueline, Natacha, Gaétane, Véronique, Audrey, Tonton Claude, Karine, Valérie et Sam, Hélène, Laurence, Charlotte, Carmen et Françoise qui ont choisi un vol haut en couleur aux côtés de Rainbow, l’oiseau inventeur en quête de son « Inaccessible étoile », tandis que ma star, mon Mbappé de papier, cette chère Aurélie aura fini par emporter à sa suite dans son « Livre qui parle de toi » Anna-Marie, Emmanuelle, Brigitte, Lucie, Joconde, Muriel, Céline, Audrey, Patricia, Sandra, Johanna, Patrick, Fabiana, Laurence, Corinne, Michèle, Fanny, MOP et enfin Nathalie… bonne lecture messieurs-dames… enfin mesdames surtout !
Merci aussi à Adrien et à toute l’équipe de l’Hyper U de Colmar pour leur accueil très sympathique… et leur invitation à récidiver dès la sortie de mon prochain bébé 🙂 À bientôt donc, face au rayon des parasols, un marque-page à la main…
