Résumé rapide :
Le 7 mars 2026, j’ai tenu une séance de dédicace à l’Espace Culturel du Leclerc de Hirsingue (Haut-Rhin). Comme souvent pour un auteur indépendant, la journée a été faite de hauts et de bas : matinée difficile, ventes irrégulières, livres parfois abandonnés en rayon… avant un retournement de situation en fin d’après-midi. Au total, 26 romans vendus. Ce retour d’expérience raconte concrètement comment se déroule une dédicace d’auteur en grande surface : réactions des lecteurs, difficultés de terrain et enseignements tirés sur les genres les plus demandés. Une plongée réaliste dans la vie d’un auteur qui vend ses livres directement au public.
Et au niveau compta ? :
Avant de raconter la journée, commençons par ce qui intéresse souvent les auteurs : les ventes. Une dédicace est aussi un exercice très concret, surtout lorsqu’on est un auteur indépendant. Voici donc les résultats enregistrés lors de ma séance de dédicace à l’Espace Culturel Leclerc de Hirsingue :
- Le livre qui parle de toi [feel good / changement de vie] → 10 exemplaires vendus [Ce livre sur Amazon] 📖
- La directive Jupiter [Thriller d’anticipation] → 7 exemplaires vendus [Ce livre sur Amazon] ☄️
- L’inaccessible étoile [Conte philosophique] → 4 exemplaires vendus [Ce livre sur Amazon] 🌠
- La fille de demain [Thriller d’anticipation] → 4 exemplaires vendus [Ce livre sur Amazon] 🏃♀️
- C’est arrivé en avril [Science-fiction] → 1 exemplaires vendus [Ce livre sur Amazon] 🛸
Total : 26 exemplaires vendus.

Samedi 7 mars 2026, sur les coups de 9h25, j’arrive devant le Leclerc de Hirsingue, situé en plein coeur du Sundgau. Avec ce lieu, j’avais une histoire compliquée, vu que ce magasin loin des grands axes routiers, j’en avais découvert l’existence dans des conditions terribles : un chat tombé subitement gravement malade une nuit d’hiver, en week-end pour rien arranger – moi qui supplie de trouver un vétérinaire de garde pour le sauver – le seul ouvert est à Hirsingue, « à côté du Leclerc » – moi qui découvre les lieux sur google maps – on fonce avec un animal plus mort que vif dans la voiture. Même si l’histoire s’était bien terminée pour le félin, j’associais forcément le lieu au stress de cette nuit où une affectueuse boule de poil a failli nous quitter. En plus comme de nuit on n’y voyait pas bien, je n’avais pas repéré que le lieu hébergeait un espace culturel.
Ce n’est que des années plus tard, suite à une discussion avec un autre auteur, que j’ai découvert que ce Leclerc non seulement disposait d’un espace culturel, mais qu’en plus, l’équipe qui en assurait la gestion – Mathilde et Julien – était des plus sympathiques. J’ai donc, dans le cadre de mon « jupitour », postulé pour dédicacer mes romans chez eux… et la réponse fut positive. Rendez-vous le 7 mars pour découvrir cet endroit où je m’apprêtais à dédicacer pour la première fois. Une opportunité toujours à saisir pour un auteur indépendant qui vend une part importante de ses livres en dédicace.
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Un nouveau jour.
Cette fois-ci, pas question d’aller chez le véto. C’est de jour que je découvre enfin ce Leclerc bien plus grand qu’il ne paraissait de nuit, toutes lumières éteintes. L’installation se pose sans problème. Pour ma stratégie de répartition des romans sur la table, je vous renvoie à mes comptes-rendus précédents (voir en fin d’article), puis on réalise la photo « officielle » et hop, c’est dans la boîte. J’en profite aussi pour me présenter à Mathilde, la charmante responsable « du matin », avec qui nous avons d’intéressantes discussions. Bref, sur ce, je suis go pour accueillir mes lecteurs ! Que ma séance de dédicace commence !
Sauf qu’au début, il n’y a foule. Quelques personnes dans le magasin, mais nul ne passe à travers les rayons lingerie féminine ni bricolage/jardinage par lesquels il faut passer pour atteindre l’espace culturel, situé en fond de magasin. Client et clientes s’arrêtent aux kits de barbecue et aux bonnets C, sans daigner venir bouquiner. Sur le coup, je ne vous cacherai pas que la peur me saisit. Mes chances de vendre me semblent aussi larges qu’un string, où que l’espérance de vie d’une chipolata sur le barbeuc. Les quelques rares personnes qui entrent ne s’intéressent pas aux romans, ou alors à des polars « bien les pieds sur Terre ». Bref, avec mon astéroïde en couv’ de La directive Jupiter, ça ne va pas aider. Ajoutez à ça les derniers événements géopolitiques qui font ressembler les chaînes d’actu à un booktrailer pour mes romans, les gens majoritairement désireux de « se changer les idées » ne trouvent pas leur compte. Le genre le plus demandé (et de loin) : le polar. Pas un truc qui se passe là-haut. Pieds sur Terre, on a dit. Il va vraiment falloir que j’en écrive un.
BFM TV, CNews ou LCI ? Et si c’était La directive Jupiter plutôt ?
Ouvrir les compteurs.
Puis enfin, sur les coups de 10h30, après une heure infructueuse, enfin entre un visage qui ne m’est pas inconnu. Une femme blonde, avec des lunettes… et là je la reconnais : nous avons exposé ensemble à l’édition 2014 du Salon des 40 à Saint-Louis, et nous nous suivons mutuellement depuis sur les réseaux sociaux. Cependant, elle n’avait jamais eu l’occasion de me lire. Connaissant son univers, je lui conseille donc Le livre qui parle de toi, qui ouvrira mon compteur des ventes. Et une dédicace pour Véronique, une ! Enfin, ça démarre. Maintenant prochain objectif : vendre à des inconnu.e.s.
Sur le coup de 11h, enfin ces derniers commencent à affluer. Ma première inconnue du jour sera Lydie, qui se laissera convaincre par Le livre qui parle de toi, Nadine aussi. Mais derrière, tandis que je lui pitche ce roman, son mari Bernard s’empare d’un exemplaire de La fille de demain, sur qui il craque à son tour. Grâce à lui, La fille ouvre les compteurs. Cindy, Laura et Sandrine – une charmante Suissesse – font monter le compteur du Livre qui parle de toi, là où Martine craquera pour L’inaccessible étoile et son oiseau inventeur. Du côté du lectorat masculin, j’essuie refus sur refus, sauf auprès de certains qui, dès qu’ils la voient, craquent sur La fille de demain, en lisent rapidement la quatrième de couverture, et repartent avec une signature sans presque avoir échangé. Ainsi Patrick et Frédéric s’en emparent.
Et Jupiter alors ?
Et La directive Jupiter dans tout ça ? N’est-ce pas avant tout pour faire découvrir mon nouveau bébé que je me suis déplacé ? Ben si. Mais la réponse est unanime des lecteurs du matin est : ben non. Trop SF, trop « Qui fait peur ». Les gens veulent du réel, pas de l’actuel. Du qui rassure aussi. Sauf que l’époque actuelle n’est pas rassurante, donc désolé, mais le réel est Jupitérien. Sans oublier que toute référence à l’astronomie donne l’impression que pour comprendre ce roman, il faut un bac + 15 en astrophysique comparée, du genre à se résoudre des équations différentielles dans un référentiel non euclidien chaque matin au petit-déj. Spoiler : non.
Mathilde, la « responsable du matin », s’en étonne. Elle a lu le pitch du roman dans mon dossier de présentation et était super emballée. Néanmoins, elle reconnaît que son lectorat est peu « SF ». « Mais c’est pas de la SF » que je lui dis. OK, la menace vient de l’espace, mais le complot autour est bien terrestre, et nul ne monte dans l’espace dans ce roman. Les seuls éléments se baladant là-haut dans le roman existent dans la vraie vie : des sondes spatiales. Ces dernières naviguaient de planète en planète avant même ma naissance, donc voilà quoi… Mais dans la tête des gens, espace = SF. C’est comme ça. Ce n’est pas parce que c’est vrai que c’est vrai. La vérité est dans ce qu’imaginent les gens, dans ce qu’ils voient sous leur nez. Ben pas étonnant qu’on ait tant de platistes alors !
Toujours est-il que suite à notre conversation, Mathilde craque sur La directive Jupiter, dont elle sera ma seule cliente du matin. Si je dois compter sur le personnel des lieux m’invitant pour faire vivre mes romans, je suis mal ! Toujours est-il qu’à cette heure, La directive Jupiter a déjà un pied dans la tombe.

Le désert et sa traversée.
Puis arrivent les heures de midi. « C’est calme chez nous passé midi » que m’a averti Mathilde. Elle avait raison. Si le couple formé par Christophe et Marie me prend encore Le livre qui parle de toi (pour elle) et – enfin ! – La directive Jupiter pour lui, s’installe alors un calme aussi plat qu’un lagon par beau temps. Les chances de ventes passent du mini-string au nudisme.
Sur les coups de 13h, changement d’équipe. Mathilde prend congé, Julien arrive. Avec lui nous faisons le point. Il faut dire que Julien est très carré. Il m’avait même appelé en cours de semaine pour me rappeler ma dédicace, et indirectement vérifier si j’étais bien carré aussi. C’est bon, ça a matché. Je lui présente mes comptes, il s’étonne : « Pour une matinée aussi ensoleillée, c’est énorme, mais avec le super beau temps qu’il fait dehors, courage quoi… ». Je me dis, allez, au pire, ça fera 13 ventes. C’est ça aussi, les séances de dédicace.
Les disparues.
Sauf que quelques minutes plus tard il vient me voir affolé : seuls 7 romans sont passés en caisse ! Mais alors, quid des 6 autres ?! Car bien sûr, je ne serai payé que sur les ventes réelles – celles passées en caisse donc. À chaque dédicace, des romans « disparaissent » de la sorte. Soit placés discrètement dans un rayon (mais invendables à cause de la dédicace). C’est donc une perte sèche pour moi. Mais jamais jusqu’à présent cela ne concernait la moitié de mes stocks !
Très vite, il va s’avérer que pour 4 d’entre eux, c’était un délai de mise à jour des bases de données, mais deux romans restent toujours manquants : deux des trois Fille de demain « vendues » le matin. La seule autre fille de demain ayant été vendue à un couple qui m’a pris un doublé La fille / Le livre qui parle de toi, comme tous les Livre qui parle de toi sont passés en caisse, on en déduit donc que ce sont sans doute les deux clients pressés qui ont étrangement vite craqué sur ce roman, et qui ont dû l’abandonner quelque part dans le magasin.
Cette déduction de fin limier est-elle juste ? Suis-je en train d’écrire mon premier polar en live ? Spoiler : Je ferais un fin limier. Une hôtesse de caisse ramène d’abord l’exemplaire dédicacé à Frédéric, trouvé près des caisses, puis un des vendeurs de l’espace culturel trouvera celui dédicacé à Patrick dans un rayon de l’espace culturel. Les deux suspects étaient donc les bons ! Toujours est-il que je me retrouve avec deux invendables, qui iront faire la joie des lecteurs des boîtes à lire de mon coin… d’ailleurs tiens, je vous livre en exclusivité mondiale la remise de l’exemplaire que j’avais dédicacé à Frédéric dans la boîte à lire près du Triangle à Huningue…
Toujours est-il que je me retrouve alors à 11 ventes, et un soleil incandescent brûlant dans un ciel qui n’attirera pas le public au supermarché. Waterloo, morne plaine ? Attendez jusqu’à la fin…
Vaincre le soleil.
Les premières heures sont longues. Très longues. Sous mes yeux, l’espace lingerie et l’espace brico, par contre ni lecteur ni lectrice. La seule qui m’abordera ne voudra pas de dédicace dans son C’est arrivé en avril et heureusement : on le retrouvera lui aussi deux heures plus tard dans un rayon. Non dédicacé, il pourra néanmoins être remis à la vente.
Bref, dans ma tête, l’échec est acté. Puis soudain, sur les coups des 15h30, la tendance s’inverse.
D’abord une sympathique Colette choisit de s’envoler vers L’inaccessible étoile, puis Mireille et Tiffany se décident de suivre La fille de demain en passant en plus par les caisses (prenez-en de la graine, messieurs !). Valérie les suivra une bonne heure plus tard, partant une Fille sous le bras.
Se pose alors à nouveau la question : Et La directive Jupiter ? Soudain, pour lui aussi le vent tourne ! Tour à tour Virginie, Annelise, Lucile et Christian craquent sur ce techno-thriller aux enjeux planétaire. Christian m’offrira même un doublé vu qu’il craquera aussi sur C’est arrivé en avril, repartant ainsi avec l’exemplaire qui avait précédemment été abandonné en rayon.
Puis LA rencontre !
Soudain, une souriante jeune femme entre. Elle me voit, je ne la connais pas, pourtant elle s’exclame : « trop bien, il est encore là ! ». Elle me sort alors de son sac un vieil exemplaire de la première édition du Livre qui parle de toi, qu’elle a adoré. Un livre plein de post-its tant elle a tenu a en annoté des passages. S’en suit une longue discussion où elle me révèle qu’à ses yeux, ce livre aurait pu être écrit par une femme (précisons que c’était un compliment dans sa bouche). Comme tel était un de mes buts sur ce roman, j’en suis ravi.
Si elle n’a pas su me dire exactement pourquoi (est-ce à cause du chapitre où j’explique à quel point il est idiot que les jupes vous soient réservées, mesdames ?), nous échangeons longuement sur ce roman qui l’a touchée au plus profond d’elle-même, puis après de longs échanges, elle me prend L’inaccessible étoile, un choix qu’une autre lectrice (Charlotte) fera peu après.
En tout cas, je fus ravi de vous rencontrer Madame ! Au plaisir de nous revoir 🙂

La fin d’après-midi qui parle de toi… et de Jupiter !
Alors que Cindy s’envole avec des étoiles plein les yeux, d’autres lectrices arrivent. D’autres lectrices qui pourraient suivre les pas de Cindy vu qu’elles aussi craquent sur Le livre qui parle de toi, qui part encore entre les mains de Marie-Christine, Victoria et Régine.
Puis vient l’heure de la fin de la dédicace. Tout doucement je remballe mes livres. Les invendus de L’inaccessible étoile et du Livre qui parle de toi regagnent déjà leurs cartons, La directive Jupiter s’apprête à en faire de même quand au dernier moment, un homme m’interrompt. Mais ce livre, il m’intéresse qu’il me dit ! Sur le fil, je ressors donc mon carnet et mon stylo pour vendre in extremis à Arsène un ultime exemplaire de La directive Jupiter ! Wow, il était moins une !
Le temps du bilan
Alors qu’Arsène part avec cet ultime Directive Jupiter sous le bras, revient Julien avec qui nous dressons le bilan. Si les derniers chiffres confirmés par la machine ne sont pas encore tombés, globalement, il semblait très satisfait, et m’invite bien sûr à redonner de mes nouvelles quand le second tome de La directive Jupiter sera dispo, vu que lui et toute l’équipe ont semblé contents de mon passage.
En faisant l’hypothèse que toutes les ventes de l’après-midi soient effectivement passées en caisse, nous avons donc Christian qui suivra Karine et Vincent sur la route de Sedona dans C’est arrivé en avril, Bernard, Mireille, Tiffany et Valérie qui se feront la belle dans les pages de La fille de demain, Martine, Colette, Charlotte et Cindy qui s’approcheront de ces joyaux qui brillent dans le ciel en compagnie de Rainbow dans L’inaccessible étoile, Mathilde, Christophe, Virginie, Annelise, Lucile, Christian et Arsène qui se lanceront dans une course contre la montre infernale dans La directive Jupiter et enfin Véronique, Lydie, Nadine, Cindy, Laura, Sandrine, Marie, Marie-Christine, Victoria et Régine qui, telle Aurélie, iront à la recherche de leur propre trésor dans les pages du Livre qui parle de toi qui termine sur la plus haute place du podium grâce à son orientation féminine qui aura une fois de plus séduit le beau sexe.
En chiffres, cela nous donne 1 C’est arrivé en avril, 4 La fille de demain, 4 L’inaccessible étoile, 7 La directive Jupiter et 10 Le livre qui parle de toi, soit un total de 26 livres a priori vendus (qui serait monté à 29 si tout le monde était passé par la caisse). Comme Beaucoup d’auteurs se demandent combien de livres on peut vendre lors d’une séance de dédicace, voici une réponse remontant du terrain 🙂
Avec cette séance de dédicace au Leclerc de Hirsingue, mon total atteint désormais 125 livres vendus en dédicace depuis le début de mon « Jupitour ».

Et du côté de l’étude de marché ?
Comme je vous l’ai annoncé la dernière fois, j’ai entamé une étude de marché de mon public, cochant une case à chaque fois que je ne pouvais livrer un genre littéraire précis, faute d’en avoir écrit. Verdict : une fois de plus, c’est le polar qui manque le plus à mon offre, vu qu’il m’a été demandé 13 fois. Suivent la romance (6 occurrences), le thriller standard (1 demande), l’historique (1 demande), la biographie (1 demande) et la fantasy (1 demande aussi). Bref, faut vraiment que je mette mon polar à l’étude…
Bref les points à retenir son :
- Le polar reste le genre le plus demandé.
- les ventes repartent souvent en fin d’après-midi.
- un espace culturel en fond de magasin demande du pitch actif (mais çà, je crois que je le savais déjà).
À bientôt donc !
Un immense merci donc à Mathilde et Julien, les responsables de l’espace culturel du Leclerc d’Hirsingue, pour leur merveilleux accueil et les discussions très intéressantes que j’ai pu avoir avec eux. Merci pour tout et merci aussi pour votre invitation à revenir dédicacer dans vos locaux, ce sera avec plaisir !
Mais avant ça, d’autres dates m’attendent, d’autres dates où on pourrait se rencontrer… et si vous apparaissiez dans le compte rendu de la semaine prochaine ?
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