Ce qu’il faut retenir de la séance :
Le 21 février 2026, j’ai assuré une séance de dédicace à l’Hyper U de Colmar en tant qu’auteur indépendant. Malgré un emplacement idéal et une forte fréquentation, la nouveauté considérée de science-fiction a d’abord peiné à convaincre un public majoritairement orienté vers des romans « réalistes ». Mon back catalogue, notamment « Le livre qui parle de toi », a lancé la journée, avant qu’un ajustement du pitch – plus proche du polar et des thrillers à base de complots – ne débloque les ventes de « La directive Jupiter ». Résultat : 34 romans vendus, au-dessus de la moyenne observée en hypermarché. Cette séance confirme l’importance du positionnement, du discours commercial et de l’adaptation au lectorat terrain pour un auteur peu connu. Un retour d’expérience de séance de dédicace en hypermarché, utile à tout auteur indépendant confronté à la réalité du terrain.
Les chiffres du jour :
Une dédicace n’est pas un événement littéraire : c’est un exercice de vente. La question revient souvent chez les auteurs : combien vend-on réellement lors d’une séance de dédicace quand on est peu connu ? Voici mon bilan à l’Hyper U de Colmar :
Le livre qui parle de toi [feel good / changement de vie] → 14 exemplaires vendus [Ce livre sur Amazon] 📖
La directive Jupiter [Thriller d’anticipation] → 7 exemplaires vendus [Ce livre sur Amazon] ☄️
La fille de demain [Thriller d’anticipation] → 5 exemplaires vendus [Ce livre sur Amazon] 🏃♀️
L’inaccessible étoile [Conte philosophique] → 5 exemplaires vendus [Ce livre sur Amazon] 🌠
C’est arrivé en avril [Science-fiction] → 3 exemplaires vendus [Ce livre sur Amazon] 🛸
Total : 34 livres vendus.

Sous un ciel incontinent.
21 février 2026, 9h10, Colmar. Je m’apprête à m’adonner à l’un de mes sports favoris : la dédicace en hypermarché, un incontournable de la vie d’auteur indépendant, où savoir vendre ses livres en grande surface comme l’Hyper U de Colmar reste souvent le nerf de la guerre. Un exercice dont je vous livre ici un retour d’expérience.
Dans le ciel, des nuages en mode vidange. Pas vraiment le ciel qui vous tombe sur la tête, même si ça avait fait une bonne pub pour « La directive Jupiter » et son astéroïde tueur. Sur le tourniquet donnant accès au magasin, le visuel est par contre en bonne place. Le gros caillou, la Terre en dessous, la promesse d’un gros boum et ma tête à côté, surmontée de la mention « Auteur en dédicace ». Bref, de qui faire rappliquer à moi tous ceux qui font le succès de la 47e rediffusion d’Armageddon à la télé. Comme ils sont nombreux, ça devrait me porter chance.
Très vite, je prends possession des lieux. L’équipe du magasin m’accueille et me présente le nouvel emplacement dédié aux dédicaces, car depuis peu, la librairie a changé de place. Autant le dire d’emblée : l’ancien emplacement était très bon, le nouveau est meilleur encore : juste à côté de l’entrée du magasin, et près des caisses. Idéal pour pitcher aux personnes qui doivent attendre leur tour. Ça sent bon !
La gauche et la droite.
Très vite je me mets en place. Comme d’habitude, je sépare mes romans en deux catégories : à ma droite, les romans suspense / action / aventure / SF (« C’est arrivé en avril », « La fille de demain » et désormais « La directive Jupiter »), à ma gauche tout le reste, à savoir mon roman « feel-good » / développement personnel / inclassable surtout « Le livre qui parle de toi » et mon conte philosophique « L’inaccessible étoile ». Cette disposition ne doit rien au hasard, elle est au contraire stratégique : en effet, si un lecteur est allergique à un de mes deux univers, je peux facilement le faire regarder de l’autre côté de la table et hop, on oublie la moitié qu’il ou elle exècre.
Aussitôt la mise en place effectuée, un ami avec qui j’ai voyagé réalise la photo officielle de lancement (ça nous change des selfies pourris des semaines précédentes !) et hop, post sur les réseaux : me voilà fin prêt pour la séance. Lecteurs, lectrices, je vous attends, surtout que lors de mes deux passages précédents, c’est au public du matin que je devais le gros de mes ventes. Bref, le succès (ou pas) de ma journée va sans doute se jouer avant midi.
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Ça n’existe pas !
Sauf que 2026 n’est ni 2024, ni 2025. Alors que les fois précédentes je vendais parfois même avant d’avoir eu le temps de poster, cette année, rien. Pourtant le monde ne manque pas, et la qualité de l’emplacement se confirme. Donc si ni la fréquentation ni l’emplacement ne sont à mettre en cause, le problème se situerait-il… du côté de l’auteur ?
Là encore, mon dynamisme n’est pas à mettre en cause. Les marque-pages attirent les lecteurs potentiels, qui sont cependant un peu au dépourvu devant ce que j’ai écrit, et qui très vite détectent un problème : la couverture de « La directive Jupiter ». Elle représente un astéroïde dans l’espace. Or qui dit espace, dit forcément SF. Et la SF, c’est pas réel. Du coup tous les romans de ce côté-là de la table sont de la SF, donc zappés ! Bon, ils n’ont pas tort concernant « C’est arrivé en avril », où des êtres venus d’ailleurs dignes d’être disséqués à Roswell sont de la partie, c’est vrai aussi pour « La fille de demain » où une agent secret venue du futur se retrouve naufragée temporelle en 2015, mais « La directive Jupiter »… est des trois le plus réaliste, les éléments les plus high-tech et « futuristes » du roman existant au moins à l’état de prototypes. Pourtant c’est lui qui me perdra.
« Vous auriez dû écrire un polar les pieds sur terre, monsieur l’auteur, parce que tous ces trucs là-haut, ça n’existe pas ! », que me dit un futur non-lecteur, smartphone à la main. Euh… je lui dis que si son smartphone dispose d’un GPS, c’est grâce à des satellites en orbite autour de la Terre, soit à peu près à l’altitude représentée sur la couv’ de Jupiter ? Et aussi qu’il existe un organisme aux USA – le Minor Planet Center ou MPC, évoqué dans le roman d’ailleurs – destiné à nous prévenir des risques présentés dans « La directive Jupiter » ?
« Et ces trucs qui tombent du ciel, ça existe que dans les films ! » que me dit un second. Bon ben on va tout de suite demander leur avis aux 1.176.770 habitants de Tcheliabinsk (Челябинск en VO, ville de Sibérie occidentale, capitale de l’oblast de Tcheliabinsk, Fédération de Russie), qui le 15 février 2013 au matin – bien avant l’IA générative donc – ont vu ça :
L’autre côté de la table : ma bouée de sauvetage.
Mais l’autre côté de la table me direz vous, celui avec mon conte philosophique et mon « Livre qui parle de toi » ? Ben c’est lui qui va ouvrir la marche avec, une fois n’est pas coutume, une vente de « L’inaccessible étoile » à Jeanne, la plus jeune de mes lectrices du jour.
Puis arrive Dominique (♀). Elle n’est pas rétive à la SF… mais aux romans en plusieurs volumes. Damned ! Heureusement, dans ce cas, j’ai l’antidote : je tends « La fille de demain » : même énergie, même mood, une voyageuse du temps contre un astéroïde, et lui au moins, il est en un seul tome. Avec Dominique, « La fille de demain » ouvre ses compteurs.
Sophie, Angelina, Catherine, Claude (♀) et Nathalie n’auront elles d’yeux que pour Aurélie et son « Livre qui parle de toi », là où Liliane – qui aime les oiseaux – craquera sur Rainbow et son « Inaccessible étoile ». Et pendant ce temps, dans la partie droite de la table…
Par Jupiter !
Puis enfin, enfin, enfin, « La directive Jupiter » ouvre les compteurs. Son secret : un lecteur… déjà conquis l’an dernier, qui m’avait acheté « La fille de demain » l’an d’avant, et qui avait adoré l’écriture cinématographique, « idéale pour une histoire qui sent le blockbuster ». Ouf, l’honneur de « Jupiter » est sauf ! Merci Olivier de me permettre d’en vendre un… après tout, c’est ma nouveauté de l’année : c’est celle-ci que je veux vendre !
Un second lecteur – Manuel – me prendra quant à lui un doublé : « Jupiter » ET « La fille de demain ». Merci à vous monsieur, ainsi que merci à Frédéric, qui lui aussi se laissera convaincre par le pitch « blockbusteresque » de « La Directive Jupiter ». Amélie, elle, s’enfuira aux côtés de Caillean et Vincent dans « La fille de demain ». Merci à vous toutes et tous !

Bilan à midi.
Alors qu’Amélie me quitte sa « Fille de demain » sous le bras, arrive l’heure des comptes de midi. Si en 2024 j’en étais déjà à 19 ventes (voir ici) et en 2025 à 15 ventes (voir là), cette année j’en suis à 13. Sachant que les heures du matin sont souvent les plus propices, je commence sérieusement à douter.
Autre fait marquant : Si « L’inaccessible étoile » et surtout « Le livre qui parle de toi » n’a séduit que des lectrices, « La directive Jupiter » n’a conquis quant à elle que des hommes. À cette heure, mon seul roman mixte est « La fille de demain ». Quand on sait qu’un lecteur, c’est le plus souvent une lectrice, je commence à prendre peur pour mon « Jupiter »…
La remontada de l’après-midi…
Après Amélie, place aux heures creuses de midi. J’en profite pour tirer ma baguette du sac, et hop, me revoilà en place. Entre temps, j’en profite pour reformater ma table de dédicace : j’ai remarqué que des gens arrivent aussi par les côtés – notamment mon côté droit : je prends donc un exemplaire de chacun de mes romans que j’expose face aux gens venant de là.
Cette réorganisation a-t-elle joué ? Réponse : non. Mais l’arrivée d’une clientèle moins « polar only » va un peu débloquer la situation. Tania et Anne suivront Rainbow en quête de « L’inaccessible étoile », là où Adèle, Marlène, Annick, Anita et Anne-Marie craqueront sur… « Le livre qui parle de toi », doit mon profond Back catalog qui est en train de sauver cette séance de dédicace.
Une lectrice souhaitant offrir mes romans en cadeau à des amies me prendra également un exemplaire de « L’inaccessible étoile » et du « Livre qui parle de toi ». Un beau doublé à nouveau.

Et de l’autre côté de la table ?
Et la partie droite de la table, celle où les astéroïdes tombent sur les voyageuses du temps avant l’arrivée des extraterrestres ? Ils vont un peu bouger aussi. Je rencontre Julien et son épouse. Monsieur souhaite se remettre à la lecture, je lui raconte le témoignage recueilli suite à ma dédicace à Alkirch où un cas similaire s’était présenté, et où le mari fut conquis par « La fille de demain ». Preuve à l’appui (merci son commentaire sur mon blog !), Julien craque et fond pour « La fille de demain », là où Micheline et Renaud suivront Karine et Vincent qui vont faire des rencontres de tous les types dans « C’est arrivé en avril », et surtout Dominique (♂) et Jérôme qui vont, eux, flasher sur le gros astéroïde qui fait boum dans « La directive Jupiter », qui confirme son statut de romans « pour hommes exclusivement ».
Mon plus grand succès ? Le roman que je n’ai pas écrit !
Sur les coups de 16h30, je suis donc à 27 ventes. Pas mal… mais très, très, très en deçà du score où je pourrais être si j’avais davantage suivi les études de marché que mon coeur. Or depuis quelques mois, j’ai lancé la mienne en notant également les genres de romans que je n’ai pas été en mesure de fournir – car je n’avais pour l’instant pas encore écrit dans ce genre, et là, une tendance très nette se dessine à présent : deux genres manquent à mon répertoire : la romance et le polar.
Or l’un des deux semble s’essouffler, pour ne laisser place qu’à une valeur sûre : le polar. Pas le thriller, le polar. Et prière de rester bien les pieds sur Terre, monsieur l’auteur. Donc pas d’aliens, pas de voyageuse du temps, pas de météorite, pas d’utopie non plus, bref pas de ce qui fait mon ADN d’auteur… Du pieds sur terre, du quotidien, qu’on veut ! Si ça existe sur les champs de bataille du Donbass, ça ne suffit pas. Il faut que ça puisse arriver juste à côté de chez nous. Pas dans le monde réel, mais dans le monde quotidien. On s’en fiche qu’Elon Musk fasse déjà joujou avec. « Lui aussi, il est tout le temps dans la science-fiction ! » me dit un de mes non-clients.
Du coup, j’avais déjà décidé de repousser mon prochain roman « personnel » à plus tard, mais j’hésitais entre écrire une romance ou un polar. À présent mon choix est fait.

Changement de braquet.
Oui mais en attendant, je fais quoi ? Je ne peux pas écrire un polar dans la bonne heure de dédicace qu’il me reste. Par contre, je peux polardiser le pitch de « La directive Jupiter », axant plus ce dernier sur l’aspect complot. Or qui dit complot dit coupable, et qui dit coupable dit polar. Na ! Mon nouveau pitch type devient donc « Imaginez que vous retrouvez votre grand amour de jeunesse le jour pile où vous découvrez que ce bidule va nous tomber sur la tête » (là, je montre l’astéroïde en couverture de roman). Là j’ajoute : « dites-moi, quelle est la probabilité que les deux événements aient lieu pile le même jour, à la même heure ? » Là, l’intérêt nait dans les yeux. C’est alors que j’assène le coup de grâce : « Hasard ou… complot ? Et si ce n’est pas du hasard, alors les bonnes questions, n’est-ce pas qui… et pourquoi ?« . Et voilà, Jupiter devient Cluedo® ! Voyons voir si ça marche…
Ma première vente sera pour Danielle qui craquera sur « Le livre qui parle de toi » (et qui sauve ma séance de dédicace), puis Anne-Laure et Pascale qui, elles aussi, craqueront sur… sur… sur… encore « Le livre qui parle de toi », qui aura été vendu à 100% à un lectorat féminin.
Émilie craquera elle sur « C’est arrivé en avril » et Sandrine privilégiera « La fille de demain ». Et « La directive Jupiter » alors ? Eh bien Régine et Virginie se laisseront happer par ce pitch « polardisé » de la Directive Jupiter, rompant ainsi la malédiction qui faisait de ce roman un livre réservé au lectorat dopé à la testostérone.
Ai-je trouvé la martingale pour en faire un succès ? Réponse dans les prochains épisodes !

L’heure du bilan.
Ce qui reste d’une dédicace, ce sont avant tout des rencontres. À Colmar, Micheline, Émilie et Renaud ont fait confiance à C’est arrivé en avril. Anne, Jeanne, Liliane, Tania et une lectrice mystère se sont envolées avec L’inaccessible étoile. Amélie, Dominique, Sandrine, Julien et Manuel ont choisi la cavale de La fille de demain.
Du côté de La directive Jupiter, Régine, Virginie, Dominique, Frédéric, Jérôme, Olivier et Manuel ont franchi le pas. Et Le livre qui parle de toi a trouvé un large écho auprès d’Adèle, Angelina, Anita, Anne-Laure, Anne-Marie, Annick, Catherine, Claude, Danielle, Marlène, Nathalie, Pascale et Sophie, ainsi qu’une lectrice restée anonyme.
Au moment de regarder les compteurs, la répartition s’établit ainsi : 3 exemplaires de C’est arrivé en avril, 5 de L’inaccessible étoile, 5 de La fille de demain, 7 de La directive Jupiter et 14 du Livre qui parle de toi. Soit 34 livres vendus sur la journée.
Une séance qui confirme le rôle décisif du back catalogue.
Une réflexion.
Malgré ce succès objectif – 34 ventes en une journée, ce n’est pas courant, surtout que la moyenne française pour les auteurs en dédicace en hypermarché serait de 10 ventes pour un auteur de mon niveau de notoriété (source : Le monde) – cette séance de dédicace laissera en moi un point d’interrogation… dois-je continuer à suivre mon coeur et écrire ce que j’aimerais lire, ou adopter une approche plus marketing pour cibler ce qu’on me demande, qui n’est pas ma pente la plus naturelle ?
Je me demande aussi comment les auteurs qui m’ont donné envie d’écrire auraient fonctionné avec leurs premières oeuvres, à niveau de notoriété égal, soit avant qu’ils ne percent auprès du grand public ? Bernard Werber et ses Fourmis auraient-ils mieux vendu ? Et ses Thanatonautes ? Et son Empire des anges ? Et son génialissime Papillon des étoiles dont la couverture contient encore plus d’espace intersidéral que la mienne ?
Quid de Michael Crichton dont le premier roman – La variété Andromède – parlait d’un virus tombé d’une sonde spatiale ? Il coche toutes les cases de mon Jupiter, celui-là ! Même son roman le plus connu et je crois le plus vendu, à savoir « Jurassic Park » (oui oui, celui adapté au ciné par Spielberg), aurait à mon avis galéré face à un public cherchant des romans proches de leur quotidien (qui, je suppose, n’est pas rempli de T-Rex et de Vélociraptors en goguette).
Même les premiers Musso et Marc Levy, où l’extraordinaire était abondamment présent, auraient probablement peiné à trouver leur public… comment l’expliquer ? Comment expliquer en général que ce qui cartonne au cinéma ou en télé ne soit pas ce qui cartonne en roman, même auprès d’un public dévorant ces films (et donc pas rétifs à ces genres)… pour peu qu’ils soient en image ?
À bientôt pour de nouvelles aventures !
Quoi qu’il en soit merci à Sarah et à toutes les équipes de l’Hyper U de Colmar pour m’avoir permis de venir dédicacer mes romans entre leurs murs… et de réaliser une étude de marché qui, si ce dernier ne se retourne pas d’ici là, me permettra de vendre encore bien davantage entre leurs murs.
À bientôt donc pour de nouvelles aventures… moi, je vais aller me chercher une idée de polar à écrire…
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