Salon du vin et de la BD de Beblenheim, 24 mars 2024 : Coupé-décalé !

24 mars 2024. Cette semaine, la désormais traditionnelle dédicace du samedi aura lieu le dimanche… pourquoi ce bousculement de protocole ? Tout simplement parce que ce week-end mon terrain de chasse ne sera pas les rayons d’un hypermarché et son flux familial, mais un salon de village, principalement axé sur le vin et la BD… mais que viennent faire les romanciers en ces lieux ?

Les ? Oui, car heureusement, je ne serai pas le seul de mon espèce a avoir oublié d’ajouter les images dans ses romans. Dans la #team_romanciers, je pourrai compter sur le soutien d’une part de Jean-Marie Stoerkel et Martine Moser, un couple de romanciers et anciens journalistes, spécialisés dans le polar de terroir 100 % made in Alsace, ainsi que de Karine W. Meyer, autrice de polars historiques et de romans de fantasy, qui est une sœur de plume depuis l’aventure des Nouvelles Plumes justement, où nous étions connus comme le loup blanc sous nos pseudonymes respectifs : TNK pour moi, Emamka pour elle… d’ailleurs pour ceux qui auront lu mon « Inaccessible étoile », vous saurez à présent d’où vient le nom de « Ribes Emamka », le nom scientifique des baies que mangent mes oiseaux : c’est un clin d’œil à Karine et à nos années NP 🙂

Mais avant de dédicacer, d’abord faut-il arriver sur le lieu de la dédicace, une salle des fêtes bâtie en plein cœur de Beblenheim, village viticole typique des contreforts des Vosges Alsaciennes, entre Colmar et Sélestat, entouré de localités qui ont déjà fait les riches heures des émissions comme « Le plus beau village de France ». Visuellement, Beblenheim n’a pas à rougir face à ses voisines : les colombages typiques sont au rendez-vous, le nid de cigognes sur le toit de l’église aussi. Ne manquent que les géraniums rouges si typiques de la région, mais bon, pour ceux-ci, on est encore un peu tôt dans la saison.

Une fois la voiture garée – ce qui en soi est une aventure digne de Pekin Express – je sors les livres, le kakemono et boum, direction la salle des fêtes où je m’installe. Bien sûr, comme à l’accoutumée, les marque-pages sont de sortie… que la chasse commence !

Sauf que ce matin, comme j’étais en avance, les portes des lieux ne sont pas encore ouvertes au public. Je profite de ce temps de calme avant la tempête pour réaliser quelques clichés des lieux qui illustreront cette prose, ainsi et surtout pour retrouver mes amis romanciers. C’est donc avec plaisir que je retrouve Jean-Marie et Karine, toujours aussi souriante. 🙂

Je découvre aussi mes autres voisins de salon : des vignerons venus présenter leur vin, une aquarelliste, ainsi que de nombreux auteurs et/ou dessinateurs de BD. Logique pour un salon prioritairement dédié à ces deux arts. Seul problème : en BD comme en vin, je n’y connais à peu près rien… et croyez-moi que je n’en suis pas fier.

Question vin, autant le dire tout de suite : comme je dois rester clair dans la tête, ben boire ou conduire… mais pour les BD, quelle excuse vais-je trouver ? Là, je n’en ai pas.

Bon, mon voisin de salon, Monsieur Francis Bergese, ne m’est pas totalement un inconnu, ou en tout cas son héros fétiche ne l’est pas : Monsieur Bergese est en effet l’un des scénaristes des fameux « Buck Danny », pilote de chasse qui sauve le monde une fois par album au grand minimum. Autre auteur qui ne m’est pas inconnu : Champôl (soit « Jean-Paul » prononcé avec l’accent si chantant de chez nous 😉 ). Lui est le créateur d’Emma la cigogne, personnage alsacien typique qui a accompagné ma jeunesse, dans le journal local. Son expression fétiche : « Soïwatter ! », soit littéralement « Temps de cochon ! », une expression du cru qui va à ravir à cette cigogne râleuse et bougonne, preuve que nous autres alsaciens sommes quand même bien français !

Sur les coups de 10h, enfin, le public est autorisé à entrer. Et avec lui, mes marque-pages entrent en action. Pour avoir une chance parmi tous ces lecteurs de BD venus à la rencontre de leurs auteurs favoris, je vais devoir me battre, aller sur leurs terres. Ah bon mon voisin est spécialisé dans la BD aéronautique ? Ben je vais m’adapter ! Une rafale de marque-pages pour dissiper les mirages, ça vous tente ?

Grâce à mon feu nourri, je parviens à conquérir le cœur de quatre lectrices, qui toutes craqueront pour les aventures d’Aurélie dans « Le livre qui parle de toi ». Merci donc à Mathilde, Karine (pas l’autrice, juste une homonyme), puis enfin Virginie et Nunzia qui vont tour à tour craquer sur cet énigmatique livre 🙂

Mais avec les heures, je dois me rendre à l’évidence. Autour de moi, plus que des fans d’aventure médiévale, de livres d’histoires et de « Buck Danny », le pilote héroïque qui sauve le monde à bord de son avion de chasse et qui… et qui… mais hé, la voilà l’idée ! Devant moi, j’ai plein d’amateurs d’histoires de castagne aérienne… et si je leur lisais quelques extraits de mon « C’est arrivé en avril » ? Et si la séquence que je choisissais était – au hasard, hein ! – juste celle où mes deux héros, à bord d’un appareil dont je ne vous révélerai rien, mettent en déroute l’élite de l’armée de l’air lancée à leurs trousses ?

Ni une ni deux, je mitraille de marque-pages et d’extraits bien choisis, et voilà déjà que face à moi Gregory, Gabriel, Maurice et Jacques tombent sous le feu nourri de mes armes absolues. Allez hop, bon voyage sur les routes de « C’est arrivé en avril » à vous quatre !

Puis arrive la pause de midi. Bilan des courses à la mi-journée : plus de ventes que ce que je ne craignais en terrain aussi peu conquis, mais une ombre au tableau : toujours aucune « Inaccessible étoile » de vendue, malgré mes nombreuses tentatives de pitch.

En début d’après-midi, la donne change. Champôl, l’auteur de la plus alsacienne de nos cigognes remarque qu’un autre drôle d’oiseau hante les lieux, et même que cet étrange volatile a écrit un bouquin sur un oiseau aussi peu conformiste que lui. D’emblée, il accroche au pitch et boum, avec l’auteur d’Emma la cigogne, Rainbow prend enfin son envol, avec une dédicace en Alsacien !

À sa suite, Fabienne ainsi qu’une anonyme et mystérieuse lectrice Beblenheimoise tomberont sous le charme de mon oiseau inventeur, et partiront avec leur exemplaire dédicacé sous le bras. Yes !

Hélas pour moi, la pêche s’arrêtera là. Je ne réaliserai donc que trois ventes cette après-midi. Pourquoi ? Parce que… mais bon, qu’importe : je passe quelques moments sympathiques a tchatcher avec mes deux confrères de la #team_romanciers, et m’adonne même à mon autre passion : la photographie. Pour clore le tout, une vigneronne champenoise réalisera même un très beau portrait de Karine et moi, à l’aide de mon appareil.

Puis lentement, le soleil sur l’horizon décline, tandis que le ciel se charge. « Soïwatter » en vue ! Je charge alors précipitamment mes exemplaires dans le coffre de la voiture, espérant éviter la pluie, puis arrive à décoller au moment où les premières gouttes s’échouent sur le pare-brise !

Je prends rapidement congé de Jean-Marie et de Karine, à qui je donne néanmoins rendez-vous sur de futurs salons que nous avons en commun… à bientôt donc pour de nouvelles aventures !

Bilan des courses : 11 ventes seulement, mais en terrain bien moins facile qu’un hypermarché bondé : la performance n’en est que plus remarquable. Merci donc à Mathilde, Karine, Gregory, Virginie, Gabriel, Nunzia, Maurice, Jacques, Champôl, Fabienne et la lectrice mystère pour vos achats, et bien sûr bonne lecture ! … À bientôt !