Qu’avais-je donc de prévu ce samedi 21 octobre 2023 ? Mais c’est bien sûr : La première séance de dédicace à la librairie encrage, où je suis de sortie avec mon nouveau bébé, « L’inaccessible étoile », publié par M+ éditions, qui ne sortira officiellement que le 26 octobre, mais bon pour Encrage, on a pu faire une exception.
La veille pourtant, une mauvaise nouvelle était tombée : l’article qui devait paraître dans la presse locale au sujet de ma dédicace a été décalé d’un jour : ce dernier ne paraîtra donc que samedi matin… avec un risque non négligeable que certains ne lisent la presse que le soir, et donc se rendent compte que trop tard que j’étais en dédicace, ce qui s’est bel et bien produit…
Quoi qu’il en soit, à 9h pétante, dès l’ouverture du magasin, je suis présent. Très vite, les libraires m’installent. Mon emplacement sera différent de l’an dernier, la place habituellement dévolue étant (déjà) occupée par les « goodies de Noël ». Bref, j’inaugure donc une dédicace à l’emplacement B, juste entre la table des nouveautés et les cartes de voeux, où j’installe mes trois romans.
À peine installé, alors que je n’ai même pas encore eu l’occasion de réaliser ma photo d’auteur en place, une première cliente s’intéresse à cet étonnant bonhomme qui met de l’ordre dans ses livres. L’occasion pour moi de tester le pitch de mon nouveau roman sur un vrai public… et ma foi, ça passe pas trop mal : la cliente – Monique – repart avec une « Inaccessible étoile » et un « Livre qui parle de toi » (version poche) sous le bras 🙂
Très vite, Amanda, Nadina et Sylvie suivent, repartant chacune avec un exemplaire des aventures de Rainbow, tandis qu’Alexia prendra un aller simple vers Sedona, dans « C’est arrivé en avril »

Mais vous allez me dire, où sont passés les hommes ? Ils arrivent très vite en les personnes de Bernard et de Romain qui eux aussi se laissent tenter par « L’inaccessible étoile », tandis que Franck partira comme Alexia vers Sedona, dans « C’est arrivé en avril ».
Le reste de la matinée, Arlette, Martine, Géraldine et Laetitia me prendront elles aussi un « Livre qui parle de toi »… mais alors quid de Rainbow et de son inaccessible étoile ? Que mon éditeur se rassure, lui trouve preneur en les personnes de Martine, Andreas, Céline et Christiane. Ouf !
Et voilà, la première partie de la séance s’achève là, sur un score honorable pour une matinée : 10 « Inaccessibles étoiles », 5 « Livre qui parle de toi » et 2 « C’est arrivé en avril » de vendus… un score néanmoins en deçà de celui de l’an dernier dans cette même librairie, où j’avais déjà presque soldé mes vingt-cinq premiers « Livres qui parle de toi ». La faute à ce décalage dans la presse, mais pas que : entre les vacances qui commencent (et qui poussent mon lectorat vers l’avion plutôt que vers la librairie), un (excellent) salon du livre dans la ville voisine, et simplement le syndrome du « c’est bon, on lui a acheté son bouquin précédent, on n’a plus assez de meubles à équilibrer pour lui acheter son nouveau bidule », mon score 2023 est clairement en deçà de celui de 2022… alors que mon taux de ventes effectuées par personne abordée s’est lui amélioré, allez savoir…

Autre « handicap » : certaines clientes sont venues faire dédicacer leur exemplaire du « Livre qui parle de toi » qu’elles avaient acheté durant l’année écoulée « sur les conseils de leur coiffeuse » (qui est l’une de mes lectrices). Mais quand il s’est agi de leur vendre le nouveau, elles ont préféré attendre… le verdict de la coiffeuse en question ! Hélas pour moi, celle-ci est en ce moment est à l’autre bout du monde, pour des vacances bien méritées… Donc amis auteurs, ne sous-estimez pas ces influenceuses que sont vos coiffeuses (et s’il te plaît, chère coiffeuse, dis-leur que tu as kiffé mon petit nouveau !).
Puis arrive la pause de midi. Calme plat dans la librairie. Calme plat dans la rue en face : en effet, le traditionnel marché du samedi matin a cédé sa place à un parking désert. Et en plus, il fait beau… comme je sais par expérience que dans cette librairie, les ventes du matin sont tes ventes de la journée, je commence par prendre peur… j’en profite néanmoins pour voir si les romans de mes amis se trouvent en rayon. Je trouve notamment deux exemplaires d’ »Outaouais » de Page Comann, trois volumes du dernier roman de Florence Herrlemann intitulé « Ou le dernier coquelicot », un exemplaire des « Gardiens du sanctuaire » de Martine Chiflot, un autre d’ « Aughrus point » de Gérard Coquet et une copie des « Pyromanes » de Vincent Delareux.
Puis commence l’après-midi… où un autre syndrome qui frappe ma région joue à plein : comme ce joli de coin de France attire surtout les expats venus travailler dans la Chimie en Suisse, on a l’occasion d’y pratiquer toutes les langues. C’est ainsi que je papote une bonne heure avec des Américains qui sont intéressés par mes romans… enfin quand ils seront traduits en Anglais ! Idem pour un couple de Vénézuéliens, qui eux les veulent en Espagnol. Pas de bol, mes romans n’existent pour l’heure qu’en Français…
C’est aussi l’occasion de papoter un peu avec les libraires, de leur faire découvrir qu’ils sont cités dans la postface du roman, et aussi de recueillir leurs impressions sur un célèbre site libraire que vous connaissez tous et dont le nom commence par A. À votre avis, leur avis tenait-il du feel-good book ou du thriller sanguinolent ? 😉
Puis enfin, quelques francophones osent re-pointer le bout de leur nez. Avec Isabelle nous parlons chats… et elle repart avec mon oiseau de « L’inaccessible étoile » sous le bras. Avec Sulamith, idem : après une longue conversation, je parviens à lui faire comprendre que oui, Rainbow lui tend les ailes, et que l’Inaccessible étoile ne devait plus lui rester inaccessible.
Marguerite, Bénédicte et Marie-Louise viennent elles aussi s’envoler aux côtés de mon loriquet multicolore, de même que la famille Potelleret, qui par ailleurs prend aussi un ticket pour la fin du monde avec « C’est arrivé en avril », tout comme Claude que mon Inaccessible étoile et mon « livre qui parle de toi » laissent de glace, mais que a bien voulu s’embarquer vers Sedona au côté de Karine et Vincent, les héros de « C’est arrivé en avril ».
Une autre jeune femme vient faire dédicacer un « Livre qui parle de toi » acheté durant l’année pour sa mère… et me demande plein de conseils d’écriture, souhaitant elle aussi devenir romancière. Alors, Laura en dédicace un de ces quatre ? Je lui souhaite en tout cas !
Puis soudain, déboule une jeune femme brune… qui me demande si je me souviens d’elle !
Sauf que… non. Puis finalement elle me révèle qui elle est : c’est une amie du collège, qui néanmoins était blonde à l’époque, et que je n’ai plus revu depuis les années 90. S’en suit une scène de retrouvailles comme dans « Le livre qui parle de toi », pour lequel elle va finir par craquer, repartant avec les aventures d’Aurélie, dont elle offrira aussi un exemplaire à son amie Isabelle… qui elle aussi était en classe avec moi ! Merci donc Christine pour ce beau moment de retrouvailles 🙂

Puis enfin, la journée se termine sur Catherine qui va à son tour se plonger dans « L’inaccessible étoile », avant le retour d’expats. Cette fois ce sont des Anglais qui trouvent que je ressemble à un Suédois, et que je parle leur langue avec un accent scandinave, mais pas de ventes pour autant, « because we do not speak french ».
Voilà donc pour cette journée. Le bilan à l’heure de la fin de la dédicace ? 17 « Inaccessible étoiles » vendues, 7 « Livre qui parle de toi » et 4 « C’est arrivé en avril »… pas mal dans l’absolu, mais comparé aux 36 « Livre qui parle de toi » vendu l’an dernier dans les mêmes lieux, peut mieux faire dirais-je…
À noter que les rares personnes qui se sont laissées aborder et qui ne m’ont pas pris mon nouveau roman, outre celles qui attendaient l’avis de ma coiffeuse, leur argument n’était cette fois pas l’argent – personne n’a regardé les prix de mes romans ! – mais le temps. « J’ai pas le temps de lire ». « J’achète juste une carte, mais je ne lis pas… » m’ont été opposés plusieurs fois. C’est bien là le dilemme de notre monde : soit tu bosses, tu as du fric pour acheter des livres, mais tu n’as pas le temps de lire, soit tu ne bosses pas, tu as du temps pour toi, mais tu n’as pas d’argent à claquer dans l’oeuvre de romanciers inconnus… ah la la, vivement le revenu universel !
Allez, sur ce, je remballe mes affaires, direction de nouvelles aventures. La foire aux livres de Belfort le week-end prochain par exemple, où je serai là aussi présent pour défendre mes bébés de papier !
À bientôt donc ! ✨🦜🥰
(Et sinon, demain, promis, je vous poste mon retour sur le festival sans nom où j’étais aujourd’hui en tant que « simple acheteur »… mais un romancier allant en salon passe-t-il inaperçu ? 😉 )




